Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

europe

  • Louis Couperus par Paul Colin

     

     

    Notice nécrologique

     

     

    Couperus-Parelduiker-2013.png

    numéro de la revue De Parelduiker consacré à L. Couperus, 2013, n° 4

     

     

    PaulColin-Photo.pngHomonyme du grand affichiste (1892-1985), mais aussi du prix Goncourt 1950, le galeriste et critique d’art bruxellois Paul Colin (1895-1943) – fondateur de l’hebdomadaire Cassandre ou encore du Nouveau Journal – a œuvré au sein de la revue Europe et publié aux éditions Rieder un Vincent van Gogh (1925) ainsi qu’un Jongkind (1931). On lui doit par ailleurs une édition de la Correspondance de Rubens (Crès, 1927), un Bruegel le Vieux (Floury, 1936), un James Ensor en langue allemande (1921), un Eugène Laermans (1929), un Opsomer (Crès, 1931), une étude sur La Peinture belge depuis 1830 (1930)... Épris de culture allemande, Paul Colin n’eut guère de scrupules à rejoindre les rangs de la collaboration, signant de la sorte son arrêt de mort. On lira à son sujet la notice de Roger Avermaete dans la Biographie nationale de Belgique (t. 35, 1969-1970, p. 140-145) et l’ouvrage de Jean-Léo, La Collaboration au quotidien. Paul Colin et Le Nouveau Journal. 1940-1944 (Bruxelles, Racine, 2002). En 1923, Paul Colin publiait un court texte en hommage au romancier néerlandais Louis Coupe- rus (1863-1923) qui venait de s’éteindre (« Notes et Compte-rendus », Europe, 15 sept. 1923, p. 504-505). Malgré quelques approximations et des allégations peu fondées (« le meilleur représentant, aux Pays-Bas, de l’esprit académique »), le critique caractérise avec une certaine pertinence la personnalité littéraire du Haguenois dont on a célébré il y a peu le cent cinquantième anniversaire de la naissance. (D.C.)

     

     

     Le « La Haye » de Louis Couperus

     

     

    LOUIS COUPÉRUS

     

    La Hollande, éprouvée il y a deux mois par la mort de son plus grand peintre (1), l’est de nouveau par celle d’un de ses plus grands écrivains : Louis Coupérus, de qui le soixantième anniversaire avait donné lieu, en mai dernier, à de grandes manifestations de sympathie, – ses admirateurs avaient été jusqu’à lui offrir une maison – a été brusquement emporté à la fin du mois de juillet.

    Couperus-IndischeLetteren.pngOn a quelque peine à se représenter que les débuts de ce sain réaliste furent tumultueux. Pour le comprendre, il faut songer à la stagnation, – ou plus exactement, à l’anémie, à l’appauvrissement — de la littérature hollandaise vers 1885. Le roman se débattait dans un tel abîme de conventions que le simple spectacle de la vie avait une signification révolutionnaire. Louis Coupérus, en publiant Eline Vere (2), un des tout premiers romans familiaux (ils se sont multipliés depuis) fit œuvre de novateur sinon de précurseur.

    Quand on parle du réalisme de Coupérus, on doit ajouter aussitôt qu’une grande distance le sépara toujours du naturalisme, dont le rapide triomphe en France et à l’étranger constituait un danger. Âme composite, où les traditions du Nord se heurtaient à une éducation latine et aux hantises de l’Orient qu’il avait parcouru et habité, Louis Coupérus, loin de se ranger parmi les naturalistes, se sentit à l’étroit dans la société contemporaine, et trouva, dans le roman historique et exotique, un meilleur terrain pour sa fantaisie et les caprices de son imagination.

    Genre ingrat, mais qu’il allait illustrer avec éclat et proposer à l’attention de toute une équipe de jeunes hommes qui le suivaient de près. Grâce à Coupérus, l’esthétique du roman historique fut renouvelée : à l’exactitude du détail, à la beauté du coloris, à l’éclat des descriptions, aux efforts d’évocation qui sont ses assises mêmes, il mêla le lyrisme, l’émotion, la tendresse et il sut élargir ses récits d’aventures et de drames par la découverte et la notation des remous éternels qui agitent et soulèvent le cœur innombrable de l’homme. Aussi serait-il intéressant de faire l’inventaire de ses influences, – de voir, par exemple, si l’admirable Querido de l’Épopée Assyrienne, lui-même, ne lui doit rien.

