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romans

  • Amsterdam à 7h09

     

    Suggestions de lecture

     

     

    7h09 : bon moment pour débuter la journée, prendre un train, un vol….

    Amsterdam, 7h09, Utrecht, traduction littéraire, romans, éditeurs

     

    Le troisième numéro de 7h09, publication hybride qui tient à la fois de la revue et du livre, a posé ses valises à Amsterdam. Richement illustré et d’un graphisme soigné, ce « carnet d’ailleurs » s’intéresse à de multiples aspects de la capitale des Pays-Bas : son histoire, ses plaisirs culinaires (eh oui !), ses enfants, ses vélos, ses designers, ses décors intérieurs, son passé juif, son Lieverdje, son quartier Nord, sa musique sans oublier l’Eye Film Institue et le Vondelpark… Pour compléter le tout, quelques pages sont consacrées aux trésors d’Utrecht, à l’œuvre de l’illustratrice Lieke van der Vorst (voir reproduction ci-dessous) et aux belles lettres néerlandaises.

    Amsterdam, 7h09, Utrecht, traduction littéraire, romans, éditeursUn article de Delphine Minotti, « Vous assez dit literatuur ? », propose en effet un survol de cet univers, partant des origines pour arriver à des ouvrages très récents en passant par des auteurs qui accordent une place particulière au passé colonial, à la deuxième guerre mondiale, à leurs origines africaines ou encore au genre policier. La rédaction m’ayant demandé quelques suggestions de lecture pour les amateurs de romans, j’ai élaboré deux listes. La première, chronologique, comprend 10 noms d’auteurs décédés, dont les œuvres (disponibles en français) font partie du « canon » des lettres des Pays-Bas. La seconde, alphabétique, s’arrête sur des créations plus récentes : 14 écrivains et 14 traducteurs différents.

     

    Amsterdam, 7h09, Utrecht, traduction littéraire, romans, éditeurs

     

    Multatuli, Max Havelaar, trad. Philippe Noble, Actes Sud, Babel n° 31, 2003.

    Louis Couperus, La Force des ténèbres, trad. Selinde Margueron, préface de Philippe Noble, Éditions du Sorbier, 1986.

    Nescio, Le pique-assiette et autres récits, trad. Danielle Losman, postface H. M. van den Brink, Gallimard, 2005.

    J. Slauerhoff, Le Royaume interdit, trad. et postface Daniel Cunin, Circé, 2009.

    Eddy du Perron, Le Pays d’origine, trad. et avant-propos Philippe Noble, préface d’André Malraux, Gallimard, 1980.

    Hella S. Haasse, En la forêt de longue attente. Le roman de Charles d’Orléans, trad. Anne-Marie de Both-Diez, préface d’Olivier Rolin, Points Seuil, 2007.

    Amsterdam, 7h09, Utrecht, traduction littéraire, romans, éditeursWillem Fredrik Hermans, La Chambre noire de Damoclès, trad. Daniel Cunin, Gallimard, 2009.

    Gerard Reve, En route vers la fin, trad. Bertrand Abraham, Phébus, 2010.

    Jan Wolkers, Les Délices de Turquie, trad. Lode Roelandt, Belfond, 2013.

    Harry Mulisch, Noces de pierre, trad. Maddy Buysse & Philippe Noble, Calmann-Lévy, 1985.

    Frans Kellendonk, Corps mystique, trad. Patrick Grilli, Gallimard, 1993.

     

    Frans Kellendonk (1951-1990), en néerlandais  

     

     

    Amsterdam, 7h09, Utrecht, traduction littéraire, romans, éditeursKader Abdolah, La Maison dans la mosquée, trad. Anita Concas, Gallimard, 2008.

    Gerbrand Bakker, Là-haut, tout est calme, trad. Bertrand Abraham, Gallimard, 2009 (Folio n° 5187).

    Jeroen Brouwers, Rouge décanté, trad. Patrick Grilli, Gallimard, 1997 (Folio n° 2967).

    Anna Enquist, Les Endormeurs, trad. Arlette Ounanian, Actes Sud, 2014.

    Carl Friedman, Mon père couleur de nuit, trad. Mireille Cohendy, Gallimard, 2003 (Folio n° 3801).

    Arnon Grunberg, Le Messie juif, trad. Olivier van Wersch-Cot, Héloïse d’Ormesson, 2007.

    Maarten ’t Hart, La Colère du monde entier, trad. Xaxier Hanotte, Belfond, 1999.

    Tomas Lieske, Mon amour souverain, trad. Annie Kroon, Le Seuil, 2008.

    Margriet de Moor, Une catastrophe naturelle, trad. Danielle Losman, Libella-Maren Sell, 2009.

    amsterdam,7h09,utrecht,traduction littéraire,romans,éditeursCees Nooteboom, Rituels, trad. Philippe Noble, Gallimard, 2006 (Folio n° 4435).

    Willem Jan Otten, Un homme par ouï-dire, trad. Daniel Cunin, Les Allusifs, 2014.

    Adriaan van Dis, Les Dunes coloniales, trad. Marie-Claire Cécilia, Actes Sud, 1999.

    Vonne van der Meer, La Femme à la clé, trad. Isabelle Rosselin, Héloïse d’Ormesson, 2013.

    Tommy Wieringa, Joe Speedboot, trad. David Goldberg, Actes Sud, 2008.

     


     Tommy Wieringa parle, en anglais, de son roman

    Joe Speedboot

     

     

     

  • Engendrer pour naître à soi

     

     

    À l’occasion de la parution le 8 octobre prochain d’Un homme par ouï-dire (Les Allusifs), court roman de Willem Jan Otten, flandres-hollande accueille une étude de Pierre Monastier portant sur les œuvres traduites en français de cet écrivain majeur des Pays-Bas. Le texte (PDF) peut être librement repris, sans autorisation préalable, sous condition de la mention de son auteur.

     

     

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    Une lecture de l’œuvre de Willem Jan Otten

     

     

    1. La Source

     

    Novembre 2013. Le ciel était bas sur la Belgique lorsque je lus pour la première fois un roman de Willem Jan Otten : La mort sur le vif. Mais le ciel est souvent bas dans ces contrées septentrionales ; une vaste étendue de brume monotone et incolore recouvre, dès les débuts de l’automne, à quelques centimètres de nos têtes, la moindre parcelle d’une voûte devenuechape accablante. Il n’est pas d’échappatoire lumineuse, la torpeur nous engloutit. Alors nous courons aux occupations, pour tromper l’ennui. Nous lisons, pour nous tromper nous-mêmes. En vain.

    Août 2014. Un homme par ouï-dire s’apprête à paraître en France, première œuvre en prose de l’auteur néerlandais, publiée en 1984 dans la langue originale, bonne seconde en français. Je suis à Paris lorsque je tourne les pages de ce bref roman ; une courte existence à mes yeux, le temps d’une soirée au milieu du mois, de la première à la dernière ligne. Le climat demeure imperturbable. Froid. Blancheur indifférente. Même langueur. Nous sommes pourtant en été. À croire que le temps se froisse pour nous offrir un sépulcre blanchi et vitreux. La mort rôde, saisit dans l’instant, nous entraînant dans son flux d’émotions et de souvenirs, ceux de Gérard Legrand, bon musicien, amant insignifiant, père absent, presque inexistant s’il n’avait creusé un sillon de blessures au cours de sa furtive traversée terrestre. 

    Parcourir l’œuvre littéraire de Willem Jan Otten, du moins les deux seuls romans (sur cinq certes, mais le reste de sa production – volumes d’essais, recueils de poésie, pièces de théâtre – est encore inédit) traduits pour le moment en français, auxquels il faut ajouter la « Chronique d’un fils devenu père » parue dans la revue Deshima, c’est intégrer cette dimension essentielle du temps qui sert de cadre au récit. Non. Soyons précis. Le temps « ottenien » n’est pas l’écrin de la possibilité romanesque ; c’est l’existence même, tel le Dasein de Martin Heidegger, qui est intrinsèquement temporelle. Le temps jaillit, non d’abord parce qu’il est invoqué dans la logorrhée d’une toile ou de Gérard Legrand, mais parce que l’existence de ces protagonistes perce par la convocation d’un autre, de proches, sous la forme d’un désir, d’un souvenir, d’un projet, d’une déception. 

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    2. Au seuil de la vie

     

    L’existence posthume de Gérard Legrand ne tient qu’à un calendrier relégué aux toilettes, un simple trait de crayon qui rappelle qu’il fut jadis vivant, une petite croix qui confirme définitivement sa mort, quelques années auparavant ; le récit se condense en quelques jours vaporeux, composés de souvenirs imprécis et souvent inavoués, entre le 1er juin et le samedi qui suit le 5 du même mois, jour anniversaire de la naissance et de la mort de cet homme méconnu. La mort et la naissance elles-mêmes ne sont séparées que par une pliure sèche : un rien les referme, l’une sur l’autre ; un simple coup de vent les fait s’embrasser, l’une et l’autre ; le moindre souvenir les associe, l’une avec l’autre. Étreinte de l’oubli. Irruption du néant.

    La mémoire du passé, la perception du présent et l’attente du proche avenir se conjuguent, en une perspective toute augustinienne, dans les monologues de ces romans écrits à la première personne, le « je » d’un « être-présent » précaire, le « moi » d’une existence incertaine parce que dépendante des multiples « tu », « il » et « elle » qui lui font face. 

    La toile de La mort sur le vif n’existe pas, si ce n’est enpuissance : elle n’est qu’un Lin Extra-Fin Enduction Universelle 4 Couches de 200x120 cm ; si elle ressent la simple caresse ou « le soleil éclabousser [s]a blancheur de craie », elle n’a pas encore d’existence en acte. Elle est matière sans forme, contenant « monumentalement démesuré » sans contenu. Elle se reconnaît distincte de ces éphémères compagnes, les 90x70cm, à la destinée irrévocablement tracée ; elle se sait différente du miroir qui ne trouve d’être que dans ce(lui) qui lui fait face. Sa connaissance apophatique la conduit au vertige de l’ignorance sur son être propre. Seul le peintre Félix Vincent, « Créateur », peut la faire advenir à son être véritable, un « machin » de l’artiste, jusqu’à lui offrir inconsciemment la possibilité d’un « moi » qui ne dépende plus de sa seule matière – métempsycose inattendue –, sans que nous sachions si ce dernier est lié à celui qu’elle représente ou au désir plus profond qui l’a mise au monde. 

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreFeu Gérard Legrand revit pour autant qu’il est appelé par le souvenir d’un de ses proches. Auguste Comte avait rêvé un tel mode d’éternité, sans Dieu et perpétué de proche en proche, parodiant la réalité d’une impérissable vie affirmée par un catholicisme dont il espérait, sous les coups de sa pensée, l’anéantissement définitif. Mais le rêve est un cauchemar : cet idéalisme surnaturel s’effondre devant l’ambiante médiocrité de nos pensées à l’égard de nos morts, y compris les bien-aimés, pour autant que nous y pensons encore.

    Le temps s’assimile à la finitude de l’homme dans ce qu’elle a de plus angoissant, d’irrévocable. Il est le couperet ultime, qui appelle une stérile tentative d’immortalité, tant pour la toile, qui renaît de ses cendres, que la déchirure n’affecte pas ou si peu, « dépositaire d’une mémoire qui n’était pas la [s]ienne », que pour Gérard Legrand qui jaillit dans des souvenirs fragmentés, parfois grotesques, souvent médiocres, selon la vision positiviste poussée à son suprême degré d’ironie. Legrand se trouve devant un miroir déformant jusqu’à l’absurde, meurtre bien plus grave que son fracassant rendez-vous avec un camion ; lui qui avait tenté de se libérer de la fusion de son mariage avec Olga en fuyant avec Belle se retrouve prisonnier du ridicule des représentations que ceux qui l’ont entouré gardent de lui.

