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Livres & Revues - Page 5

  • Vincent van Gogh, homme de lettres

     

     

    Les ouvrages de Wouter van der Veen

    sur Vincent van Gogh

     

     

    En 2007, Wouter van der Veen a soutenu une thèse intitulée Van Gogh, homme de lettres. Littérature dans la correspondance de Vincent van Gogh. On peut lire ICI l’intégralité de ce travail qui s’intéresse aux nombreuses lectures du peintre qui fait partie des plus grands écrivains d’expression néerlandaise du XIXe siècle.

     

     

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    Vincent van Gogh, Lettres, Actes Sud, 2009

     

     

    EXTRAITS

     

    « Le présent essai a pour objet le rapport entre Van Gogh et ses lectures, dans le cadre de son évolution spirituelle et intellectuelle, et dans les limites de ce qu’il mentionne dans sa correspondance. […] Cette étude tente donner une vision complète et approfondie de Van Gogh tel qu’il se profile à travers les références littéraires dans sa correspondance : un homme passionné de littérature, à la recherche de textes applicables à sa propre réalité, puisant dans ses lectures des idées, du divertissement et du soutien moral. Plutôt que de chercher à savoir ce qu’il avait pris dans la Bible, puis dans Michelet, puis dans Zola, l’étude présente s’interroge sur ce que ces textes et auteurs ont en commun, faisant la démonstration d’une continuité étonnante. L’analyse de la matière littéraire assimilée (ou rejetée) par Van Gogh permet de mieux comprendre quels étaient les moteurs essentiels de sa pensée, au-delà de tout paradigme prédéfini. »

     

    CouvVanderVeen.png« Ses lectures reflètent fidèlement ses préoccu- pations et ses centres d’intérêt ; elles contribuent à nourrir ses réflexions, et fournissent les appuis nécessaires pour justifier ses actes les plus discutables. La littérature lui paraît aussi importante que la peinture. Elle l’a formé, influencé, et rassuré sur sa propre originalité. Cependant, Van Gogh, grand réfractaire au sens critique toujours en alerte, ne se laisse pas impressionner par n’importe quel texte. Son enthousiasme, qu’il cultive, ne l’aveugle pas. Il gère attentivement l’influence que ses auteurs de prédilection peuvent avoir sur lui. Il aime les rebelles, les intransigeants, les actions claires, les écritures simples et viriles. Les livres qu’il lit sont le reflet de sa personnalité. Ceux qui le caractérisent le mieux sont La Case de l’oncle Tom, de Beecher-Stowe, A Christmas Carol, de Dickens, Les Misérables, de Victor Hugo, Germinie Lacerteux, des Goncourt, et enfin Tartarin de Tarascon de Daudet. Des livres qui lui parlent d’humanité, du quotidien, et enfin de ses rêves. Les personnages de ces livres sont ceux qu’il rencontre et qu’il aime. Ce sont également des personnages auxquels il s’identifie : souvent seuls contre tous, opprimés, sensibles, attendrissants et incompris. »

     

    CouvVanderVeen1.jpg« Le français, sous la plume du peintre, devient un terrible champ de bataille où s’af- frontent une volonté de correction, née de sa passion pour la culture française, et un besoin intransigeant d’expri- mer ce qu’il estime nécessaire de l’être. Les forces sont inégales. La volonté d’expres- sion l’emporte toujours sur le désir de correction grammaticale, même si cette dernière ne s’avoue jamais vaincue. Le déséquilibre perpétuel qui s’installe ainsi entre signifiant et signifié donne naissance au sens dans la prose française de Van Gogh. Dans cette optique, il n’est plus étonnant de constater que Van Gogh néglige les éléments les moins signifiants du français – la ponctuation, l’accentuation, les signes graphiques formels comme les traits d’union et les cédilles – et qu’en même temps il s’acharne infructueusement à maîtriser l’imparfait du subjonctif – qui témoigne d’un niveau de langage élevé, dont l’utilisateur appartient naturellement à une certaine forme d’élite.

