Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Poème à l’Ambassade

Pin it!

 

 

 

« réunion de la journée »

de Lieke Marsman

 

lieke marsman,adriaan van dis,ambassade des pays-bas,simeon ten holt,poésie,traduction,musique,mondriaan string quartet,gerard bouwhuis,lotte bovi

 

À l’occasion du Jour du Roi, fête nationale des Pays-Bas célébrée le 27 avril, jour de l’anniversaire de Willem Alexander, la « Poète nationale », Lieke Marsman, a composé un poème à la demande de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Paris. L’écrivain Adriaan van Dis en a lu la traduction française. Le passage musical est un très court extrait du Canto ostinato (1973-1976), œuvre culte en Hollande que l’on doit à Simeon ten Holt (1923-2012), revisitée par Kees Wieringa (avec voix).

 


 

Canto ostinato, Kees Wieringa & Gerard Bouwhuis (piano),

Mondriaan String Quartet

Lotte Bovi (chant)

 

 

 

Lieke Marsman

 

vergadering van de dag 

 

 

over 200 jaar zal een archivaris
de balans opmaken van een dwalende tijd

al wat geweest is, is in steen gebeiteld

óók en vooral het op schrift gestelde

 

in het park is het een komen

en gaan van hondjes, leest hij
op de stoffige tabletten en gebarsten tablets

passanten zwerven in bakerdoeken

van tussenruimte tot ze rustig genoeg zijn
voor een laatste vergadering van de dag 

 

kleine cécile van de buren is met wierook in de weer

op straat hangen exotische zwemen

geuren kleven wie bruut werd afgesneden

weer vast aan het geheel van de mensheid

als bij een knutselwerkje dat een armpje verloor

 

iemand heeft er iets onder geschreven:
we mogen nooit de kans op een wonder vergeten

 

het wonder is eindelijk ontwaken

uit een droom die je maandenlang vasthield
ontwaken en weten: het wonder
is altijd de kans op een wonder

 


 

 

réunion de la journée

 

 

dans deux cents ans, un archiviste

dressera le bilan d’une époque en errance

tout ce qui a été est ciselé dans la pierre

y compris et surtout le consigné par écrit

 

dans le parc on assiste à un va-

et-vient de petits chiens, lit-il

sur les tablettes, tant les poussiéreuses que les fissurées

par intervalle vadrouillent des passants vêtus

d’un nid d’ange jusqu’à recouvrer le calme propice

à une dernière réunion de la journée

 

petite cécile des voisins brandit et brandille l’encens

dans la rue flottent des traînées exotiques

ceux brutalement coupés, des parfums les recollent

à l’ensemble de l’humanité comme dans le cas

d’une figurine d’argile au bras cassé

 

au bas, quelqu’un a écrit ces mots :

n’oublions jamais la possibilité d’un miracle

 

le miracle s’est enfin réveillé

d’un rêve qui vous a tenu des mois durant

réveillé en sachant : à chaque fois

le miracle est possibilité d’un miracle

 

 

traduit du néerlandais par Daniel Cunin

 

 


 

 

Les commentaires sont fermés.