    Couperus-BasHeijne.pngLe catalogue de Louis Coupérus est considérable et s’étend à toutes les rubriques : recueils de poèmes, romans historiques, psychologiques et satiriques, livres de nouvelles et de contes, – qui vont de la simple narration au symbole et à la philosophie, – carnets et récits de voyages, – dans le bassin de la Méditerranée, aux Indes et en Extrême-Orient. Il est impossible, – et il serait, d’ailleurs, fastidieux – de dresser ici la liste complète de ses œuvres. Je me bornerai à citer De verliefde Ezel (L’Âne amoureux), Xerxès, Antiek tourisme, Komedianten, et son dernier roman historique, Het zwevende Schaakbord (L’Échiquier flottant) (3), qui s’inspire d’un vieux roman hollandais du XIVe siècle et n’est pas son chef-d’œuvre.

    Grand écrivain dans le sens technique du mot, styliste parfait, harmonieux, d’une élégance et d’un charme presque méridionaux et qui contrastent souvent avec la langue germanique qu’il emploie, d’une intelligence très brillante mais assez rebelle aux subtilités trop minutieuses, Louis Coupérus jouissait dans son pays, en Allemagne, en Scandinavie, d’une immense réputation (4). Car lentement, et par le jeu d’une évolution logique, l’ancien révolutionnaire de 1890 était devenu un des piliers de l’École littéraire hollandaise, – et même le meilleur représentant, aux Pays-Bas, de l’esprit académique.

     Paul Colin

     

    Louis Couperus, Paul Colin, Europe, G. H. Breitner,

    La correspondance de Louis Couperus, éd. H.T.M. van Vliet, Athenaeum/Polak & Van Gennep, 2013

     

     

    G. H. Breitner, Autoportrait, vers 1882 

    Breitner-Autoportrait-Vers1882.png(1) Il s’agit de George Hendrik Breitner (1857-1923) que le critique belge plaçait en effet, et non sans raison, au même rang que les plus renommés : « Jongkind et Van Gogh […] sont les seuls génies que vit naître, depuis cent ans, la vieille patrie de Rembrandt et de Vermeer, – avec ce George-Hendrik Breit- ner auquel l’avenir finira bien par accorder la place qui lui est due à leurs côtés dans l’admiration des hommes. » (Jongkind, Paris, Rieder, 1931, p. 5).

    (2) Le premier roman de Louis Couperus (1863-1923) a paru en mars 1889 après avoir fait l’objet, l’année précédente, d’une publication en 119 livraisons dans le journal Het Vaderland. Cette période vit un renouveau des lettres néerlandaises grâce au Mouvement des Tachtigers auquel le Haguenois ne se rallia toutefois pas. Dans les décennies précédentes, quelques écrivains avaient tout de même composé des œuvres de très belle facture : Multatuli, bien entendu, mais aussi Conrad Busken Huet (critique d’envergure européenne, auteur en 1868 d’un roman naturaliste avant la lettre et, à la fin de sa vie, d’une magistrale fresque du Siècle d’or : Le Pays de Rembrandt : voir ici, note 3) et Mme Bosboom-Toussaint dont le roman Majoor Frans a été traduit en français.

    Louis Couperus, Paul Colin, Europe, G. H. Breitner, (3) Publié en volume en mars 1923, Het zwevende Schaakbord avait connu une première édition sous forme de feuilletons en 1917-1918. Les romans historiques Xerxes of de hoogmoed et Iskander lui sont en réalité postérieurs.

    (4) Il convient d’ajouter que les nombreuses traductions en langue anglaise – en particulier celles d’Alexander Teixeira de Mattos – lui avaient également assuré une reconnaissance certaine dans le monde anglo-saxon (voir par exemple ci-dessous l’entrefilet publié dans The Chicago Sentinel du 11 février 1921). 

    Couperus-Chicago.png

     

     

    Niet te stillen onrustdocumentaire sur Louis Couperus (2013)

    louis couperus,paul colin,europe,g. h. breitner,critique d'art

     

     

    De nombreuses publications ont marqué le cent cinquantième anniversaire de la naissance de l’écrivain, parmi elles celles correspondant aux couvertures reproduites ci-dessus non légendées :

    Numéro 2014 de la revue Indische Letteren consacré à l’univers indonésien de Louis Couperus.