    Le musicien avait célébré le temps. Face à Fiorine, ancienne élève devenue belle-fille, qui affirme l’importance du son en cherchant dans son jeu à retourner musicalement dans le passé, au temps du grand Bach et même avant, Legrand insiste sur l’actualisation des compositeurs d’antan, en leur faisant goûter l’évolution de la musique jusqu’à son siècle, jusqu’à la minute où il s’assoit devant le clavier offert à ses mains et à son inspiration : la musique appartient au temps.

    « Le temps, étirer le temps, cela a été ma grande passion. Non en dévot de la mesure, mais en fervent d’un dosage subtil des respirations, qui allait jusqu’à considérer la première note d’un morceau comme la fin d’un silence, le silence toujours présent ou qui devrait toujours l’être, et dans lequel l’œuvre ne cesse de disparaître. […] L’origine de la musique réside dans le temps et non dans le son, puisque le temps est structure et non une corde en boyau enduite de graisse d’oie. […] Point d’histoire, mais du présent, mais une membrane, mais du temps perçu en tant que tel, autrement dit une victoire sur celui-ci. »

    Il en est désormais la victime ; il est lui-même actualisé, selon la subjectivité étriquée de son ex-femme, de ses enfants, de quelques inconnus, à défaut de celle de son amante, si légère, si inconséquente, terriblement superficielle.

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    Willem Jan Otten, Gerichte gedichten, G.A. van Oorschot, 2011

    (recueil de poèmes, 4ème de couverture)

     

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    3. Les Fraises sauvages

     

    « Ma conscience posthume a sans conteste pris forme, selon une logique tout aussi mystérieuse que celle de notre conscience au cours de notre vie – une lente accumulation de souvenirs dont personne ne se souviendra, de souvenirs de souvenirs, et de souvenirs qui s’étiolent, se dissolvent, s’aplanissent. À cette différence près que tous proviennent de la mémoire d’autres personnes : j’existe par la grâce de traces que j’ai laissées de mon vivant. La sensation de liberté qui rend la vie un tant soit peu supportable […], cette sensation fait défaut. La liberté et même l’illusion de la liberté – auxquelles la mort, plus encore une mort comme la mienne, met fin. »

    Exister « par la grâce de traces »… Mais est-ce véritablement une « grâce » que de vivre sous la forme d’un « dos aux épaules pendantes », d’un « dos à vélo », sous celle de « narines », d’un éternuement, d’un « spectre », voire d’une « simple sensation, celle que procure du sable humide dans la paume d’une main » ? La propre mère du défunt ne se représente plus ce dernier que sous le prénom du père, mort depuis très longtemps.

    Les rares souvenirs bâtissent une ruine de désillusions ; Legrand est l’architecte de sa seconde mort. Son identité s’estompe inexorablement ; il est un chancre qui nécrose la mémoire des êtres côtoyés, mal chéris, incapables de souffrir plus longtemps ce qu’il fut réellement. Tous ? Non. Il est encoreBelle qui ne souffre pas, Belle la désirée, la tant aimée, pour qui il a tout quitté, retrouvant sa libido, sa liberté et sa créativité, Belle qu’il célèbre comme sa muse tout au long du récit, Belle l’amante d’un semestre devenue la compagne de plusieurs années, Belle la désinvolte, à la mémoire en forme de passoire, Belle qui ne souffre pas, non, qui ne ressent aucune douleur, non, pas même un déchirement, non, car Belle l’a oublié.

    « Les pensées qu’elle me consacre sont plus ténues que ne pourraient le laisser croire les années que nous avons passées ensemble. Je me demande si elle m’a jamais regardé. Dans son esprit, je me trouve le plus souvent, telle l’étoile visible dès lors qu’on regarde à côté d’elle, à l’écart d’une pensée principale sur laquelle je jette tout juste une vague lueur […] me voilà congédié d’un brusque mouvement de la tête, comme si j’étais ses longs cheveux qu’elle rejette sur ses omoplates avant de se mettre à jouer. »

    Point de seconde mort, pour n’avoir jamais eu de seconde vie : il n’a été aux yeux amusés de sa belle qu’un « homme à la courte stature ».

    Dans « Chronique d’un fils qui devient père », texte essentiellement autobiographique, Willem Jan Otten fait l’expérience intérieure du drame de sa propre disparition, jusqu’au souvenir, en contemplant son fils dans le berceau.

    « Se glisser la nuit dans sa chambre. Sa respiration. L’art de fermer sa porte sans que la clenche fasse de bruit. L’évidence de tout cela. Si je disparaissais aujourd’hui, je ne serais pas même un souvenir. Bientôt viendra le temps où je serai, quand bien même il ne me verra pas. » 

    Gérard Legrand a été. Sa vie posthume ne tient qu’à des « souvenirs élimés », « effilochures d’un tapis disparu ». Il est tout au mieux évoqué pour permettre à l’aîné de justifier sa future liaison extra-conjugale, ou à la vue d’un tableau représentant un jeune garçon qui n’est pas lui, mais son père, toile qui a vieilli, dont les couleurs ont terni, comme sa propre présence dans le cœur de ceux à qui il aurait dû être cher. Il n’est plus qu’un souvenir sans expérience commune, sans connaissance précise, sans mémoire vive.

    « Je me suis abandonné à eux, en leur laissant pour de bon le soin de faire de moi le souvenir que je suis dorénavant. Je suis le seul à me rappeler cela – je suis le seul à me connaître. »

    Justification d’un homme « incapable de s’envisager en tant que souvenir ».

    Miroir sans tain pour voyeur désormais impuissant.

    Tache sans consistance. 

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    Willem Jan Otten, De letterpiloot, G.A. van Oorschot, 1994

    (recueil d’essais, de récits et de chroniques)

     

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    4. À travers le miroir

     

    « Tout cristal nous guette. Si entre les quatre

    Murs d’une chambre se trouve un miroir,

    Je ne suis plus seul. Un autre est là, le reflet

    Que dispose dans l’aube un théâtre secret. »

    (J. L. Borges, Poème des dons)

     

    La présence de l’autre, brutalement révélée par le miroir, ouvre à un « théâtre secret » dont il n’est pas toujours facile de comprendre l’exacte portée, tant elle relève – du moins chez Jorge Luis Borges – de l’angoisse obsessionnelle, par cette frontière ténue entre représentation de soi, dédoublement de la personne, apparition d’un tiers… Nous retrouvons cette ambiguïté dans les deux romans de Willem Jan Otten, traitée sans doute avec moins de génie que par l’écrivain argentin, mais déployée dans une narration riche de sens. Il est un lien de filiation entre les deux écrivains : Borges est l’un des quatorze artistes (écrivains et cinéastes) à qui Willem Jan Otten rend hommage dans le recueil d’essais Waarom komt U ons hinderen (2006).

    Notre auteur use de l’objet-miroir, dans la longue tradition des contes, du miroir magique de Blanche-Neige au miroir du Riséd (anacyclique de « désir ») de Harry Potter, pour capturer un instant de vérité, la jouissance catégorique, l’essence de certains de ses personnages, des femmes toujours, des amantes toujours, Minke pendant l’acte sexuel avec Félix Vincent, Belle lorsqu’elle fait ses gammes après avoir couché avec Gérard Legrand qui se comprend alors comme accessoire, telle la mèche de cheveux rabattue en arrière et qui n’interfère plus, docile, avec la vitalité de la jeune artiste.

    « J’aimerais bien le consoler, lui dire qu’il convient de chercher dans le haut miroir, et non en moi, la réponse à l’énigme que constitue l’inaccessible Belle. »

    Miroir-objet, miroir sans mouvement, préfiguration évidente, un brin convenue, de l’avènement à soi-même.

    La toile fait l’expérience d’un changement profond de soi, sous les coups de pinceaux de l’artiste : le lin immaculé a été recouvert de couleurs, principalement du vert et du noir ; l’altération des accidents semble affecter jusqu’à sa substance ; la perte de la virginité reflète les scènes d’amour du peintre avec sa femme et sa maîtresse.

    Toile est devenue Peinture.

    « Comment une créature telle que moi peut-elle parvenir à se voir ? Me connaître moi-même, cela m’échappait tout autant que l’âme d’un nouveau-né échappe à ce dernier ; par moments, je prenais conscience qu’il me fallait aller jusqu’à me demander si je ou un truc de ce genre existait vraiment. Je ou moi. Ce il, ce elle, ou quel que soit le nom qu’on lui donne. Ce que peut voir en un seul regard fulgurant tout autre que nous. Notre visage. » 

    Le questionnement existentiel de ce protagoniste original est peu à peu circonscrit par le romancier à cette dissociation – éclairante mais très vite asséchante – du « je » et du « moi » qu’affectionne tant la psychanalyse. Telle est une des limites que nous percevons dans les romans de Willem Jan Otten ; l’écrivain néerlandais tend à réduire ses personnages à des attitudes finalement déchiffrables, au tout psychologique, justifiant le moindre de leurs faits et gestes. Il semble parfois obéir à cette tentation du roman contemporain de vouloir tout expliquer par la psychologie ; Gérard Legrand fait d’ailleurs écho à la démarche du romancier même, en reprochant à ses proches de ne pas l’avoir compris – « Pourquoi ne parles-tu jamais de ce qui te concerne ?,demande-t-il à son ex-femme. Pourquoi toujours parler à ma place ? » – tout en posant des jugements lapidaires sur les autres, qui relèvent de l’omniscience. La narration enferme les êtres dans des perceptions qui ne leur laissent guère d’espace de liberté. Tout semble dit sur eux ; les silences qui demeurent ne sont qu’accessoires, presque superficiels, comme contraires à la musicalité revendiquée. Le romancier n’est cependant pas tout à fait dupe : plus Legrand enferme les autres dans son prisme étriqué, plus il développe une ironie sous-jacente envers lui-même et sa présente situation. Il est toutefois une issue douloureuse et féconde, un abîme proprement ottenien : l’engendrement ; nous y reviendrons.

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreL’angoisse de la toile est ainsi celle du bébé qui relève du fameux stade du miroir décrit par Jacques Lacan. Le « je » advient à la conscience par la découverte du « moi » : le sujet émerge en cette expérience psychanalytique fondatrice. Dans un premier temps, elle ne s’est pas reconnue devant ce nouveau venu dans l’atelier, et il aura fallu que Minke, l’amante indiscrète, évoque le miroir pour que la toile découvre que le « nu couché grandeur nature » n’est autre qu’elle-même, distinct d’elle-même. Regard insoutenable sur l’autre qui est soi, « ce qui se passe là n’est pas destiné à être vu par des yeux humains, nous ne sommes pas faits pour voir ce que nous sommes », miroir de l’exactitude, d’un face à face à l’angle de vue limité, un insupportable à-l’envers qui culbute toute perception. Ainsi Félix Vincent.

    « Il refuse de se regarder comme il regarde les gens qui posent pour lui, me suis-je dit plus tard, il craint son propre regard. »

    C’est pourquoi nous quémandons, consciemment ou non, le regard extérieur, miroir déformant d’un autre qui n’est pas « nous », regard qui interpelle pour nous faire naître à nous-même. Désir enfin du regard de Dieu, Créateur, pour saisir un peu de cette existence propre qui nous déborde de toutes parts, dans l’irruption de l’instant initial – la toile –, dans l’extinction de l’ultime exhalaison charnelle – Gérard Legrand.

