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l'arbre à paroles

  • La découverte de la poésie

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    Quand poètes francophones et néerlandophones se croisent

     

    Couv-Bogaert-2019.jpg

     

    La découverte de la poésie / De ontdekking van de poëzie, tel est le titre d’un petit recueil publié par Les Midis de la poésie & L’Arbre à paroles à l’occasion du dernier festival PassaPorta (Bruxelles, 28-31 mars).

    Huit poètes se sont ainsi croisés sur la scène du Beursschouwburg en dévoilant, au fil de vers nouveaux et anciens, du sonnet au slam, la métamorphose qu’ils ont vécu le jour où ils sont entrés en poésie : Karel Logist, Charlotte Van den Broeck, Zaïneb Hamdi, Anna Borodikhina, Paul Bogaert, Antoine Boute, Arno Van Vlierberghe et Lisette Lombé.

    Regroupés dans les pages de cette jolie plaquette, ils étaient invités à répondre aux questions suivantes : Quand un(e) poète devient-il/elle poète ? Quels textes, quelles expériences font en sorte que la poésie touche une personne au point qu’elle s’empare à son tour de la plume ? En d’autres termes, comment passe-t-on du statut de lecteur à celui de poète ?

     

    vidéo du premier volet de l'événement

    vidéo du second volet de l'événement

     

     

    broeck-noctambulations.jpgDans Le Carnet et les Instants, Véronique Bergen écrit : « Antoine Boute, Zaïneb Hamdi, Karel Logist, Lisette Lombé côté francophone, Paul Bogaert, Anna Borodikhina, Charlotte Van den Broeck, Arno Van Vlierberghe côté néerlandophone, déplient les parfums des premières fois, les saisissements auroraux. Avec la poésie, on ne peut que sceller un pacte. Chez certains, comme chez Antoine Boute, la poésie s’est installée d’elle-même, a élu son messager, plantant son hameçon de rimes et de rythmes dans la nuque de l’enfant. […] La poésie comme diction de ce qui ne se dit pas chez Paul Bogaert, comme ‘‘vent debout’’ faisant barrage à la perte, comme contre-feu à un monde ‘‘inguérissable’’ chez Anna Borodikhina, comme écoute des voix de Sylvia Plath, de Gertrude Stein, d’Anne Sexton, comme ‘‘poétiser à coups de marteau’’ dans le sillage du Marteau sans maître de Paul Celan chez Charlotte Van den Broeck ou encore comme vertige de la survie, cri du nom, arpentage du désastre avec Arno Van Vlierberghe…»

    Un échantillon dans la compagnie de Charlotte Van den Broeck (« De hamer », traduction de Kim Andringa qui a également signé celle du recueil Noctambulations, L'Arbre de Diane, 2019) & Paul Bogaert (« Hoe wij elkaar », traduction de Daniel Cunin à qui l'on doit aussi celle du recueil Le Slalom soft, Tétras Lyre) :

     

    20190622_174014.jpg

     

      

    COMMENT NOUS NOUS SOMMES

      

    Cette entrée en la matière ! douce et fatale.

    Cela derrière un rideau.

    Ce changement de perspective ! Ce baume, cette joie anticipée

    dans l’oreille ! Ce chœur de ne fais pas ça !

    Cela qu’on ne dit pas.

     

    Hors champs

    sur le rail glisse de quoi

    vers comment ce qui m’excite.

    Jusqu’à ce que ma main l’ait touché.

    Tout comme le soleil hivernal la salle de classe.

    Je vole sa lumière, la découpe et fixe cela

    en un collage de volupté.

     

    Cette question, ce filtre, toute cette scène !

    Je ne sais pas. Je ne sais pas !

    Jusqu’à ce que je voie aussi ces chardons,

    la place prévue pour les jambes d’autrui

     

    et

    dans le crépuscule

    sur des tapis au poids de coffres-forts

    (oh un pschitt de freesia sur de la vieille urine,

    ah ! ce rien de Monstres Sacrés)

    essaie de tenir en équilibre sur mes mains.

     

    Paul Bogaert

     

     

    entretien avec Paul Bogaert