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« Francis Jammes » de Paul van Ostaijen


 

« Jammes est riche comme est riche un coquelicot »

 P.v.O.



En 1918, l’Anversois Paul van Ostaijen (1896-1928) retient dans son recueil Het sienjaal (Le Signal) un poème intitulé « Francis Jammes ». Maurice Carême en a donné une traduction dans son anthologie Les Étoiles de la poésie de Flandre. Guido Gezelle, Karel van de Woestijne, Jan van Nijlen, Paul van Ostaijen (Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1973, p. 183). On remarque que le Wallon a recherché la rime, absente de l’original. Ce qui l’amène à renoncer à certains mots (gelukkig = heureux, vers 1 ; nieuwe = nouveau, vers 5…), mais aussi à garder deux fois le « tu » du premier vers (le gij flamand) là où Van Ostaijen parle de Jammes à la troisième personne.

Dans la bibliothèque du poète avant-gardiste mort de tuberculose, on a retrouvé deux recueils du Béarnais : De l’Angélus de l’aube à l’Angelus du soir (sixième édition, Mercure de France, Paris, 1911) et Feuilles dans le vent (Mercure de France, Paris, 1913).


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FRANCIS JAMMES

 

 

Zo goed zijt gij als Jozef, gelukkig om het voedstervaderschap;

toen schiepen de eenvoudigste liederen stemmen hen te zingen.

  

D’Assisen ging tot de vogelen, d’eenvoudigste wijze van geloof.

Dauw van de helderste morgen was hun beider kinderlijke woord.

 

Jammes heeft een dorp gemaakt met nieuwe burgers:

de steen, de ezel en de hond van den kantonnier. Dit is het dorp van Francis Jammes.

 

In zijn lichte woning is hij een huis met veel meer licht;

de helderheid van de beek en de diepte van de leeuwerikwijs.

 

De avond is de eenvoud van een gelukkige glimworm,

de avond van Francis Jammes; gemme, warm juweel van God.

 

 

  

 

FRANCIS JAMMES

 

 

Tu es aussi bon que l’était Joseph, le nourricier ;

lors, les plus simples chants créaient des voix pour les chanter.

 

Saint François allait aux oiseaux, simple façon de croire.

La rosée du matin était pour eux mot ingénu à boire.

 

Jammes, tu fis un village avec d’étranges habitants –

la pierre, l’âne, le chien du cantonnier – un village étonnant.

 

Dans ta maison, tu es comme une maison de lumière,

tu es la ferveur de l’alouette, le ciel de la rivière.

 

Le soir a la simplicité d’un ver luisant heureux,

le soir de Francis Jammes, pierre précieuse de Dieu.

 

trad. Maurice Carême



 

Francis Jammes, Paul van Ostaijen, poésie, Flandre, traduction, Maurice Carême

F. Jammes, Mémoires, préf. Monique Parent, Orthez, Gascogne, 2003


 


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