    Bas Heijne, Angst en schoonheid. Louis Couperus, mystiek der zichtbare dingen [Angoisse et beauté. Louis Couperus, mystique des choses visibles], Amsterdam, De Bezige Bij, 2013.

    José Buschman, Couperus Culinair. De lievelingsgerechten van Louis Couperus [Couperus Culinaire. Les mets préférés de Louis Couperus à partir d’extraits de son œuvre], Amsterdam, Bas Lubberhuizen, 2013.

     

     

    louis couperus,paul colin,europe,g. h. breitner,critique d'art

    L’intérêt des bibliophiles pour l’œuvre de Louis Couperus ne décroît pas ainsi qu’en témoigne une nouvelle publication : Evert Paul Veltkamp, Luxe, bijzondere en bibliofiele uitgaven van Louis Couperus. 140 uitgaven en hun varianten, 2014, 40 p. (en vente ici).

     

     

  • Prix du Livre Européen pour Luuk van Middelaar

     

     

    Le Prix du Livre européen 2012 vient d’être attribué, dans la catégorie « Essai », au Passage à l’Europe du Néerlandais Luuk van Middelaar. Après les différentes phases de sélection, deux autres titres restaient en course : La Constitution de l’Europe de Jürgen Habermas (Allemagne) et Par la haute mer ouverte d’Eugenio Scalfari (Italie). Les trois ouvrages ont été publiés en traduction française dans différentes collections des éditions Gallimard. Quant au roman couronné, il s'agit du Jour où la Vierge a marché sur la Lune de Rolf Bauerdick (traduit de l'allemand par Odile Demange, Le Nil).

    Le Passage à l’Europe a également remporté en France le prix Louis Marin 2012, décerné par l’Académie des Sciences morales et politiques pour récompenser une œuvre de sciences humaines.

     

    CouvLuuk2012.png

    Gallimard, « Bibliothèque des Idées », 475 p., janvier 2012

    traduction Daniel Cunin & Olivier Vanwersch-Cot

     

     

    « Le Passage à l’Europe raconte comment un ensemble d’États européens s’efforce de devenir l’expression politique du continent, comment ce corps politique en évolution est né, comment il change de forme, remplit un certain espace, se cherche une voix et souffre d’un manque d’oxygène public. J’emploie le mot ‘‘passage’’ pour trois raisons. Pour évoquer un mouvement dans le temps et dans une certaine direction, pour éviter les inconvénients des termes habituels (‘‘intégration’’, ‘‘construction’’), et enfin pour souligner une analogie entre les métamorphoses de ce corps politique et les ‘‘rites de passage’’. Ces rites, ces pratiques cérémonielles qui assurent une continuité symbolique dans les moments de rupture d’une vie individuelle (naissance, baptême, mariage, couronnement…), Arnold Van Gennep les a analysés il y a un siècle en aiguisant notre regard à propos des formes intermédiaires à même de lier un stade à un autre. D’où le rôle de premier plan que jouent dans notre Passage les entre-deux que sont le seuil, la porte ou le pont, symboles figurant d’ailleurs sur les billets en euros ; d’où l’importance — qui se révèle capitale — qu’il y a à distinguer entre un pas et un saut ; d’où l’attention qu’il convient de porter aux noms et au fait de rebaptiser instances et institutions.

    « Histoire d’un commencement : ce livre l’est parce qu’il scrute une genèse lente, poussée par les événements, sans chercher à fournir le dernier mot. L’Europe ne se réduit pas à quelques kilomètres carrés de bâtiments à Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg. L’Europe est à un passage. Et nous avec elle. » (Avant-propos, extrait)

     

    QUATRIÈME DE COUVERTURE


    CouvLuukvanMiddelaar.jpg
    Ce livre raconte un événement lent et majeur : la genèse d’un ordre politique européen. 

    Il évite le jargon et les poncifs des manuels ; ceux-ci cachent bien plus les enjeux du pouvoir qu’ils ne les éclairent. Il ne spécule pas une quelconque finalité. Il n’est pas « pour » ou « contre » l’Europe – peut-on l’être d’ailleurs ?

