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  • Dame Voltaire à Anvers

     

     

    Les polars de Hubert van Lier


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    Hubert van Lier, Anvers Place Verte, 2009

     


    Après une vie professionnelle bien remplie, après avoir aussi créé avec Geo Geerts l’Academie voor Schrijfkunst et dirigé la revue culturelle Deus ex-Machina ou encore l’Association des Auteurs de polars flamandsHubert van Lier se consacre à l’écriture. Ses livres sont publiés aux éditions Kramat et Artus.

    Montrant une sensibilité pour les questions écologiques, l’auteur, né dans un quartier d’Anvers en 1938 et resté fidèle à sa ville, met en scène dans ses romans une juge d’instruction surnommée Voltaire. Petra Van Geninde, ainsi qu’elle s’appelle en réalité, forme un tandem anversois avec son compagnon, le commissaire Marnix Van Velthoven, et ce de- puis Voltaire en de zaak Chemalo (Voltaire et l'affaire Chemalo, 2000). Tous deux nous entraînent dans les arcanes de lobbies qui manœuvrent au sein de l’Union européenne (Voltaire en de Europese Unie, 2001), à la poursuite de trafiquants de médicaments qui soudoient un membre d’une société pharmaceutique (Voltaire en de Chinese Connectie, 2006) ou encore dans l’univers du trafic d’alcool : Voltaire en de Vodkawraak (Voltaire et la Vengeance de la Vodka, 2004).

    CouvVodka.jpgAnvers – en particulier son port mais aussi certains lieux chargés d’histoire –, forme le décor des aventures du duo auquel vient se joindre l’inspecteur non- chalant Jan Wieme. Une belle place est accordée à différentes mafias (russe, chinoise, ukrai- nienne) qui étirent leurs tentacules dans la cité portuaire. Parallèle- ment, Hubert van Lier attribue un rôle im- portant à des Anversois « moyens ». Ainsi, dans Volaire en de Vodkawraak, une jeune Flamande se trouve contrainte de travailler pour des mafieux russes : elle paie pour le passé de son père retraité, un passé sur lequel ce dernier se montre plutôt discret. Dans son dernier polar, Antwerpen Groenplaats (Anvers Place Verte, 2009), c’est un enseignant plutôt terne qui se trouve mêlé par hasard aux agissements de criminels. Il va tenter de se sortir du pétrin sans faire appel à la police si bien qu’on ne retrouve la magistrate Petra et le commissaire Marnix qu’à la fin de l’histoire. Le dénouement se déroule tout près de la cathédrale, sur la célèbre Place Verte, un ancien cimetière. Le romancier parvient à tenir sur toute la longueur du livre la même intensité alors qu’il se satisfait d’une seule trame et n’intègre pour ainsi dire aucun flash-back.

    Bien souvent, dans ses livres, Hubert van Lier laisse le rôle de personnage principal à l’intrigue elle-même. Les dialogues bien menés et recélant une certaine dose d’humour, revêtent une grande importance de même que le changement permanant de perspective narrative. Du polar en apparence plutôt classique, mais efficace.

    Hubert van Lier a également écrit une pièce policière en trois actes : Het beloofde land (La Terre promise, 2009).


    Écoutons-le évoquer brièvement ses romans, sa ville et le polar flamand

     

     

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    Voltaire et la maffia chinoise


     

  • La Paix de Nimègue

    Le poète Jaap Robben

     

     

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    Henri Gascard, La signature du traité de paix de Nimègue entre la France et l’Espagne, Musée Valkhof


     

    Né en 1984 aux Pays-Bas, Jaap Robben est auteur et metteur en scène.  Il a publié à ce jour les recueils Twee Vliegen (Deux mouches, 2004), De nacht krekelt (La Nuit grillonne, 2007) et Zullen we een bos beginnen? (Et si on commençait une forêt ?, 2008), trois livres illustrés réunissant des textes pour enfants. Son éditeur, De Geus, publiera cette année un roman jeunesse rehaussé d’illustrations de Benjamin Leroy, le dessinateur flamand qui a signé celles de Zullen we een bos beginnen?.

    Le 29 avril 2010, le musée Valkhof de Nijmegen, ville dont Robben est actuellement le « poète officiel », a ouvert une salle baptisée « salle de la Paix de Nimègue ». Lors de l’inauguration, Jaap Robben a lu un poème écrit pour l’occasion. Il en a présenté les traductions espagnole et française.




    Comment nous sommes devenus voisins

     


    Où nous nous trouvons, ça s’appelait

    ici

    et le lointain

    là-bas.


    Jusqu’à ce qu’une ligne sépare soudain

    notre herbe de celle des autres.


    Un trait bien plus fin que rien

    fit que dès lors nous fûmes pareils

    et tout le monde au-delà

    en réalité tout autre.



    ***

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    Mais c’est pour les enfants (et les plus grands) que Jaap Robben prend le plus de plaisir à écrire. Ci-dessous un poème du recueil Zullen we een bos beginnen ?

     

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    Toute l’eau vient-elle de nos chagrins ?



    Peut-on reconnaître mes larmes

    dans le bleu du globe terrestre ?


    Se rencontrent-elles

    dans la vapeur du thé ?

    dans la forte averse

    qui tient ma fenêtre éveillée ?


    Peut-être deux d’entre elles

    se retrouvent-elles

    dans un glaçon suspendu à un pont

    à moins que ce ne soit

    jamais ailleurs

    que sur une joue.

     

    (traductions : Daniel Cunin)