    « Les puissants effets de style que Van Gogh atteint par endroits dans sa prose résultent presque toujours d’un abandon des conventions syntaxiques, au profit d’une juxtaposition de termes épurée d’une bonne partie des éléments non-signifiants de la langue. Ce mécanisme, qu’on observe autant dans son recours fréquent au style télégraphique que dans ses nombreux sauts abrupts d’une idée à l’autre, sans transition, est une des composantes essentielles de son langage. Ce qui paraît à première vue abscons et désordonné est pour une grande partie le résultat d’une sélection drastique opérée systématiquement dans ce domaine peu ouvert auxinitiatives personnelles qu’est la langue française. ‘‘En tant que quant à moi’’ est sans doute la formule qui caractérise le mieux le langage de Van Gogh : académiquement, c’est parfaitement incorrect ; au niveau de la puissance et de la signification, c’est tout à fait éloquent. »

     

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    Dans un ouvrage plus récent, Wouter van der Veen revient, en collaboration avec Peter Knapp, sur les 70 derniers jours de Vincent van Gogh à Auvers-sur-Oise : 

      

      

    Vincent van Gogh s’installe le 20 mai 1890 à Auvers-sur-Oise, et passe les soixante-dix derniers jours de sa vie dans la petite Auberge Ravoux. En deux mois, il peint presque autant de tableaux que Klimt en toute une vie. Ce livre réunit pour la première fois l’ensemble de ses dernières œuvres, et les met en regard avec les lettres, souvent illustrées, qu’il a écrites à son frère Theo, à sa belle-sœur Johanna, à sa famille et à ses amis. En étudiant de près cette correspondance, ainsi que d’autres documents inédits, Wouter van der Veen met aussi en évidence, pour la première fois, le rôle de Johanna Bonger dans la reconnaissance de l’œuvre de Van Gogh.

    Cet ouvrage contient le fac-similé du brouillon d’une lettre à Theo, que Vincent van Gogh portait sur lui le jour de son suicide.

     

     

    LES AUTEURS

    Co-fondateur des éditions Arthénon, docteur ès lettres et historien d’art, Wouter van der Veen est conseiller scientifique du Musée Van Gogh d’Amsterdam, enseignant à l’Université de Strasbourg et directeur délégué de l’Institut Van Gogh d’Auvers-sur-Oise.

    De 1999 à 2009, il a fait partie de l’équipe de chercheurs qui a examiné les lettres de Vincent van Gogh dans le cadre de l’édition de la correspondance complète et critique de l’artiste. Il est l'auteur, entre autres, de Van Gogh, A Literary Mind (Musée Van Gogh/Waanders, Amsterdam/Zwolle, 2009), de Dans la chambre de Vincent (Éditions Desmaret, 2004), ainsi que des commentaires du film Derniers jours à Auvers (Productions Camera Lucida, 52’, 2007) de Peter Knapp.

     

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    Mathieu Wernet. Peintures, éd. Arthénon

     

    Plasticien, photographe, directeur artistique et cinéaste de renommée mondiale, concepteur de la collection Profil des Arts aux Éditions du Chêne, Peter Knapp a été deux fois récompensé du prix du Meilleur livre d’art de l’année (pour Giacometti, et Lumières de Chartres). En 2007, il a réalisé le documentaire Derniers jours à Auvers, puis, en 2009, coréalisé avec François Bertrand un documentaire Imax, Moi, Van Gogh.

    Résolument centré sur le travail du peintre, ce dernier film est un voyage inédit, en très grand format (70 mm), au cœur de l’œuvre de l’artiste, une plongée dans son univers et ses créations, qui s’éloigne du cliché pour nous rapprocher de l’homme. À l’origine du projet Vincent van Gogh à Auvers, Peter Knapp en a, avec talent et passion, assuré la direction artistique. Également professeur à l’Académie Julian et enseignant à Sciences-Po, Peter Knapp a analysé les aspects chromatiques et la méthode de Van Gogh à travers son parcours professionnel.