    « … je savais que c’était donc là mon regard, que créateuravait tenu à me capturer de la sorte : encore ignorant de ce que je voyais. Moi, il m’avait couché dans un giron du satin le plus vert, tout en se figurant des voix d’enfants sur la plage de galets la plus chaude de Crète ; moi, il m’avait rempli avec Tijn, avec le souvenir du regard détourné et du regard qui ne veut pas voir, le souvenir d’une prise de conscience alors qu’on est encore ignorant ; moi, créateur avait souhaité me capturer à l’ultime seconde de notre innocence, celle durant laquelle on lève les yeux, désireux de savoir qui nous sommes aux yeux du monde. »

    Gérard Legrand ne croit pas au Créateur, il ne l’envisage pas, contrairement à la toile, pas même dans cette vie précaire par-delà la mort.

    « Je me demande comment c’était, la vie posthume avant la mort de Dieu, avant que nous ne nous soyons désignés pour nous accorder à nous-mêmes le pardon. Si j’avais pu croire en un dieu qui juge et dans le caractère sacré de mon amour pour Olga […] aurais-je pu me donner ? »

    Du miroir de Legrand en 1984 à celui de la toile en 2004, vingt ans plus tard, il est un fossé, une plongée dans les eaux baptismales à la fin du siècle dernier, dont le romancier est sorti renouvelé : « C'est assez bizarre de se dire qu’on est ‘‘en recherche’’ parce que quelqu’un vous cherche », confie Willem Jan Otten dans un entretien. Recherche de l’autre, recherche du Tout-Autre, recherche de soi par le Tout-Autre. Legrand s’inscrit encore dans le milieu athée et très cultivé de la famille du romancier, cet « humanitarisme » si cher à la Hollande, au point que l’écrivain devenu catholique se verra durement critiqué par l’intelligentsia de son pays en raison de sa foi nouvelle. 

    Legrand est humanitariste. Durant sa vie terrestre, il n’a eu de retour sur lui-même que celui – absolu – qu’il s’est octroyé ; l’illusion s’écroule par-delà la mort. Ce Narcisse contemporain, amoureux de ses choix et de sa prétendue liberté, découvre que le « moi » n’est pas seul à déterminer qui il est. Il est certes miroir ; il en est d’autres. L’expérience est celle de la toile qui recueille un mort peint sur le vif. 

    « Le monde était plein de miroirs invisibles qui gardaient en mémoire ce qu’ils avaient reflété.

    Je suis un de ces miroirs, me suis-je même dit.

    Je garde en moi le double de quelqu’un.

    Moi, support. »

    Dans Un homme par ouï-dire, Legrand se veut le miroir des pensées et des intentions de ses proches, quand tous les personnages sont en réalité le support de Legrand ; mais un support qui ne reflète aucun corps. Lui, l’interprète tout-puissant, qui donnait corps aux compositeurs passés, se voit narquoisement dépouillé de toute matérialité.

    « Ce mot ‘‘corps’’ m’avait frappé, et à présent que je n’en ai plus, j’en discerne toute l’ironie – je me suis employé à rendre tangibles des idées, et à présent que je suis devenu une idée, tout aussi dépourvu de corps que l’inspiration avec laquelle joue l’écrivain dans l’espoir de narrer une histoire riche de sens, à présent j’aspire au moment où quelqu’un va se souvenir de moi comme corps et non comme idée. » 

    Cruauté finale d’un miroir à jamais fissuré.

    Achèvement d’un vide qui n’en finit plus de s’étendre.

    Expérience d’un engendrement imminent qui ne se fait pas. 

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    Willem Jan Otten, Eerdere gedichten, G.A. van Oorschot, 2000

    volume qui regroupe tous les poèmes publiés

    en recueils de 1971 à 1990

      

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    5. Cris et chuchotements

     

    Legrand.

    Présence sans corporéité.

    Existence vidée de toute substance. 

    « Il y a des jours où un étonnement, confinant à la mélancolie, prend le dessus. Personne alors ne m’invoque, un grand calme règne sur le front, mes proches se débattent avec d’autres personnes que moi ; dans mon vacuum sans Dieu, je m’efforce de m’imaginer que, dans les lits qui m’ont connu, si on souffre, on aime aussi, on dort, des corps y désirent – en mon absence, moi qui, au cours de ma vie, me tenais pour un nerf en boule, un épiderme, l’extrémité d’un doigt, une membrane. » 

    Il s’imaginait enveloppant les êtres qui l’entouraient, indispensable écorce protectrice ; dans son « vacuum sans Dieu », il est irrémédiablement absent de leur vie : « Aujourd’hui, nul ne se débat plus de sa propre initiative contre mon absence. » Absence sans cesse croissante, vide en constante expansion. 

    Tout était pourtant sous contrôle, dominé, maîtrisé : son influence sur Olga, la mise en place de sa double vie, la visite hebdomadaire à ses enfants, jusque sa relation passionnée avec Belle qui contrefait le don… Mélange des corps dans un désir retenu. Gestion du temps pour un musicien virtuose. 

    « La seule issue à cet écheveau de reflets, c’est le report, le silence qui ne se prolonge pas trop, la maîtrise du temps. »

    Il crut y parvenir de son vivant ; la mort le détrompe. L’apologiste du temps devient victime du silence. Il ne sait ce qui blesse le plus sa fierté : l’oubli progressif ou la déformation des souvenirs dont il est l’objet. Le musicien hésite dans l’interprétation de sa partition, comme le peintre dont le cynisme éclate rageusement à longueur de toiles parfaitement exécutées, mais dépourvues d’âme.

    « Créateur murmurait entre ses dents des paroles du genre je peins son masque mais capture son âme ; ce n’était en réalité que des mots creux car le résultat devait le laisser sur sa faim, à en être enragé. Un vide virtuose, voilà ce qu’il avait obtenu, image exacte de ce que le monde de la culture pensait de lui […]

    Encore trente comme ça et je suis libre.

    Oui, c’est bien ce que je l’entendais fredonner ces jours-là.

    Encore trente portraits.

    Je comprenais qu’il luttait, il menait un combat pour être libre. »

    Un « vide tragique » que l’artiste désabusé ne sait que décliner en nuances ; il fait face à un impératif financier qui le contraint à obéir à la commande, au mépris de ses aspirations profondes. Nécessité économique fait loi artistique. Mais le peintre ne se trouve pas ; il n’advient pas à lui-même ; et la toile reste vierge. 

    Si encore le vide pouvait se laisser circonscrire intellectuellement, se laisser appréhender artistiquement…

    Il n’en est rien.

     « Le vide, disait créateur, le vaste vide froid de cette surface gelée – il est impossible de le peindre. »

    Le vide n’a pas de corps.

    La toile attend de prendre chair ; Legrand a définitivement perdu sa matérialité.

    Décomposition systématique d’une réalité qui n’a peut-être jamais existé. 

    Un objet a parfois plus de corporéité qu’un être n’en a jamais eu : « Aujourd’hui, dit Lidewij, ce verre est bien plus la bouche de maman qu’à l’époque où sa bouche existait encore. »

    Vide.

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreLe vide est le drame dans lequel s’enferrent Félix Vincent et Gérard Legrand, cette part obscure apparentée à la mort, mort artistique et mort par-delà la mort. Willem Jan Otten donne une existence propre à ce vide, dans la lignée de Blaise Pascal qu’il affectionne particulièrement, en le plaçant en balance avec la vie, sans que nous sachions pour le moment en quoi celle-ci consiste : « Ne pas peindre sur le vif, c’est peindre sur le néant. »La mort sur le vif… expression antithétique, énigme vertigineuse que le peintre s’efforce de résoudre en se proposant de donner vie à ce qui n’est plus, à ce qui n’est pas encore.

    Les discours du commanditaire, l’ambigu Valéry Specht, font revivre celui qui est mort, ce fils, Singer, au prénom si troublant pour le lecteur francophone. Car il s’agit bien de singer le néant, en le recouvrant de nudité pour offrir une chimérique présence, indispensable à l’artiste : le nu masque le vide et produit un regard en retour pour le peintre. L’acte créatif devient combat contre le vide qui habite l’artiste, pour que ce dernier soit enfin soi, pour que la toile soit enfin peinture, pour que Singer retrouve enfin son souffle vital – triple enfantement.

    « Il était tout regard, non seulement par rapport à ce qu’il faisait, mais aussi et surtout par rapport au néant, je ne trouve pas de meilleur mot, j’estimais qu’il fixait très souvent le néant, d’un regard vide, pour ne pas dire mort… » 

    Le vide s’estompe, il est comme suspendu définitivement : Créateur s’est donné l’être, il a triomphé de la mort, il est maître de la vie. Mais il suffit d’une parole, dans la trompeuse sueur des chairs mêlées, d’une lettre, au lendemain d’un orgasme avorté, pour que le vide réapparaisse, victorieux.

    « Quand il eut terminé la lecture de la lettre, il resta de longues minutes à fixer le vide devant lui, le vide, c’est-à-dire plus ou moins le papier ploc. Sans rien voir, sans faire le moindre mouvement, à croire qu’il s’était même arrêté de respirer. »

    Vide primordial que créateur a essayé de combler, comme Gérard Legrand, pour faire reculer sa propre mort : « Être disparus, ils en sont incapables », constate la toile, « incapables » d’envisager leur disparition. Willem Jan Otten, avant de croire dans la vie béatifique en Dieu, avait tragiquement envisagé – nous l’avons déjà souligné – la possibilité positiviste d’une existence posthume par l’acte du souvenir, sans illusion. La survie de Legrand dans les mémoires varie selon le degré de peine ou de colère éprouvée, jamais selon l’amour. Son accident mortel achève le processus : « j’étais bien plus la mort et l’effroi qu’inspire notre finitude, que Legrand », reconnaît-il. Le repas qui commémore sa disparition souligne l’ambiguïté de sa place dans la famille, lui si présent dans les non-dits, si absent des consciences.

    « Je fais office de sous-titres, le sujet que l’on n’aborde pas […] Dans toutes ces têtes, je suis apparu un jour pour la première fois, y compris dans celle de Klara qui ne me connaît que par ouï-dire. »

    Si Klara est la seule à n’avoir jamais rencontré Gérard, son beau-père, la méconnaissance de l’homme qu’il fut est générale, comme en témoigne l’intitulé du roman, Un homme par ouï-dire, traduction fidèle du titre original néerlandais, soit que ce dernier épouse la vision du narrateur qui affirme être le seul à se connaître, soit que le vide laissé par sa fuite avec Belle en fait un inconnu pour ceux dont il avait la responsabilité, soit que Legrand s’est révélé incapable jusqu’au bout de se donner à un autre : « Je ne sais pas qui est l’homme qui me manque », exprime Franck, son fils cadet ; à moins que ce ne soit un constat de Willem Jan Otten sur l’impossibilité fondamentale de toute connaissance sur l’homme. 

    Le vide auquel se confronte Félix Vincent dans La mort sur le vif n’est pas le même que celui qui pénètre chaque relation dans la famille du pianiste. Le père d’Olga « demeure un homme par ouï-dire, un vide, que personne, pas même moi [le narrateur], n’est parvenu à combler » ; Gérard Legrand lui-même s’est tourné vers Olga parce qu’elle « représentait l’atténuation d’un vide, l’évacuation d’une époque », vide en partie provoqué par la mort prématurée de son propre père. Et puis il y a cette dernière disparition, celle du narrateur, père fuyant, père absent, père définitivement mort. 

    « Je sais ce qu’est l’immobilité d’un père mort, la boîte noire qu’il devient dans la tête de son fils, l’arche vide qu’il faut à ce dernier coltiner encore et toujours. Depuis, je suis devenu moi-même un tel vide monolithique dans la tête de mes fils. »

    La destruction provoquée par le départ puis la mort de Gérard Legrand trouve écho dans la famille : Franck et sa peur, Klara et son combat pour donner la vie, Johannes et sa probable infidélité, Olga et sa culpabilité compensatoire…

    « Il lui a demandé si je laissais quelqu’un. ‘‘Personne. Personne en réalité. Il était seul.’’ »

    Il n’est pas de père dans ce court roman ; le vide l’a emporté. Félix Vincent avait peint sur le vif : Singer est mort il y a longtemps ; pire, comme dans le rêve de Lidewij, la femme du portraitiste, « depuis le début, il était mort ». Félix s’est menti. Suit l’inéluctable destruction… et la véritable paternité. Voici le dénouement. 

