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Les porteurs

 

Un poème de Peter Holvoet-Hanssen

 

 

Le recueil poeti d’Europa, publié cet été par l’Istituto Italiano di Cultura de Paris, offre à lire deux auteurs d’expression néerlandaise : Nachoem Wijnberg  (le poème Emprunter aux Grecs, traduction française de Kim Andringa) et Les porteurs du Flamand Peter Holvoet-Hanssen. Ce dernier va donner à l’automne un nouveau roman : Zoutkrabber Expedities et publier (en collaboration) Miavoye, un livre en hommage à Paul van Ostaijen. C’est d’ailleurs à ce poète, mort de tuberculose à 32 ans, que sont dédiés les vers qui suivent.

 

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De dragers

  

de kist wiegt en de wolken schouderen het licht

dat in de velden graast, een loden hemelboog

‘wie sterft vervloeit als verf,’ klinkt nuchter aan Gods Toog

‘een vader die een voorhoofd kust, mijn vergezicht’

 

de Grote Nar die voor de zwarte toetsen zwicht

in ʼt Land van Music-Hall, klimop spiraalt omhoog

en op het kruis een kraai, blikt met een mensenoog

een moeder vindt haar kind: gedichten schreef het wicht

 

laat schouwen roken, doof geen vuur in stervensnood

drie duiven op het puntdak horen feestgeruis

‘een woordenschilder tekent met een flinke poot’

 

diep in het bos het bronwellen en windgesuis

de oude beuk moet wachten op het bladerrood

en niemand niemand zingt ‘we gaan nog niet naar huis’

 

Peter Holvoet-Hanssen, 5 juin 2014

 

 

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P. Holvoet-Hanssen sur la tombe de Paul van Ostaijen

(photo : Koen Broucke)

 

 

Les porteurs

 

le cercueil bercé et sur l’épaule de ces nuages

la lumière qui pâture les prés, une voûte gris plomb

« quiconque meurt se dilue comme peinture », entend-on

au Zinc de Dieu, « un père qui embrasse un front, mon horizon »

 

le Grand Bouffon qui cède devant les touches noires

au Pays du Music-Hall, du lierre s’élève en hélice

et sur ​​la croix un corbeau ouvre un œil d’homme

une mère trouve son enfant : le moutard écrit des poèmes

 

faites fumer les foyers, n’étouffez aucun feu à l’agonie

trois pigeons sur le toit entendent des flonflons de bastringue

« un peintre de plume dessine d’une main bien trempée »

 

au fond du bois jaillissement de source susurrement de vent

il faut au vieux hêtre attendre la rouge frondaison

et personne ne chante personne « ne sait quand reviendra »

 

 

traduit du néerlandais par Daniel Cunin

 

 

Présentation du recueil, avec, entres autres, Philippe Beck & William Cliff... 

 

… et, toujours à Paris, Peter Holvoet-Hanssen en compagnie de Laurence Vielle, Vincent Tholomé & Michel Bertier

 

 

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