     

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    édition anglaise de Vincent van Gogh à Auvers,

    éd. Monacelli Press

     

     

     

  • DESHIMA n° 5

    Regards sur l’histoire africaine des pays nord-européens

     

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    Le dernier numéro de Deshima propose un dossier plein de surprises sur les liens entre Afrique et pays de l’Europe septentrionale. Côté littérature, la nouvelle Petit cheval du Néerlandais Tomas Lieske nous emmène à travers mythes et phobies dans une Égypte ancienne peuplée de centaures. Dans Adelheid, le jeune prosateur norvégien Gaute Heivoll étale sa virtuosité (restituée grâce à un collectif de traducteurs). Norvège à l’honneur aussi avec Torild Wardenœr dont Anne-Marie Soulier a traduit quatorze poèmes empruntés à divers recueils. Suivent sept poèmes du Flamand Peter Holvoet-Hanssen et six du Néerlandais Jaap Robben (illustrés par Benjamin Leroy et tirés du recueil pour enfants Zullen we een bos beginnen ?).

     

     

    Sommaire

     

     

    AFRIQUE

    Thomas Mohnike

    Itinéraires imbriqués : Éléments d’une histoire africaine des pays nord-européens

    Frederike Felcht

    On the topography of H.C. Andersen’s travelogue I Spanien (traduit de l’allemand par Ingo Maerker et Michelle Miles)

    Joachim Schiedermair

    Turmoil in the Dark Continent. Gender, Mimicry, and Colonial Resistance in Verner von Heidenstam and Peter Høeg (traduit de l’allemand par Ingo Maerker et Michelle Miles)

    Christine Smith-Simonsen

    Mythbusting. Looking for Norwegians in the colonies

    J.P.B. de Josselin de Jong

    Le « negerhollands » de Saint-Thomas et de Saint-Jean (présenté Thomas Beaufils, traduit du néerlandais et annoté par Pierre Meersschaert avec la collaboration de Thomas Beaufils)

    Claudia Huisman

    Soldats africains dans les Indes orientales néerlandaises. Belanda Hitam

    Wouter van der Veen

    Vermeer en Afrique. L’allégorie de l’histoire de Helmut Starcke

    Catherine Repussard

    JunkerInnen en Afrique. Les « fermes africaines » de Frieda von Bülow et Karen/Tania Blixen

    Frederike Felcht

    Les politiques de la faim dans Sult (La Faim) et Life & Times of Michael K

    Dorian Cumps

    Explorations dans l’imaginaire (sur l’œuvre de Tomas Lieske)

    Tomas Lieske

    Petit cheval (nouvelle traduite du néerlandais par Daniel Cunin)

     


    SAVANTS MÉLANGES

    Annie Bourguignon

    Peut-on lire Nordahl Grieg au XXIe siècle ?

    Karin Ridell

    Identités et appartenances linguistiques, nationales et régionales. Conversations dano-suédoises dans la région d’Öresund

    Martin Kylhammar

    Rompez ! Rompez ! L’art moderne de faire table rase du passé (traduit du suédois par Sylvain Briens et Max Stadler)

    Alexis Metzger & Martine Tabeaud

    Neiges et glaces dans les peintures hollandaises du Siècle d’or

    Odile Parsis-Barubé

    Les commencements de l’étrangeté. Nord et Midi dans l’imaginaire romantique français de la limite

     


    ARTS ET LETTRES DES PAYS DU NORD

    Annick Drösdal-Levillain

    Gaute Heivoll

    Gaute Heivoll

    Adelheid (nouvelle)

    Anne-Marie Soulier

    Torild Wardenær

    Torild Wardenær

    Poèmes (traduits du suédois par Anne-Marie Soulier)