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    Willem Jan Otten, Waarom komt U ons hinderen, G.A. van Oorschot, 2006 (éd. 2010) (recueil d’essais sur saint Augustin, Jorge Louis Borges, Robert Bresson, G.K. Chesterton, F. Dostoïevski, Tonke Dragt, Shūsaku Endo, René Girard, C.S. Lewis, Czesław Miłosz, Blaise Pascal, Gerard Reve, Andreï Tarkovski, Joost van den Vondel)

     

    *

    *     *

     

    6. Vers la joie

     

    1983-1984 

    Il n’est pas de thématique plus déployée dans l’œuvre de Willem Jan Otten, du moins dans les rares écrits traduits en français, que celle de la paternité douloureuse, espérée, impossible, toujours dramatique parce que vécue jusque dans l’abandon : Gérard Legrand quitte Olga et ses deux enfants pour Belle ; Félix Vincent profite que Lidewij soit à la maternité pour s’offrir un fiasco nocturne avec Minke. Si le sujet pourrait sembler éculé tant il a suscité d’écrits au fil des siècles, de Sophocle à Wajdi Mouawad, il trouve dans l’œuvre de l’écrivain néerlandais une force particulière, une résonance perpétuellement en mouvement. Le drame de la paternité se joue différemment d’un livre à l’autre, à mesure que l’auteur en fait personnellement l’expérience.

    Car nul besoin de procéder à l’évidente psychanalyse de l’auteur. Dans sa « Chronique d’un fils qui devient père », il raconte le drame vécu en 1958 par sa mère, son frère et lui, alors âgé de six ans. Incarnant un milieu cultivé athée et musiciens aguerris, Marijke Ferguson et Kees Otten formaient un couple apparemment uni, jusqu’à ce que, la famille étant partie camper, lui s’empare de nuit d’un vélo et disparaisse, pour une autre femme, de leur vie quotidienne. Cette femme est-elle une étudiante de son père, comme la Belle de Gérard Legrand ? Qu’importe. L’histoire réelle rencontre la fiction dans ce premier roman de Willem Jan Otten, écrit près de vingt-cinq ans après le drame, publié en langue française cette année.

    Un an avant la publication d’Un homme par ouï-dire, en 1984, Willem Jan Otten avait fait paraître une pièce de théâtre – non traduite en notre langue – intitulée Een sneeuw (« Une neige »), qui est aujourd’hui encore l’une des plus jouées aux Pays-Bas. Au cœur de ce drame, une famille s’apprête à célébrer l’anniversaire – probablement le dernier – de Panda, un homme incapable de parler, à la manière de ces héros antiques, et ne pouvant s’exprimer que par écrit. Mais en fait d’expression, c’est une lancinante obsession qui revient : il ne veut être un poids pour personne. À force de le faire comprendre, il devient une charge insoutenable pour les autres qui ne savent manifester leur affection devant cet aïeul imposant et définitivement muet, qui ne peut plus témoigner verbalement de son amour, ni exprimer correctement sa souffrance, ni demander pardon. Homme déchu, lointain, tenté par une improbable fuite vers l’au-delà. Homme monolithique que nul ne sait affronter simplement, parce qu’il n’est même pas le père des enfants, parce qu’il n’est que le compagnon de leur mère, parce qu’il est à la fois cet étranger et ce très-proche. Un homme sans paternité tangible. En regard de cette figure, il en est une autre, celle d’un petit-fils de la famille qui s’apprête à devenir père, alors que les générations précédentes se débattent toujours avec un écrasant passé ; la confrontation familiale le renvoie à lui-même, à sa propre paternité à venir qu’il redoute d’assumer, de même que les responsabilités qui y sont liées et qui mettent en péril sa précieuse liberté.

    Devant la figure du père, Willem Jan Otten hésite, balbutie, tremble ; son œuvre littéraire porte les stigmates de cette blessure d’amour vécue dans l’enfance. Qu’est-ce qu’un père ? Comme Franck, fils cadet du héros et reflet de l’auteur, il ne saurait le dire : « Il n’a à sa disposition aucun souvenir le rattachant à un père. » Franck se souvient de Gérard Legrand ; il ne se rappelle plus son père. Une autre fois, celui-ci traverse fugitivement son esprit : « Franck m’a invoqué et je suis apparu sous la forme d’un spectre, père de sa panique. » La seule paternité reconnue est celle de la part obscure de son être.

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreSi l’aîné Johannes pose la question de la fidélité dans le couple, Franck pose celle, plus cruciale, de la paternité ; double faute de leur père disparu un matin. Ils sont les victimes d’un homme qui a désiré la liberté à leurs dépens. Ils ont perdu leur éphémère innocence, ils ont quitté bien tôt l’enfance, comme une bulle de savon qui éclate, mais sans jamais trouver leurs certitudes d’adulte. Ils avancent clopin-clopant à côté de leur propre vie, en évitant de penser à cette présence tapie dans l’ombre de leur passé, présence à jamais silencieuse, désespérément enfermée en un mutisme mortel.

    Johannes lutte inconsciemment avec son père pour le rétablir dans sa dignité, afin de justifier sa propre infidélité à venir – contagieuse destruction. Franck lutte douloureusement pour accueillir la paternité de son géniteur, afin de répondre à la demande de sa femme Klara d’avoir un enfant ensemble – laborieuse reconquête.

    « Après quelques années de mariage au cours desquelles votre conjoint congédie obstinément son père d’un haussement d’épaules, il n’est sûrement pas extravagant d’envisager que ce dernier est à l’origine de vos malheurs. Moins encore quand votre mari place les histoires qu’il rapporte à son sujet sous le signe du hasard. Car c’est sous ce jour que Franck parle de moi : à croire que j’ai été une erreur, commise un jour par sa mère. 

    Dans mes moments les plus moroses, je le vois, jeune père mis de façon inopinée, à cause de la moitié de bébé désirée, devant la nécessité de m’accorder la place qui me revient – non celle d’erreur, mais celle de géniteur. »

    Pour avoir eu deux enfants avec Olga, Gérard Legrand refuse d’en avoir un autre avec sa nouvelle compagne ; elle rompt et se met en couple avec un gentil garçon, capable d’être père, mais dont la décrépitude est déjà imminente, si bien que leur fille se prend à rêver à ce père inconnu dont elle a lu la correspondance avec sa mère. Voici Legrand, ce démissionnaire de la paternité réelle, devenu père fictif d’une petite fille en mal de romantisme. Comble de l’ironie déployée par l’écrivain !

    Franck ne refuse pas a priori ; il est cette moitié de désir manquant, incapable d’envisager l’engendrement comme un acte d’amour allant de soi, au grand dam de Klara, la seule à n’avoir pas connu son beau-père et à en mesurer certaines conséquences, non sans frustrations.

    « Refuse-t-il donc de voir […] que cet homme a laissé un sillage de décombres dans la vie de ses proches, y compris dans la sienne, lui, le cadet ? ‘‘Vous êtes incapables de prendre un engagement !’’ aurait-elle aimé crier. Elle nous voit comme un tout, une horde de loups autour du traîneau de son existence sans enfants. »

    Échec de la paternité.

    Une corde tendue que nul n’ose effleurer de peur qu’elle ne relâche sa plainte.

    Pas même une tentative de distiller une espérance, alors que la duperie a définitivement éclaté dans les dernières pages.

    « Personne. Personne en réalité. Il était seul. »

    Terrible sentence qui s’applique à chacun des personnages de ce court roman.

    Solitude d’Olga, trompée impunément, jusqu’à ne plus pouvoir réinterpréter les faits à sa rassurante convenance.

    Solitude de Johannes enferré dans son illusion d’une possible reconstruction.

    Solitude de Franck que l’irruption d’un fragment inconscient soulage mais dont le bras négligemment posé sur le corps endormi de Klara ne trompe pas.

    Seuls. Définitivement.

    Car l’engendrement n’a pas lieu. 

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    Willem Jan Otten, Een sneeuw en meer toneel, G.A. van Oorschot, 2006 (volume qui regroupe les 5 pièces de théâtre de W.J. Otten, présentées par l’auteur)

      

    *

     

    1983-1994 

    La parution de Een sneeuw et d’Un homme par ouï-dire coïncide avec la première version d’un texte autobiographique, diffusé à la radio allemande en 1983 mais publié dix années plus tard dans la langue originale : « Chronique d’un fils qui devient père ». Dix années durant lesquelles Willem Jan Otten ne cesse de garder ouverte la porte. Il est devenu père à la fin des années soixante-dix ; la vie réelle demeure son véritable chemin d’apprentissage.

    Il s’attendait à un bouleversement ; il est déçu à trop se regarder. Sa réflexivité l’empêche encore de vivre ce moment où il devient père. Toutes les conditions de vie ont changé, pas lui, pas intimement, pas autant qu’il se l’imaginait. À la différence de Franck, il a pourtant dit « oui ». Premier pardon ? Simple acceptation.

    « On n’engendre pas sans concertation – c’est dans l’ordre des choses quand on est soi-même un enfant du planning familial. Plus rien ne va de soi, tout est politique. Désirer un enfant, c’est se prononcer sur le monde. Si j’ai un enfant, c’est que, d’une certaine façon, j’ai dit : j’adhère à ce monde. »

    De 1983 à 1994…

    Dix années hantées par le sixième mystère douloureux, proprement ottenien.

    Celui de l’enfantement au-delà de la souffrance.

    Celui d’une fécondité formulée du bout des lèvres, en bordure de cœur.

    Parce qu’il a un fils, il retrouve son propre père, ce père absent, ce père parti avec une autre, ce père qui l’a abandonné. Une similitude pourtant.

    « Alors qu’il vient voir le bébé et la maman, mon père se sent plus proche de moi que jamais, il me semble – comme si ma paternité me faisait redevenir membre de sa famille. J’ai exactement l’âge qu’il avait lorsqu’il m’a eu. Peut-être est-on même en droit de parler de seconde naissance, et peut-être revit-il à travers ma paternité toute fraîche la sienne – retrouve-t-il une sensation qu’il a dû bannir après qu’il eut disparu du Limbourg.

    Quelle sensation ? Ça ressemble à quoi, la paternité ? »

    Du fait de la paternité de son fils, Kees Otten – à qui est dédié La mort sur le vif – retrouve un peu de la sienne, oubliée, enfouie. La question est posée : « Ça ressemble à quoi, la paternité ? », mais demeure en suspens. Willem Jan Otten reprend son récit : la réponse ne peut être théorique. Elle réside dans ce bout de chair palpitante, immensément autre que lui-même, vertige incommensurable.

    Ce père, cet inconnu…

    Ce fils, cet inconnu…

    La paternité, cette inconnue…

    À s’y perdre soi-même.

    « J’ai levé les yeux le long de l’érable – le soleil couchant faisait tomber une lumière rouge orangé sur son tronc –, tel un homme qui regarde sous les jupes d’une femme, les branches frémissaient à peine et je me suis senti un accident, un étranger, tout me semblait relever d’un état incident, l’arbre, le soleil, le bébé, moi-même. […]

    Je ne peux l’appréhender comme une chose naturelle, la paternité, pas quand mon père nous rend visite. Cela me chiffonne ; je n’entends pas dénier à mon père sa paternité, après tout il était mon père quand j’avais moi-même l’âge que mon fils a aujourd’hui. »

    Puis l’enfant a pleuré.

    Quelques kilogrammes soulevés par des spasmes soudains.