    Le Passage à l’Europe distingue trois sphères européennes. La sphère externe, celle du continent et de l’ancien « concert des nations » ; la sphère interne des institutions et du Traité, source de grandes attentes ; enfin, imprévue et non perçue, une sphère intermédiaire, celle où les États membres, rassemblés autour d’une même table, se découvrent peu à peu coresponsables d’une entreprise commune, parfois malgré eux. Cette sphère intermédiaire, dont le Conseil européen des chefs d’État ou de gouvernement est devenu l’expression institutionnelle, est le théâtre des tensions entre l’un et le multiple. Tensions qui font la force et la faiblesse de l’Union comme en témoigne la crise de l’euro. 

    Livre d’histoire, en ce qu’il prend au sérieux l’expérience des hommes politiques qui ont façonné l’Europe depuis soixante ans : l’importance des mots, la soif des applaudissements, l’implacable pression des événements.

    Livre de philosophie, en ce qu’il veut savoir ce qu’est la politique avant de trancher sur l’existence d’un corps politique européen : qu’en est-il, en Europe, de la capacité à prendre des décisions contraignantes, à agir dans le flux du temps, à établir un lien avec les gens ?

    L’un et l’autre, en ce que l’auteur considère que la vérité de la politique ne se comprend que dans le temps.

     

    couvpoliticide.pngNé en 1973, Luuk van Middelaar, philosophe et historien, ancien chroniqueur au quotidien NRC Handels- blad, est lauteur de Politicide. La Mise à mort du politique dans la philosophie fran- çaise (1999). Après avoir travaillé tant à Bruxelles, au sein du cabinet d’un commissaire européen, qu’au Parlement néerlandais, il est depuis 2010 la plume du premier Président du Conseil européen, Herman Van RompuyLe Passage à l’Europe a remporté le prix Socrate 2010 récompensant le meilleur livre de philosophie écrit en néerlandais.

     

     

  • Le Passage à l’Europe


    Histoire d’un commencement 

     

    CouvLuukvanMiddelaar.jpg

    Gallimard, « Bibliothèque des Idées », 475 p., janvier 2012

    traduction Daniel Cunin & Olivier Vanwersch-Cot

     


    « Le Passage à l’Europe raconte comment un ensemble d’États européens s’efforce de devenir l’expression politique du continent, comment ce corps politique en évolution est né, comment il change de forme, remplit un certain espace, se cherche une voix et souffre d’un manque d’oxygène public. J’emploie le mot ‘‘passage’’ pour trois raisons. Pour évoquer un mouvement dans le temps et dans une certaine direction, pour éviter les inconvénients des termes habituels (‘‘intégration’’, ‘‘construction’’), et enfin pour souligner une analogie entre les métamorphoses de ce corps politique et les ‘‘rites de passage’’. Ces rites, ces pratiques cérémonielles qui assurent une continuité symbolique dans les moments de rupture d’une vie individuelle (naissance, baptême, mariage, couronnement…), Arnold Van Gennep les a analysés il y a un siècle en aiguisant notre regard à propos des formes intermédiaires à même de lier un stade à un autre. D’où le rôle de premier plan que jouent dans notre Passage les entre-deux que sont le seuil, la porte ou le pont, symboles figurant d’ailleurs sur les billets en euros ; d’où l’importance — qui se révèle capitale — qu’il y a à distinguer entre un pas et un saut ; d’où l’attention qu’il convient de porter aux noms et au fait de rebaptiser instances et institutions.

    « Histoire d’un commencement : ce livre l’est parce qu’il scrute une genèse lente, poussée par les événements, sans chercher à fournir le dernier mot. L’Europe ne se réduit pas à quelques kilomètres carrés de bâtiments à Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg. L’Europe est à un passage. Et nous avec elle. » (Avant-propos, extrait)

     

     

    couvpassageNL.pngLe Passage à l’Europe présente une version revue et actualisée du Passage naar Europa (Historische Uitgeverij, 2009), dont la parution avait été saluée par l’historien français Christophe de Voogd : « C’est prendre un risque très calculé que d’annoncer, avec la récente parution à Amsterdam du Passage à l’Europe, histoire d’un commencement, du jeune philosophe et historien Luuk van Middelaar, l’arrivée d’un livre, directement tiré d’une thèse de doctorat, qui fera date dans l’abondante littérature sur la construction européenne. Car pour tout ceux, qu’ils soient europhiles ou eurosceptiques, qui déplorent l’abstraction et/ou la partialité d’ouvrages parfois décevants sur cet irritant ‘‘objet politique non identifié’’, voici l’antidote si longtemps attendu.