    Peter Holvoet-Hanssen

    Poèmes (traduits du néerlandais par Daniel Cunin)

    Jaap Robben

    Six poèmes (illustrés par Benjamin Leroy, traduits du néerlandais par Daniel Cunin)

     

     

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    ABSTRACTS

     

    Frederike Felcht

    On the Topography of H. C. Andersen’s travelogue I Spanien

    Deshima, revue, Afrique, littérature, Norvège, Pays-Bas, HamsunThe article explores how space is represented in Hans Christian Andersen’s I Spanien (1863). The travelog begins at the French border and continues through Spain via Gibraltar, down to Morocco, and from there back to Spain via another route. It is characterized by precise observations, numerous poems, and passages of lyrical prose. The descriptions of architecture and infrastructures, landscapes and cities are enriched with inter-textual references, historical background information, and the emotions of the first-person narrator. This creates a complex image of the spaces described, which is analyzed with the help of David Harvey’s Marxist cultural geography and Edward Said’s postcolonial theory. The emphasis of this inquiry is on the relationship between Denmark, Spain, and Africa in the topography of I Spanien. The article demonstrates how I Spanien establishes a hybrid geography of mutual relations and thus opens a space for a different understanding of the relationship between Europe and Africa than was common in the nineteenth century.

     

    Joachim Schiedermair

    Turmoil in the Dark Continent. Gender, Mimicry, and Colonial Resistance in Verner von Heidenstam and Peter Høeg

    Deshima, revue, Afrique, littérature, Norvège, Pays-Bas, HamsunIn postcolonial studies, the subversion of binary ways of thinking is regarded as a useful device for resistance. One of the strategies used for overcoming binaries is “mimicry”, which means that the colonized imitate their colonizers in order to communicate on the same level. At the same time, imitation can never be just a copy; it will always change the original. This hypothesis is examined using two literary texts from Scandinavia: Peter Høeg’s Rejse ind i et mørkt hjerte (1990) and Verner von Heidenstam’s Endymion (1889). Both texts connect the colonial situation with the subversion of gender differences. Høeg meets our expectations, since in his text the breakdown of the gender paradigm causes the deconstruction of the domination of colonial power, whereas the analysis leads us to the surprising result in Heidenstam’s text that the subversion of gender differences stabilizes the colonial difference.

     

    Christine Smith-Simonsen

    Mythbusting: Looking for Norwegians in the Colonies

    During the past ten years, a line of research has been published that puts the Norwegian self-image of imperial innocence under scrutiny. The myth that Norway never partook in any colonial adventures has been challenged by a series of studies showing how a number of Norwegians followed in the wake of colonialism, taking the opportunities at hand to establish trade and other enterprises, buy land, settle permanently, enlist in colonial services, and even run commercial estates of notable sizes.

     

    J.P.B. de Josselin de Jong

    Negro-Dutch in St. Thomas and St. Jean

    This article by J.P.B. de Josselin de Jong, translated from the Dutch original, retraces the question of the crossbreeding between African languages and Dutch in Negro-Dutch, which was spoken in the Danish Antilles until the beginning of the twentieth century. This Creole, essentially spoken by slaves, was influenced by the idioms of the former Dutch colonizers. In it, we can recognize traces of the language spoken by Zealand’s sailors, which dominated the triangle trading area and the sugar plantations in this region in the seventeenth century. In December 12, 1916, the Danish Antilles were sold to the United states of America who were interested in their strategic position near the Panama canal. Since then, they were named the Virgin Islands.