    Puis l’adulte a compris.

    Il est père.

    « J’ai réalisé que je m’étais senti plus livré à lui que je ne m’étais laissé pénétrer par sa vulnérabilité. Ce que j’avais qualifié de ‘‘paternité’’, c’était un bouillon de culture. À force de me représenter avec la plus grande compassion possible ce qu’il signifiait pour moi, et de considérer les changements dans mon rythme quotidien comme autant de phénomènes, je m’étais persuadé que c’était moi, et non lui, qui étais mis en scène par sa naissance. » 

    Identité du père qui ne tient que par la présence d’un autre, d’un tout petit, d’un vulnérable, d’un presque rien sur l’échelle de la conscience humaine, mais qui déjà existe, depuis sa conception dans les entrailles maternelles, depuis son éclosion à la lumière du soleil, depuis cette explosion instantanée de larmes. La paternité jaillit avec l’enfant. Autocentré, il n’avait perçu que l’accomplissement du père ; il devine désormais la réalisation du fils.

    « La lune de miel, c’est fini. Le temps est venu de reconnaître que c’est moi qui l’ai fait et non l’inverse. […] J’ai récupéré mes oreilles. J’ai arrêté d’écouter avec les siennes. Je suis, cela ne fait aucun doute, initié. Je reconnais son existence. Il est là, y compris quand je ne le ‘‘pense’’ pas. »

    Il n’y pas que l’enfant qui porte le père ; il fallait encore comprendre que le père porte également l’enfant.

    Le consentement à la paternité s’inscrit dans la relation. 

    Otten-Droomportaal.png

    Willem Jan Otten, Droomportaal, G.A. van Oorschot, 2014

    (recueil d’essais dont dix sur le cinéma)

       

    *

     2004

    Relation.

    Il n’est pas de paternité réelle sans relation vivante. 

    Valéry Specht s’y est essayé : il a acheté un esclave qu’il aime éperdument, qu’il s’échine jusque dans sa déchéance physique et morale à appeler son enfant.

    « Peins mon fils. Donne-lui vie. Oublie sa mort. […]

    Ce que je te demande, Félix, c’est Singer. Mon enfant. »

    Il s’imagine des engendrements fictifs : le faire naître sur une toile est l’ultime opportunité.

    Après, ce ne sera plus possible.

    Après, il sera mort. 

    « Quand mon fils sera-t-il prêt ? »

    Specht – patronyme qui signifie littéralement « pic vert » – est cet oiseau qui creuse son nid dans les arbres morts, souvent en décomposition, pour y élever sa progéniture. 

    Specht engendre dans un tronc mort.

    Engendrement inavoué parce qu’insupportable.

    Procréation illusoire et malsaine.

    Trame cachée de ce roman dont le titre original est Specht en zoon, « Specht et fils ».

    Il n’est pas de fils.

    Il ne saurait y avoir de père.

    Mais Félix Vincent fait semblant d’y croire. Il peint, peint, peint… Il est créateur. Il y a toutefois ce sexe, cet organe vital par quoi la vie jaillit ; il faut le reproduire. Mais ce ne peut être celui d’un mort. Car Singer est mort, ne nous mentons pas, même si nous faisons tout pour l’oublier… oubli dans l’inconscient qui ne trompe pas au moment de représenter l’origine masculine du monde. Le peintre fait alors acte de mémoire, acte thérapeutique pour accueillir enfin une honte passée : cet ami, Tijn, qui lui avait montré son sexe raccourci et son désir. Mais il avait fui, honteux. Il peint ce sexe entrevu il y a longtemps ; il répare l’amitié avortée. Enfin, l’œuvre est achevée ; la compagne du peintre peut poser son regard sur celui qu’elle appelle le « nouveau-né ».

    « Ainsi, elle m’observait, Lidewij, c’est-à-dire : elle observait celui qui était né sur moi au cours des semaines écoulées, celui-là même qui, enfin contemplé, levait – c’est ce que je ressentais – les yeux et la voyait. […] il y avait pour la première fois, voulais-je croire, quelqu’un qui me regardait vraiment dans les yeux. »

    « Me »… Qui ? La toile devenue peinture, Singer ressuscité, Tijn réhabilité… Autant de visages éphémères, autant de vaines prétentions. L’art – qui transpire des écrits de Willem Jan Otten – n’est pas la vie.

    La toile le sait ; elle le sent.

    « Étrange, la brièveté de cet échange de regards. Avais-je escompté qu’elle s’abîmât dans le mien à l’instar d’une amante, d’une jeune maman dans celui de son enfant ? En fait, c’était comme s’il n’y avait pas eu d’échange du tout. »

    Nouveau-né sans identité… L’art – la peinture, la musique – n’est pas la vie. Félix et Lidewij quittent aussitôt l’atelier pour l’alcôve. Sept mois plus tard, Lidewij vit ses premières contractions, avec deux mois d’avance.

    Au même moment, sept mois plus tard, Félix Vincent vit le désir d’une nuit avec une autre, l’ambitieuse Minke. Il n’est pas encore du côté de l’accueil de ce fils à venir, puisque c’est la mort qui advient, par une révélation destructrice. La supercherie démasquée, Félix Vincent n’achève pas son œuvre ; il ne signe pas celui qu’il avait pensé mettre au monde en vue de satisfaire le vœu de son commanditaire.

    « Une pensée et une seule, mince comme du papier à cigarette, m’a traversé : Il ne m’a même pas signé. Et je me suis transformé, si, si, en une gerbe d’étincelles, ce que je me suis dûment représenté alors que je sentais la peinture fondre et que je vis, créateur, tête en bas, me fixer à peine quelques secondes, avant de faire demi-tour. »

    Le lendemain, il apprend que s’annonce l’accouchement prématuré – sa femme le veut à ses côtés.

    Le lendemain, il se résigne à un avortement désespéré – il prend seul la décision de tout brûler.

    L’art n’est pas la vie ; il ne sait que la singer.

    Peindre Singer, oui, il le pouvait, mais pas le faire vivre. 

    L’enfantement est double relation entre un homme et une femme, entre des parents et un enfant. 

    « Stijn.

    Stijn ?

    Il vit et il s’appelle Stijn. »

    Stijn = Singer + Tijn.

    Singer vit et il s’appelle Stijn. Enfantement du même et non du même. Car le Singer dont il est question, ce n’est pas cet adolescent noir vautré dans sa déchéance interminable ; il est le fils par excellence, non plus rêvé, mais de chair et d’os. Il n’est dès lors pas étonnant que l’écrivain néerlandais ait choisi comme narrateur, dans la version initiale, un enfant à naître, avant de renoncer lorsqu’a été publié Le Tant attendu d’Abdelkader Benali, roman qui recourt à ce procédé. 

    L’engendrement seul est capable d’étreindre un peu du mystère de l’être ; telle est la différence irréfragable entre Minke Dupuis et Lidewij Longleg, Valéry Specht et Félix Vincent, Franck Legrand et Willem Jan Otten. 

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    Willem Jan Otten, Een sneeuw & Een man van horen zeggen, G.A. van Oorschot, 2014 (réédition conjointe de la pièce Une neige et du court roman Un homme par ouï-dire)    

     

    *

     

    2014

    Engendrer l’autre pour naître à soi… Mystère de l’existence donnée pour accueillir l’existence déjà reçue d’un autre. Devenir père pour accueillir son père. Transmission sans fin qui s’origine dans le Père, rencontré par l’écrivain néerlandais dans les années quatre-vingt-dix, après l’avoir cherché, après avoir été cherché.

    Le Père, protagoniste occupant progressivement le devant de la scène dans les derniers recueils de Willem Jan Otten, toujours en attente de traduction…

    Ce Père, l’ « engendreur » éternel d’une création à jamais portée dans le Fils éternel…

    Le Père, ce U mystérieux, un vouvoiement apparent qui ne se laisse pas saisir dans une approche mondaine…

    Ce Père, un U à la nudité frappante pour s’être livré à nous sans pudeur…

    Ce U jailli d’en haut pour toucher la ligne invisible des hommes, cette invisible droite sur lesquels les mots courbesse posent, pour remonter aussitôt vers ce lieu espéré auquel il appartientde toujours à toujours…

    Majesté d’une lettre exprimant l’incommunicable, désignant l’indicible, contenant l’incompressible…

    U

    Inégalé.

    Inégalable.

    Infini d’une paternité qui n’en finit plus de nous faire advenir à l’existence. 

    Otten18.png

    Willem Jan Otten, Specht en zoon, G.A. van Oorschot, 2004

    (roman traduit sous le titre La Mort sur le vif)

      

    *

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    7. Sonate d’automne

     

    « On peut considérer tous les livres d’Otten comme une seule et même quête de l’homme en tant qu’énigme, mais l’explication que l’écrivain cherche n’est pas celle du scientifique. Il n’aspire pas à un dévoilement du mystère qui résoudrait tout. Quiconque entend pénétrer les ténèbres ne doit pas, selon l’auteur, exposer celles-ci à la lumière vive d’un concept univoque sous peine de les voir disparaître. Comprendre, c’est respecter l’énigmatique. »

    L’analyse de Bart Vervaeck, professeur de littérature de langue néerlandaise à la Vrije Universiteit Brussel, m’a d’abord semblé, par certains aspects, abusive – pour autant que les rares œuvres traduites en français le laissent deviner.

    1984 - Un homme par ouï-dire.

    1983-1994 - Chronique d’un fils qui devient père.

    2004 - La mort sur le vif.

    Échantillons français trop ténus mais néanmoins bien répartis sur la durée.

    J’ai pu reprocher à l’auteur sa tendanceà circonscrire ses personnages dans une certaine conception psychologique totalitaire ; c’est surtout frappant dans Un homme par ouï-dire, en raison du point de départ de la narration : Gérard Legrand a accès à la pensée des êtres qui l’invoquent, jusqu’à connaître les méandres intérieurs de toutes les affaires qui le concernent. Cette omniscience se traduit par des jugements sans appel, presque absolus ; seule l’ironie permet de maintenir une distance bienfaisante. Le lecteur se sent parfois pris à l’étroit dans ce récit qui n’ouvre sur rien d’autre que le dévoilement de mensonges successifs, jusqu’à la transparence ultime qui est un rejet total – et le comble de l’autodérision pour le narrateur – vers une solitude vidée de tout.

    À mesure que Willem Jan Otten fait l’expérience de la paternité, il ouvre son récit au mystère. L’énigmatique ottenien est fortement lié au vertige de la paternité, à cet autre né de soi et qui n’est pas soi. Le vide n’a plus le dernier mot : un bout de chair prolonge un autre bout de chair. Willem Jan Otten n’explique effectivement rien de manière scientifique ; il est le phénoménologue de l’événement « génération », qu’il appréhende pas à pas, en même temps que sa propre progéniture grandit, au fil des romans, des pièces de théâtre et des poèmes qui jaillissent de son esprit inspiré. 

    Il n’est pas de paternité réelle sans relation vivante. Celle du père à l’enfant commence, dans l’œuvre de Willem Jan Otten, par un apprivoisement réciproque, une reconnaissance mutuelle de l’énigme qu’est l’autre, pour conduire finalement à une communion balbutiante devant le mystère de toute existence. Ainsi son beau poème intitulé « BW-PLO », l’un des rares traduits en français, paru dans Deshima

     

    Nous sommes arrivés

    un bois dégoulinant de pluie traversé

    au petit lac.

    Impression de voir une endormie qui ouvre les yeux

    nous connaît.

    Tu étais assis devant moi.

    J’ai posé la main

    sur la noix de coco chaude de ton crâne.

    La lumière regardait tout au fond de tes yeux.

    J’ai dit : ça, c’est de l’eau.

    De-l’eau.

    De-l’eau.

    De-l’eau, une fois de plus.

    Toi, tu as dit : bw-plo.