    « Par sa dimension résolument interdisciplinaire et internationale d’abord : Luuk van Middelaar manie, avec érudition et virtuosité, références juridiques et philosophiques, invoque politologues et historiens, de toute époque et de toute nationalité. []

    « Par l’ampleur des sujets traités ensuite : rien moins que les 60 années de construction communautaire : non seulement les grandes étapes mais aussi le secret des négociations de la CECA à celles du traité de Lisbonne, les péripéties autour des symboles européens (drapeau, hymne et monnaie) mais encore l’histoire de l’eurobaromètre… : le tout replacé dans le cadre de la politique internationale, de la guerre froide au 11 septembre et articulé, de manière très novatrice, avec la longue durée de l’idée européenne.

    « C’est en effet par son approche d’ensemble du phénomène européen que l’auteur affirme sa plus grande originalité : au lieu de sombrer comme tant d’autres dans une nouvelle discussion sur le sexe des anges (l’Europe est-elle une réalité ‘‘ancienne’’ ? ‘’contemporaine’’ ? ‘‘intergouvernementale’’ ? ‘‘supranationale’’ ? ‘‘fédérale’’ ? ‘‘économique’’ ? ‘‘géographique’’ ? ‘‘politique’’ ? ‘‘technocratique’’ ? ‘‘démocratique’’ ? ‘‘chrétienne’’ ? ‘‘laïque’’ ? ), Van Middelaar précise d’entrée son angle d’attaque : prendre tous ces mots au sérieux, non comme des tentatives de description mais comme des éléments de stratégies opposant des pays, des milieux, des intérêts : bref, comme autant d’enjeux de pouvoir. » 

     

    QUATRIÈME DE COUVERTURE


    CouvLuukvanMiddelaar.jpgCe livre raconte un événement lent et majeur : la genèse d’un ordre politique européen.
     

    Il évite le jargon et les poncifs des manuels ; ceux-ci cachent bien plus les enjeux du pouvoir qu’ils ne les éclairent. Il ne spécule pas une quelconque finalité. Il n’est pas « pour » ou « contre » l’Europe – peut-on l’être d’ailleurs ?

    Le Passage à l’Europe distingue trois sphères européennes. La sphère externe, celle du continent et de l’ancien « concert des nations » ; la sphère interne des institutions et du Traité, source de grandes attentes ; enfin, imprévue et non perçue, une sphère intermédiaire, celle où les États membres, rassemblés autour d’une même table, se découvrent peu à peu coresponsables d’une entreprise commune, parfois malgré eux. Cette sphère intermédiaire, dont le Conseil européen des chefs d’État ou de gouvernement est devenu l’expression institutionnelle, est le théâtre des tensions entre l’un et le multiple. Tensions qui font la force et la faiblesse de l’Union comme en témoigne la crise de l’euro. 

    Livre d’histoire, en ce qu’il prend au sérieux l’expérience des hommes politiques qui ont façonné l’Europe depuis soixante ans : l’importance des mots, la soif des applaudissements, l’implacable pression des événements.

    Livre de philosophie, en ce qu’il veut savoir ce qu’est la politique avant de trancher sur l’existence d’un corps politique européen : qu’en est-il, en Europe, de la capacité à prendre des décisions contraignantes, à agir dans le flux du temps, à établir un lien avec les gens ?

    L’un et l’autre, en ce que l’auteur considère que la vérité de la politique ne se comprend que dans le temps.

     

    couvpoliticide.pngLuuk van Middelaar (1973) est philosophe et historien, auteur de Politicide. L’assassinat du politique dans la philosophie française (1999) et ancien chroniqueur au quotidien NRC Handelsblad. Après avoir travaillé tant à Bruxelles, au sein du cabinet d’un commissaire européen, qu’au Parlement néerlandais, il est depuis 2010 la plume du premier Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Le Passage à l’Europe a remporté le prix Socrate 2010 récompensant le meilleur livre de philosophie écrit en néerlandais.

     

     

    Luuk van Middelaar en néerlandais à propos de son Passage à l'Europe