     

    Claudia Huisman

    Belanda Hitam: African Soldiers in the Dutch Indies

    Deshima, revue, Afrique, littérature, Norvège, Pays-Bas, HamsunStarting in 1830, the Dutch were obliged to reinforce their troops in the East Indies (now Indonesia) to extend their colonial domination. Because of the shortage of European soldiers, the Dutch turned to the Gold Coast in West Africa. As of 1637, they were in possession of Elmina, the commercial port of the Ashanti kingdom, from which tens of thousands of slaves were shipped to Brazil, Curacao, Surinam and other places to work on plantations. But the Dutch had little success recruiting Ashanti volunteers. Only 3,000 men left for Java between 1831 and 1872. These Belanda Hitam (Black Dutch) participated in military campaigns in Borneo, Bali, and Sumatra. They were considered to be “insolent Negroes,” unable to adapt to colonial society. And yet they eventually became completely integrated, and most of them stayed in Java and started families. To counterbalance their story of becoming Black Dutch citizens in the East Indies, I evoke the extraordinary adventure of two Ashanti princes, Kwasi and Kwame, who were sent to Holland to obtain a Dutch education and become Black Dutch citizens by striking the opposite path in a story related by Arthur Japin in his beautiful novel The Two Hearts of Kwasi Boachi.

     

    Wouter van der Veen

    Vermeer in Africa: The Muse of History of Helmut Starcke

    When the Dutch VOC settled in what was to become the Republic of South Africa in the middle of the seventeenth century, the San and Khoi populations they encountered did not realize that the end of their culture and way of life was in sight. The Dutch brought weapons, technology, and illnesses that would change the south coast of Africa forever. What they did not bring, surprisingly, was their art. It seems that seventeenth-century Dutch paintings were of no use overseas. German-born artist Helmut Starcke painted a true masterpiece by portraying his own interpretation of a world-famous work by Johannes Vermeer, The Art of Painting. This essay reflects on the questions raised by Helmut Starcke’s painting from a truly “art-historical” perspective, for Starcke gave his intriguing work the title The Muse of History.

     

    Catherine Repussard

    Gentlewomen in Africa. The African Farms of Frieda von Bülow and Karen (Tania) Blixen

    deshima,revue,afrique,littérature,norvège,pays-bas,hamsunAlthough Frieda von Bülow and Karen Blixen lived in different times, they shared a strange community of fate. Both of them staged their lives in East Africa in novels: Bülow in Im Lande der Verheißung (1899) and Blixen in Out of Africa / Den afrikanske Farm (1937). The two writers share a colonial attitude and treat Africa in similar ways. They confess their adoration for African nature and succumb to the spell of exoticism when encountering a continent of charming beauty, all the while reaffirming their attachment to their worlds of origin by relying on the image of an immense African farm overseen by a woman with a firm hand. In the two novels, a white, European aristocratic woman is depicted as exercising authority over the indigenous population, thus enacting a kind of “feudal colonial feminism” as a condition for her own liberty and liberation. The African farm thus becomes a symbol of a utopian social project that opens up a field of unlimited possibilities, combinations, hybridizations, and reconstructions, erasing borders of time and space as well as those of identity.


    Frederike Felcht

    The Motif of Hunger in Sult and Life & Times of Michael K

    Deshima, revue, Afrique, littérature, Norvège, Pays-Bas, HamsunThis essay demonstrates the analytical potential of the motif of hunger in Knut Hamsun’s Sult (Hunger) (1890) and J. M. Coetzee’s Life & Times of Michael K (1983). Sult was published in Norway at the end the nineteenth century and Life & Times of Michael K in South Africa almost one hundred years later. In spite of these different historical and geographical backgrounds, the motif of hunger in both texts reveals similar questions. They explore strategies working against the modern disciplining of the body. This article presents a short history of hunger and analyzes the motif of hunger in the texts from a comparative perspective. It focuses on the semantics of the descriptions of hunger, on the perception of time, and on forms of control that are contrasted with the protagonists’ behaviour, revealing a close relation between hunger and the modern bio-political practices reflected in the texts.