    Et l’as répété.

    Pour sûr, mon petit fiston,

    c’est la même chose que nous ne comprenions pas.

      

    Pierre Monastier

    Septembre 2014

     

     

    Otten15.png 

    Willem Jan Otten, The Portrait, traduction anglaise du roman Specht en zoon par David Colmer, Scribe, 2009

     

     

    Œuvres de Willem Jan Otten citées dans l’article

     

    Chro, hors-série n° 1, sept-oct 2014    

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreEen man van horen zeggen (1984) traduit par Daniel Cunin sous le titre Un homme par ouï-dire, Montréal/Paris,  Les Allusifs, 2014.

    Specht en zoon (2004), traduit par Daniel Cunin sous le titre La Mort sur le vif, Paris, Gallimard, 2007.

    « Chronique dun fils qui devient père » et le poème « BW-PLO », trad. Daniel Cunin, revue Deshima, Strasbourg, no 3, 2009, pp. 433-449 et 450.

     

    Autre texte cité

    Bart VERVAECK, « Respecter l’énigmatique : l’œuvre de Willem Jan Otten », paru dans Septentrion, 2007, n°1, p. 25-31.

     

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtreToutes les œuvres de Willem Jan Otten sont publiées à Amsterdam aux éditions G.A. van Oorschot. Plusieurs ont été traduites dans différentes langues, dont les romans De wijde blik (1992) et Ons mankeert niets (1999) en allemand. Quelques-uns de ses poèmes paraîtront en traduction française dans le prochain numéro d'Inuits dans la jungle.

     

     

    Couvertures reproduites sous forme de vignettes

    W. J. Otten, Ons mankeert niets, 1999 (roman, édition de poche Rainbow Pocketsboek n° 428).

    willem jan otten,pays-bas,romans,littérature,les allusifs,gallimard,théâtre
    W. J. Otten, Gerichte gedichten, G.A. van Oorschot, 2011 (recueil de poèmes). 

    Frans Berkelmans, In ons lezen uitgebroed. Leeswijzer voor de bundel Eindaugustuswind door Willem Jan Otten, Abdij van Egmond, 2014 [Benedictijns Tijdschrift, 75 (2014) aflevering 1-2] (lecture, par un moine, de chaque poème du recueil Eindaugustuswind, 1998).

    Johan Goud (réd.), Het leven volgens Willem Jan Otten. Redenen van het hart, Klement, 2013 (recueil d’essais consacrés à l’œuvre de W.J. Otten).

    W. J. Otten, Der weite Blick, Rezidenz Verlag, 1995 (traduction allemande par Annegret Böttner du roman De wijde blik).

     

    Sean James Rose, « Farce funèbre », Livres Hebdo,  13 juin 2014

     

     



     

  • Aux royaumes de Slauerhoff

     

     

    Le texte qui suit a paru

    en guise de postface au Royaume interdit

    (Belval, Circé, 2009, p. 177-185),

    traduction française du roman

    Het verboden rijk (1932)

    de J. Slauerhoff.

     

     

    Aux royaumes de Slauerhoff

     


    Slau5.pngFévrier 1927. Sur le Tjimanoek, bâtiment qui assure la liaison entre Java, la Chine et le Japon, le médecin de bord assiste Mme Cameiros da Silva qui accouche. Il a les plus grandes peines du monde à extraire le fœtus, mort dans le ventre de la mère. Celle-ci va tout de même survivre. Quelque mois plus tard, en juin, lors de son second séjour à Macao, ce même méde- cin rend visite aux époux Da Silva ; le mari, pour remercier le praticien néerlandais d’avoir sauvé sa femme, lui offre une édition des Os Lusíadas. Cinq ans après, dans les premiers numéros de Forum, revue cofondée par Eddy du Perron, voit le jour aux Pays-Bas le roman Le Royaume interdit dans lequel tant la ville de Macao que la vie en mer et l’auteur des Lusiades occupent une place primordiale.

    slau26.pngL’idée initiale de ce roman, le polyglotte Jan Jacob Slauerhoff (1898-1936) n’a pas attendu de lire (ou relire) Camões pour l’avoir. Entre septembre 1925 et septembre 1927, profitant de ce que les bateaux sur lesquels il servait mouil- laient dans différents ports chinois ou encore à Hong-Kong et Macao – à 4 heures de distance l’une de l’autre à l’époque –, il a rassemblé des éléments qui lui serviront à composer une part essentielle de son œuvre, les poèmes, nouvelles et romans « chinois ». Ainsi, dès 1928, Macao devient le titre de l’un des cycles du recueil Oost-Azië. Certains poèmes de la plaquette française, Fleurs de marécage (1929), évoquent eux aussi, non sans nostalgie, cette ville singulière au glorieux passé, en partie éteinte, que l’écrivain préférait à la moderne Hong-Kong. En feuilletant le journal que Slauerhoff a laissé, les notes qu’il a prises au cours de différents voyages, sa correspondance ou encore des esquisses de nouvelles dont certaines remontent au tout début 1927, on relève maints passages qui figurent, sous une forme plus ou moins retravaillée, dans Le Royaume interdit. Par exemple, des éléments autobiographiques sur la traversée de Hong-Kong à Macao resurgissent dans l’évocation du radio de bord, personnage sans nom, qui embarque alors qu’il est hanté par l’esprit de Camões. Il est probable toutefois que l’édition des Os Lusíadas ait aidé Slauerhoff à préciser la place à donner au poète portugais dans son histoire.

     

    Slau16.pngEn plus d’être un roman sur l’éternelle errance – c’est là, disons-le d’emblée, le thème central de toutes les œuvres de celui qu’on a pu baptiser « la catastrophe errante », ce médecin incapable de se fixer sur le continent, cet amant tou- jours en chemin vers une autre femme, vers la même femme, à l’image du marin de la nouvelle « Larrios » du recueil Écume et cendre (1930) –, Le Royaume interdit présente la singularité de déboussoler le lecteur qui se trouve dans l’impossibilité de ranger le roman dans une catégorie précise, en raison des variations permanentes de perspective qu’il offre au plan narratif comme au plan temporel et de la dimension onirique et démoniaque de nombre de ses pages. Quiconque croit, au bout de quelques-unes d’entre elles, avoir ouvert un roman d’aventures risque de rester à quai ; de même, on est loin du roman historique, du roman psychologique, voire du roman exotique pourtant prisé à l’époque. Qui est qui ? Qui parle ? Qui écrit au juste ? Comment le grand poète portugais, banni de son pays au XVIe siècle, peut-il revenir au XXe pour tenter de se glisser dans le corps d’un banni plus ou moins volontaire ? Quel est le rapport entre ce Camões désabusé, qui a laissé des mots et des vers qui ont fait le tour du monde, et le radio de bord qui envoie pour sa part des mots codés dans les airs ? Comment expliquer tous les parallèles entre ces deux existences que séparent plusieurs siècles, l’origine sociale, la langue maternelle… ? Parallèles qui par endroits rapprochent les deux solitaires misanthropiques au point de les confondre – métempsychose ? –, par exemple dans la scène ou le radio de bord se retrouve devant la célèbre église São Paulo de Macao, dont ne se dresse plus que la façade :

    slau11.pngVitraux élevés, porte fermée ; il fit un petit tas de pierres, se hissa sur le rebord d’une des fenêtres, se pencha et vit que derrière cette façade l’église était dévastée ; il regarda le vide pavé de pierres tombales. Des vautours se tenaient sur les vestiges de bancs. Il se laissa tomber, les oiseaux s’envolèrent, l’un d’eux passa tout près de lui, il trébucha sur un bloc de pierre puis s’étala dans une stalle vermoulue. Empêtré dans une masse de bois mou, il se débattit, la vermoulure lui bouchait les yeux et le nez. Étouffant, il parvint tout de même à se remettre sur ses jambes. Entre-temps, l’église s’était relevée, elle était pleine de silhouettes qui allaient et venaient, la plupart montaient sur des bancs entassés sous les fenêtres et, par ces ouvertures, déchargeaient de lourds mousquets. Devant l’une d’elles, un vieux moine était en train d’actionner un canon. Par intermittence, une balle sifflait dans l’église. Il se tenait près de l’autel. Un homme en bel uniforme, mais le crâne orné d’une couronne de cheveux argentés, lui remit, au nom de Dieu, un lourd fusil. Il gagna une fenêtre, laissa ses doigts aller et venir sur le canon et la platine rouillés. Des balles étaient posées sur le rebord de la fenêtre. Il regarda en contrebas le versant de la colline : des silhouettes tentaient de gagner l’endroit où était édifiée l’église, et il en tombait sans cesse ; il se mit à tirer machinalement dans le tas. Son épaule encaissait le recul de l’arme, mais il n’entendait pas les coups partir ; après quelques secondes, il voyait une flamme vaciller sur son lourd mousquet.

    Slau3.pngLa façon dont Slauerhoff traite la fondation de la ville de Macao et le destin des différents personnages – outre les deux protagonistes, deux belles femmes, des officiers, des ecclésiastiques, le roi du Portugal… – ont amené certains commentateurs, bien des années après la publication, à regarder Le Royaume interdit sous un nouveau jour : ils ont renoncé à affubler l’écrivain-médecin et son œuvre de l’étiquette « (néo)-romantique ». En s’écartant des modes narratifs habituels, en mettant l’accent sur une tentative de prise de conscience, en violant les schémas chronologiques et spatiaux traditionnels, en proposant aussi une fin ambiguë, le roman présente en effet une indéniable teneur expérimentale, moderniste, et, en Hollande, s’inscrit d’une certaine façon, par son aspect novateur, dans la lignée du Max Havelaar (1860) de Multatuli. Tout bien considéré, la part romantique des créations de Slauerhoff réside essentiellement dans l’importance accordée à l’occultisme.

     

    Slau13.pngUne autre question surgit lorsqu’on referme son premier roman : Qu’est au juste ce royaume interdit ? Le Portugal dont Camões est chassé ? La Chine, à la fois fascinante et exas- pérante, où ni lui ni les autres Européens ne par- viennent à se faire une place ? Le royaume britannique auquel le jeune Irlandais n’appartiendra jamais ? L’univers féminin ? Diana ? Pilar ? – femmes d’autant plus inaccessibles qu’elles ne sont pas libres de choisir leur amant, leur époux ? Les Chinoises qui se vendent ou que les Portugais épousent faute de mieux ? Le passé trop révolu ? Le présent plus que fuyant ? L’autre, cet autre que Camões assiège ? Soi-même ? ce soi-même qui échappe en permanence au personnage sans nom ? Et pourquoi ne serait-ce pas aussi, et tout simplement, le bonheur ? Bonheur insaisissable pour un être qui n’a plus aucun port d’attache…