     

    Annie Bourgignon

    Can We Read Nordahl Grieg in the 21st-century?

    deshima,revue,afrique,littérature,norvège,pays-bas,hamsunNordahl Grieg (1902-1943) was a Norwegian traveller, journalist, poet, and a writer. In the 1930s, he became a communist and supported the USSR unconditionally. In interviews and features in the press, he approved of the Moscow trials (staged by Stalin against former Bolsheviks) and later the German-Soviet pact. But when the German army attacked his own country in April 1940, he immediately volunteered to defend it and became an ardent Norwegian patriot. In the novel Ung må verden ennu være (1938) (The World Must Still Be Young), Grieg describes the USSR, the trials, and the Spanish Civil War. He later stated that the novel was intended to justify soviet policy, including its more questionable sides. But when reading this work today, it appears rather to depict a dismal picture of soviet society. This article is an attempt to read Ung må verden ennu være from this perspective of what we know about its author. Grieg’s novel thus appears as a broad description of Europe in the 1930s, where the storm of major catastrophes is brewing.

     

    Karin Ridell

    Linguistic, National, and Regional Identities and Membership Categorizations. Danish-Swedish Conversations in the Öresund Region

    In this article, excerpts from talk-in-interaction between Danes and Swedes in the work place (a care home for the elderly) in the Öresund region (the cross-border region between Denmark and Sweden) are analyzed by focusing on how the participants express and negotiate their linguistic, regional, and national membership categorizations and identity. Conversation analysis and membership categorization analysis form the theoretical and methodological framework of this study. The analyses demonstrate that linguistic, national, and regional membership categorizations are made relevant in different sequential positions in different ways. It is argued that such categorization can result in attenuating a delicate situation or in keeping the channels of conversation open. Like all membership categorizations of a person in talk-in-interaction, linguistic, national, and regional membership categorizations have proven to be a powerful tool for performing interactional actions, such as refusing a request or creating social affiliation between different participants. It is also demonstrated that repair (self- or other-initiated), essentially of a linguistic trouble source, is just one of several sequence types in which linguistic membership categorization often occurs.

     

    Martin Kylhammar

    The Modern Art of Burying the Past

    This essay deals with the project of modernity – what it consists of, and the value placed on its results. Modernity is the dream of a good society. It would not be altogether wrong to call this project a dream, since dreams are always on the verge of becoming nightmares. The men involved in this project have always looked forward. This, I argue, is for a good reason, and the results have been spectacular. However, it also implies that modernity has a special relationship to the past, and that we have searched, more or less successfully, for methods with which to assess the efforts of the past before disposing of them.

     

    Alexis Metzger, Martine Tabeaud

    Snow and Ice in Dutch Paintings in the Golden Age

    deshima,revue,afrique,littérature,norvège,pays-bas,hamsunIn the Dutch Golden Age, the production of winter scenes in paintings reached a climax. In focusing on these representations of winter and coldness, one might wonder whether the paintings correlated with the actual weather. If so, do the paintings genuinely show the weather at the time they were painted? In this article, I discuss that, because the winter scenes became exceedingly appreciated by a buying public, painters began to produce these paintings without taking the actual weather into account. Eventually, they painted winter scènes de genre and developed a typology of images for these winter scenes. The unusual, rough coldness of the Little Ice Age winters actually taking place outside generally disappeared from the paintings, and joyful winter scenes were preferred.

     

    Odile Parsis-Barubé

    The Beginnings of Strangeness: The North and the Midi in the French Imaginary of limits

    This article is a study of how travel narratives in France in the first half of the nineteenth century contributed to producing the impression of strangeness and otherness to which the North and the Midi were connected in a nationalized space. Construed as an expression of a system of oppositions, they relate to a complex process of cultural references, sensitive perceptions, and anthropological presuppositions. By exploring these interactions, this article contributes to the study of localized conceptions of romantic notions.

     

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  • Le Carnet et les Instants

     

     

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    Le bimestriel des lettres belges de lange française Le Carnet et les Instants  vient de lancer une rubrique consacrée à la littérature flamande en traduction française. La première chronique a paru dans le n° 165 (couverture ci-dessous) sous la plume de Joseph Duhamel : « Le phénomène Stefan Brijs » (p. 23-25) Elle revient longuement sur le roman Le Faiseur d’anges suite aux rencontres qui ont eu lieu en novembre à Cognac entre écrivains belges d’expression néerlandaise et leurs confrères d’expression française. Le prochain numéro s’intéressera à la romancière Anne Provoost. 

     

     

    EXTRAIT

     

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  • The Black Herald

     

    De Rodenbach à Onno Kosters en passant par Verhaeren

     

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    La nouvelle revue littéraire bilingue (anglais/français) The Black Herald qui regroupe de la poésie, des fictions courtes, des essais et des traductions accorde une place à deux des grands auteurs flamands d’expression française du passé (Georges Rodenbach et Emile Verhaeren) et à un poète néerlandais contemporain (Onno Kosters). Leurs poèmes sont présentés en version originale avec une traduction anglaise en regard. Co-fondateur du Black Herald avec Blandine Longre, le poète Paul Stubbs expose dans son « Éditorial » l’ambitieux projet du périodique qui fait l’objet d’une mise en page très soignée : « On July 2nd, 1914, the inaugural issue of Blast magazine was published in England, a project begun by the writer Wyndham Lewis, who hoped it would cement the reputation of the new ‘Vorticist’ movement - an English-speaking response to the new Italian avant-garde and futurist movement founded and preached by Marinetti. The editorial of this first issue of Blast declared: ‘‘Beyond Action and Reaction we would establish ourselves’’; and while our intent for The Black Herald does not mirror this rather outlandish aim, its birth is, in some way, similar to the Blast one: a response to what has gone before. For me it certainly is, having tired of the insular and island-bound verbiage of my own country’s literary magazines and the secular way in which the majority of the ‘contributors’ have seemed at times ‘handpicked’. The ‘mainstream’ exists in all countries and cultures, but in England especially it has become something of a ghost-ship, one shipwrecked onto the rocks of its own self-delusion and mediocrity, completely unaware of its soon-to-be obsolete passengers. […]

    There has always been something of an obsession between critics and readers on just what constitutes ‘modern’ writing, but modernity of course has not one birth-certificate, and each epoch continually fills in a new date and hour to constitute its own ‘birth’. Original writing is born of the stone-watch, for it has no birth or death, and it is hoped that the many writings in this magazine will remain ‘outside’ of any modish epoch. The ‘historicizing’ of literature, though it exists in all countries and languages, is not always helpful to the writer, and seems to be no more than a transient progression of the human consciousness, something merely to tether the reader to the frozen post of each existential ‘I’. To usher in the 20th century, Apollinaire cried: ‘‘À la fin tu es las de ce monde ancien’’, and in the end, yes, all of us grow weary of what has come before (even if the past remains unsurpassed by the future) and so when the 21st century awoke to the rubble (mostly) of the grandiose ruins of the failed utopias of the previous century (a regressive sensation of time that occurs in every new century), a new set of human minds became ready again to ‘assimilate’ its languages, to recreate that artificial memory that occurs in words, and in which most of us re-remember ourselves and our species on earth.

    Science and technology have progressed many aspects of what it means to be human, but neither have the ability to alter the natural consciousness of being alive; even in the worst of times it is the writer, neither conscious of himself or what he writes, who ‘progresses’ the human mind the most, and when ‘being alive’ is as precarious and as chimerical as it is in today’s world it can often fall onto the shoulders of the writer to confirm Shelley’s declaration that poets and writers are ‘‘the true legislators of their time’’. Every age holds on to something of ‘‘an hallucinatory image of itself which persists until it has been dispelled by other, alternative events,’’ (John Gray), ‘events’ in language mostly that I am confident the reader will find in the following pages. »

    Longue vie au Black Herald !

     

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