     

    slau25.pngDu Portugal, Slauerhoff ne connaissait pas seulement la lointaine Macao. Il en lisait la littérature, il a traduit quelques œuvres portugaises. Dans la revue Forum, son roman était dédié à Albino Forjaz de Sampaio, homme de lettres qu’il connaissait et qui venait de publier, dans son História da literatura portuguesa illustrada, une photo du Hollandais près de la grotte de Camões à Macao. Lors de la sortie du Royaume interdit en volume, le nom de cet écrivain ne figure plus qu’en tête du prologue : Slauerhoff a décidé entre-temps de dédier le livre à D., la belle danseuse Darja Collin, qu’il avait épousée en 1930 et dont il divorcera peu après. Lors de ses innombrables voyages, le futur romancier a eu à plusieurs reprises l’occasion de se familiariser avec Lisbonne. C’est d’ailleurs lors de son premier séjour au Portugal (été 1922) qu’il va choisir de vivre la vie errante de médecin de bord. Autant d’éléments qui expliquent en partie le choix de mêler Portugal et Chine dans une même œuvre – Portugal duquel ne subsistent pas même les ruines de son glorieux passé, Chine avec laquelle Jan Jacob se sent beaucoup d’affinités même si certains jours, l’Extrême-Orient, comme le reste, l’exaspère. Lisant six ou sept langues, Slauerhoff va toutefois puiser à d’autres sources que l’œuvre de Camões pour élaborer Le Royaume interdit : l’Historic Macao, de C.A. Montalto de Jesus, lui offre mille données factuelles ; Das Leiden des Camoes, oder Untergang und Vollendung der portugiesischen Macht, de Reinhold Schneider, quelques éléments architectoniques importants pour structurer le récit. Zarathoustra aussi est présent. Il est passionnant de relever les emprunts que fait l’écrivain et surtout le peu de scrupule qu’il a à les tordre : il déforme les faits historiques, de même qu’il emploie des orthographes parfois fantaisistes pour les noms propres, place les événements dans un contexte et un siècle différents de ceux dans lesquels ils se sont déroulés – ces trahisons lui permettant entre autres de jouer plus facilement avec la temporalité et de se jouer de la logique à laquelle le lecteur aime se raccrocher. Au bout du compte, la teneur historique du roman présente autant d’incertitudes et de zones d’ombre que la vie de Camões.

    slau20.pngEn 1935, toujours dans la revue phare Forum, Camões et le radio de bord irlandais vont resurgir : la nouvelle « Dernière apparition de Camões », sorte de chapitre final du Royaume interdit, jette un éclairage sur les liens singuliers tissés, sous la plume de l’éternel insatisfait Slauerhoff, entre le radio de bord narrateur et le poète portugais devenu borgne : alors que le premier dit avoir cherché en vain à revoir Camões qu’il a, tour à tour, vénéré, plaint et méprisé, ce dernier, dans un triste état, lui rend visite une nuit à Kwang Tun. « Mieux vaut avoir vécu, dit le Portugais, même au milieu des catastrophes, que de passer et repasser sur la vie, à la recherche de quelque chose qui n’est pas et qui ne laisse aucune trace. Les catastrophes sont utiles en ce sens qu’elles permettent de détourner le regard de toute l’horreur qui bée derrière chaque existence. […] Laisse-moi vivre quelques instants dans ton corps et faire l’expérience de la vie terrestre que j’ai omis de vivre. » Excédé, le radio narrateur refuse de se soumettre : « Je veux m’oublier dans d’autres personnes. Or, c’est impossible tant que je t’ai devant moi ou autour de moi. » Alors qu’il parvient à ouvrir la porte pour mettre Camões dehors, apparaît sous ses yeux non pas le palier mais une vision du tremblement de terre de Lisbonne. Il rejette toutefois tout ce qui se rapporte au passé, refuse de servir une grandeur quelconque car il en connaît le caractère provisoire : « … je préfère vivre dans le vide glacial qui s’est formé autour de moi ».

    T. Corbière
    slau23.pngDerrière le Camões du Royaume interdit se cache sans doute un autre poète. Car les auteurs que Slauerhoff a le plus lus et le plus appréciés, ce sont les poètes français de la seconde moitié du XIXe siècle, en particulier les « poètes maudits ». Il cultivait un lien très étroit avec la France (Paris, Bordeaux, Nice, Marseille, Grâce, Annecy sont autant de villes où il a séjourné plus ou moins longuement), avec la langue et les lettres françaises. Lycéen, étudiant, auteur débutant, il lui est arrivé de publier des poèmes écrits en français. Il a appris notre langue dès l’école primaire – 6 heures par semaine la dernière année, plus que n’importe quelle autre matière ! –, a suivi avec passion au lycée les cours d’un Français, M. Doucet. Au fil des ans, Slauerhoff traduira des poèmes et des textes d’auteurs qu’il admire (Villon, Samain, Verlaine, Laforgue, Corbière, Jarry, Baudelaire, Segalen…) ; il consacrera à certains un poème, un article ou un essai (Samain, Laforgue, Verlaine, Jarry, Mallarmé, Rimbaud, Corbière, Henri de Régnier, Raucat…). Il s’intéressa aussi à des romans, des récits, qui portent sur la vie d’aventurier, les pirates, la vie en mer ou encore sur la Chine (Jules Verne dès l’enfance et Loti à l’adolescence, plus tard Cendras, Mac Orlan, Thomas Raucat, Kessel, Albert Gervais, Alain Gerbault…). Quand il part en mer, il laisse de l’argent à la librairie parisienne Le Divan pour se faire envoyer des ouvrages ; dans les pays lointains où il trouve une librairie, il achète nombre de livres français. Son deuxième recueil, Clair-obscur (1927), où le passé se fait déjà obsédant à travers la figure de Clotaire, l’évocation de Versailles ou encore la fin de siècle, est imprégné de la lecture de Verlaine et de Henri de Régnier. Mais le poète qui accompagnera peu ou prou Slauerhoff la seconde moitié de son existence, c’est bien Tristan Corbière, très présent dès le premier recueil, Archipel (1923 et plus encore dans la réédition de 1929). Quand une revue lui demande les six livres qu’il emmènerait sur une île déserte, il mentionne un titre de Rilke, un de Poe, deux de poètes néerlandais ainsi que la Bhagavad-Gîtâ et Les Amours jaunes. En août 1923, Slauerhoff se rend en pèlerinage à Morlaix ; s’il visite aussi Charleville, Rimbaud lui paraît intouchable (il ne traduira aucun de ses poèmes, mais écrira une longue série de quatrains inspirée du Bateau ivre). C’est avec Corbière que l’identification sera la plus forte – elle est formulée dans un des poèmes où il dit se nommer Corbière, « moi, Chevalier errant des hautes mers, moi, Don Quichotte des mers ». Slauerhoff m’a avoué, écrira Eddy du Perron, « qu’il retrouvait tant de lui-même en Corbière qu’il s’est cru un temps possédé par lui ». Au point de penser qu’il était une « incarnation » du Breton.

     

    slau17.pngDans Le Royaume interdit, entre Chine, Irlande, Portugal et immensités océaniques – et au delà de ce que sa prose doit à la littérature française –, le francophile Slauerhoff ac- corde une toute petite place à la France : Moi et dix autres survivants [du naufrage] avions été déposés à M…e…, le port le plus proche, nous raconte le radio irlandais avant d’ajouter plus loin : Le matin, j’étais à M…e… ; je passai la journée à arpenter le quai ; la nuit, je dormis derrière quelques caisses, me réveillai tout courbaturé, presque décidé à retourner à S… où je disposais au moins d’un lit, d’un feu de cheminée et du silence. Il n’est pas impossible que le port dont il est question soit une réplique de Marseille ; le S suivi de trois points pourrait alors être Sanary-sur-Mer. Dans le roman, le radio, malade, fauché, en proie à des hallucinations, séjourne dans un hôtel de S., y reçoit la visite « d’une femme d’autrefois ». Fin 1927, Slauerhoff, dont la santé commence à laisser à désirer, regagne l’Europe à bord de l’Angers, des Messageries Maritimes de Marseille. Dès son arrivée dans la cité phocéenne, il tombe malade ; il passera sa convalescence dans un hôtel de Sanary où la femme dont il est alors épris lui rendra visite et lui demandera de l’épouser.

    Autre élément français dans le roman : le dernier message qu’intercepte le radio avant d’être capturé par les pirates. Ce message, qui annonce un typhon, est envoyé par les jésuites de Chu Ka Wei ; il s’agit ici d’une allusion aux jésuites français établis alors au sud-ouest de Shanghai, qui disposaient d’une station météorologique, et auxquels Slauerhoff avait rendu visite.

     

    Slau19.pngVoir dans Le Royaume interdit une critique de la colonisation et du monde occidental comme certains tendent à le faire, c’est probablement aller un peu vite en besogne et amoindrir une fois de plus la dimension purement littéraire et intemporelle de l’œuvre. Dans « Portugal et Camões », article contemporain de la rédaction de son premier roman, Slauerhoff comprend le désir qui a animé les Portugais ou autres Hollandais voici plusieurs siècles, il se reconnaît même sans doute dans ces hommes en quête de lointains : « L’inconnu, précise-t-il à propos des navigateurs portugais, revêtait pour eux un attrait sans pareil, conformément à leur caractère national, fantastique et héroïque, peu tenace, peu énergique. » Et au sujet des colonisateurs hollandais de l’Insulinde : « Le combat mené par nos pionniers mérite aussi sans conteste le qualificatif d’héroïque ; mais jamais les grands faits et gestes qu’ils ont accomplis là-bas n’ont trouvé le moindre écho dans notre littérature, aucun poète majeur n’a pris part à ce combat. » Ce qui retient surtout l’attention du romancier, c’est le déclin ou la décadence (corruption, appât du gain…) qui frappe bientôt ces communautés habitées au départ par des valeurs nobles, et plus encore la coïncidence entre décadence du Portugal et écriture de l’épopée nationale Les Lusiades.

     


    slau15.pngÊtre l’un de ces millions qui n’auront jamais la conscience de leur être – quel bonheur ; et si cela est hors de portée, être l’un de ceux qui savent tout, un homme qui a tout abandonné derrière lui et qui, pourtant, survit.
     C’est sur ces phrases – où résonne dirait-on le vers de Corbière « Je voudrais être un point épousseté des masses » – que se referme Le Royaume interdit : l’homme sans nom a survécu, sa quête va se poursuivre dans La Vie sur terre (1934), deuxième et dernier roman publié du vivant de l’auteur, avant le posthume La Révolte de Guadalajara qui, initialement, devait être un troisième roman « chinois ». Dernières modulations d’une absence qui chante l’absence.

     

    Daniel Cunin

     

    Sur la tombe du poète
     

     


    slau18.pngOutre la biographie – Wim Hazeu, Slauerhoff. Een biografie, 1995 – et les quelques livres consacrés à Slauerhoff et la Chine – Arie Pos, Van verre havens. Het werk van Slauerhoff en de Chinese werkelijkheid, 1987 ; W. Blok & K. Lekkerkerker (éd.), Het China van Slauerhoff. Aantekeningen en ontwerpen voor de Cameron-romans, 1985 ; Eep Francken, Over Het verboden rijk van J. Slauerhoff, 1977 –, on peut lire la thèse de Louis Fessard écrite en français : Jan Jacob Slauerhoff (1898-1936). L’homme et l’œuvre, Paris, Nizet, 1964. Celle de H.G. Aalders, Van ellende edel. De criticus Slauerhoff over het dichterschap (2005), fournit de nombreux éléments sur l’importance qu’ont revêtu certains poètes français pour Slauerhoff et son écriture.

      

     

     

  • Bibliographie - Daniel Cunin

     

     

    La présente bibliographie est à peu près exhaustive. La quasi-totalité des titres mentionnés - hormis ceux des deux dernières rubriques -  sont des traductions d’ouvrages et de textes néerlandais.

     

     

    ROMANS - JOURNAUX INTIMES

     

    JAN FABRE, Journal de nuit II, 1985-1991, Paris, L’Arche, 2016.

    PHILIP MECHANICUS, Cadavres en sursis. Journal du camp de Westerbork, Paris, Notes de Nuit, 2016 (prépublication : « Westerbork. Vendredi 30 juillet », Septentrion, n° 1, 2015, p. 40-42).

    ADRIAAN VAN DIS, « Un grand maître spirituel », Septentrion, n° 2, 2016, p. 35-36 (prépublication d’un extrait du roman Ik kom terug à paraître aux éditions Actes Sud fin 2017.

    STEFAN BRIJS, Courrier des tranchées, Paris, Héloïse d’Ormesson, 2015 (prépublication : « L’heure de l’ultimatum », Septentrion, n° 1, 2014, p. 10-12).

    WILLEM JAN OTTEN, Un homme par ouï-dire, Les Allusifs, 2014.

    ADRIAAN VAN DIS, Tête à crack, Actes Sud, 2014.

    JEROEN BROUWERS, Jours blancs, Gallimard, 2013 (prépublication d’un passage dans Septentrion, 2012, n° 1, p. 14-17).

    LEON DE WINTER, Le Droit au retour, Le Seuil, 2011.

    ABDELKADER BENALI, Le Tant attendu, Actes Sud, 2011.

    STEFAN BRIJS, Le Faiseur d’anges, Héloïse d’Ormesson, 2010 (prépublication dans Septentrion, n° 4, 2009, p. 56-60 sous le titre « Mordu par le diable »).

    WILLEM FREDERIK HERMANS, Ne plus jamais dormir, Gallimard, 2009.

    J. SLAUERHOFF, Le Royaume interdit, postface de Daniel Cunin, Circé, 2009.

    VONNE VAN DER MEER, Le Voyage vers l’enfant, Héloïse d’Ormesson, 2009.

    J. SLAUERHOFF, La révolte de Guadalajara, postface de Cees Nooteboom, Circé, 2008.

    ADRIAAN VAN DIS, Le Promeneur, Gallimard, 2008.

    WILLEM JAN OTTEN, La Mort sur le vif, Gallimard, 2007 (prépublication d’un passage dans Septentrion, 2007, n° 1, p. 29-31).

    WILLEM FREDERIK HERMANS, La Chambre noire de Damoclès, Gallimard, 2006 (prépublication d’un extrait dans Septentrion, n° 1, 2006, p. 36-38).

    VONNE VAN DER MEER, Le Bateau du soir, Héloïse d’Ormesson, 2006 (10/18 n° 4148).

    ANNELIES VERBEKE, Dors !, Mercure de France, 2005.

    VONNE VAN DER MEER, La Maison dans les dunes, Héloïse d’Ormesson, 2005 (10/18 n° 4036 sous le titre : Les Invités de l'île).

    STEFAN HERTMANS, À Merlebecque, 2005 (5 chapitres dont 3 en ligne).

    DAVID SANDES, La Méthode miraculeuse de Félix Bubka, Mercure de France, 2004.

    ADRIAAN VAN DIS, Fichue famille (roman en 60 tableaux dont l’un a paru dans la NRF, n° 564, janvier 2003, p. 198-203), Gallimard, 2003.

    LEON DE WINTER, La faim de Hoffman, en collaboration avec Philippe Noble, Le Seuil, 1996 (Points Seuil n° 1525).

     

    ROMANS JEUNESSE

     

    BART MOEYAERT, La rue des étoiles, Le Rouergue, 2013.

    BART MOEYAERT, Embrasse-moi, Le Rouergue, 2009.

    BART MOEYAERT, Frères, Le Rouergue, 2008.

    BART MOEYAERT, Oreille d'homme, Le Rouergue, 2006 (adapté pour la scène par le Théâtre des Trois Clous, Tours, 2013).

    BART MOEYAERT, C’est l’amour que nous ne comprenons pas, Le Rouergue, 2005.

    BART MOEYAERT, Nid de guêpes, Le Rouergue, 2005.

    ANNE PROVOOST, La Rose et le Pourceau, 2003 (début du roman).

     

     

    NOUVELLES – RECITS - CONTES

    Livres

    BIBI DUMON TAK, Une montagne de lettres pour saint Nicolas, De Dagen/bpost, 2011.

    EVELIEN VAN LEEUWEN, Modeste in Memoriam (récit autobiographique), Le Rocher, 2007.

    TOMAS LIESKE, Le petit-fils de Dieu en personne, Impasses de l’Encre, 2006 (trad. C. Mallet et M. Das sous la direction de D. Cunin).

    SIETSKE DE BOER, Années de plomb. Chronique d’une famille marocaine, Le Fennec, 2005.

    MARGA MINCO, T’as une sacrée chance toipostface de Dorian Cumps, dossier D. Cunin, Paris, Caractères, 2003.

    HAFID BOUAZZA, Les pieds d’Abdullah, Trouville/Mer, Le Reflet, 2003.

    LITTERATURE EN FLANDRE 33 auteurs contemporains, Bordeaux, Le Castor Astral, 2003 (« Hm » de Bart Moeyaert ; « Anguilles » de Jeroen Brouwers ; « Le beau laid, c’est pas si moche » de Tom Lanoye ; « Brikkeljon » de Leo Pleysier ; « Anna » de Walter van den Broeck).

    CEES NOOTEBOOM, Le matelot sans lèvres, Nantes, Le Passeur, 2002 (Folio n° 4234).

    AUX ORIGINES DU MONDE. Contes et légendes de Flandre, textes réunis et annotés par Marcel Van den Berg et Galina Kabakova, Paris, Flies France, 2000 (plusieurs textes repris dans différents volumes de la collection « La Caravane des Contes » chez le même éditeur).

    LOUIS COUPERUS, Les éventails - De ces Dames & des Femmes - Le jeune roy, Amsterdam, Éditions de la Baboulinie, 1993-1996 (3 éditions biblio- philiques).

     

    NOUVELLES – RECITS - CONTES

    Revues, Internet

    MARGRIET DE MOOR, « Deuxième fois » (nouvelle à paraître).

    SUS VAN ELZEN, « Une grande nostalgie », citybooks, 2014.

    MAXIM FEBRUARI, « Centre festif souterrain », citybooks, 2013. 

    TOM LANOYE, « Crime parfait », Deshima, n° 7, 2013, p. 241-256.

    FRANS KELLENDONK, « La girafe », Deshima, n° 7, 2013, p. 267-270.

    ATTE JONGSTRA, « La mort vient d’en bas. Promenades vénitiennes », citybooks, 2013.

    GUSTAAF PEEK, « 9 lettres à Maria M. », citybooks, 2013.

    SIMONE LENAERTS, « Un semblant de temps », citybooks, 2013.

    JEROEN VAN ROOIJ, « Labyrinthes », citybooks, 2012.

    J. SLAUERHOFF, « L’amphore », Septentrion, 2012, n° 4, p. 19-21.

    BART MOEYAERT, « Jusqu’à la tombée des pigeons », kab./C-Mine Expeditie, 2012.

    PASCALE PLATEL, « Yasmine Ben Mira », kab./C-Mine Expeditie, 2012.

    STIJN MEURIS, « Antipode », kab./C-Mine Expeditie, 2012.

    LUUK GRUWEZ, « En noir », kab./C-Mine Expeditie, 2012.

    TOMAS LIESKE, « Petit cheval », Deshima, n° 5, 2011, p. 157-163.

    WILLY SPILLEBEEN, « L’Escalier tournant », L’architecture pour la vie, La Lettre Volée, 2011, p. 83-89.

    BOB VAN LAERHOVEN, « Le Cœur ne se nourrit pas de mots », L’architecture pour la vie, La Lettre Volée, 2011, p. 209-218.

    HUBERT VAN LIER, « Le Bâtiment blanc à Vaulx-en-Velin », L’architecture pour la vie, La Lettre Volée, 2011, p. 171-176.

    HADEWIJCH, « Lettre 9. La neuvième lettre du recueil de la mystique Hadewijch », août 2010.

    LOUIS COUPERUS, « Les jumelles de théâtre » (p. 175-182), « Le jeune roi » (p. 183-191), « Incognito à Nice » (p. 199-204), « Le deuxième regard » (p. 205-211) et « Comment on écrit un roman » (p. 217-222),  Deshima, n° 4, 2010.

    ADRIAAN VAN DIS, « Après la cage, la jungle », décembre 2009.

    J. SLAUERHOFF, « L’agonie du vieux fou, entiché d’écriture », 2009.

    WILLEM JAN OTTEN, « Chronique d'un père qui devient fils », Deshima, n° 3, 2009, p. 433-449.

    VONNE VAN DER MEER, « L’Adieu à Phoebé », Deshima, n° 3, 2009, p. 423-431.

    ALEXANDER COHEN, « Un matin de mai à la mi-mars », 2009.

    K. SCHIPPERS, « Caché », Arts Le Havre 08, Biennale d’Art Contemporain, 7-30 juin 2008, p. 13-23.

    LOUIS COUPERUS, « Scheveningen » & « Les éventails », Deshima, n° 2, 2008, p. 155-158 et 207-210.

    ADRIAAN VAN DIS, « Langue libertine », Debout dans Babel. Langues en Europe, Ons Erfdeel, 2007.

    ADRIAAN VAN DIS, « Un quatrième étage à Paris (Carnet parisien) », Septentrion, n° 3, 2005, p. 39-45.

    ADRIAAN VAN DIS, « Monsieur Dubois (Carnet parisien) », Septentrion, n° 1, 2005, p. 53-55.

    ADRIAAN VAN DIS, « Vrai faux départ », meeting n° 3, 2005.

    DANIËL ROBBERECHTS, « Journal 01 09 69 – 12 0969 », A Prior Magazine, n° 20, Bruxelles, 2004, p. 266-270.

    ABDELKADER BENALI, « L’écrivain albanais », Tunis, L’Or du Temps, 2004, p. 15-18.

    HAFID BOUAZZA, « Archiviste », Po&sie, n° 103, mars 2003, p. 62-65.

    LOUIS COUPERUS, « Le deuxième regard », Passeport, n° 8, Nantes, Le Passeur, 2002, p. 31-33.

    HARRY MULISCH, « La Hollande pour débutants », Le Bulletin de Lettre internationale, 10, Arte Éditions/Mille et une Nuits, printemps 1998, p. 86-90.

     

    POÉSIE

    Recueils, Plaquettes & Anthologies

    GERRY VAN DER LINDEN, Fauves des villes, anthologie, à paraître.

    Mais sublime comme un canon, poèmes d’Armando, Maarten van der Graaff, Els Moors et Peter Verhelst, Guide du visiteur, Exposition « Facing the Future. Art in Europa. 1945-1968 », Bruxelles, BOZAR, 24 juin-25 septembre 2016.

    THEO VAN DOESBURG / I.K. BONSET, Poèmes, Bruxelles, BOZAR, 2016 (plaquette publiée dans le cadre de l’exposition « Theo van Doesburg. Une nouvelle expression de la vie, de l’art et de la technologie. 26 février-29 mai 2016 »).

    WILLEM VAN TOORN, Une cage à la recherche d’un oiseau (anthologie), liminaire de Benno Barnard, Bruxelles, L’arbre de Diane, 2016 (coll° Soleil du Nord).

    PELOTON FANTÔME (traduction de Schaduwpeloton), Utrecht, Magonia, 2015 (recueil trilingue publié à l’occasion du départ du Tour de France 2015, 13 poèmes de Ruben van Gogh, Els van Stalborch, Alexis de Roode, Ingmar Heytze, Mark Boog, Fred Penninga, Peter Knipmeijer, Baban Kirkuki, Peter Drehmanns, Onno Kosters, Nanne Nauta, Vrouwkje Tuinman et Jan van der Haar, traduction anglaise de Michele Hutchison).

    PAUL BOGAERT, le Slalom soft, Liège, Tétras Lyre, 2015 - prépublication de 11 poèmes dans la plaquette « Paul Bogaert », Fonds Flamands des Lettres, 2009, de 7 poèmes dans Deshima, n° 4, 2010, p. 269-278, et de 6 poèmes dans Action poétique, n° 202, décembre 2010, p. 68-73.

    « Voix poétique de Flandre », Nunc, juin 2015, n° 36 (poèmes de Anton van Wilderode, Christine D’haen, Hubert van Herreweghen, Claude van de Berge, Patrick Lateur, Peter Holvoet-Hanssen).    

    Inuits dans la jungle, juin 2015, n° 6 (dossier « Poètes des Pays-Bas » : poèmes de Guillaume van der Graft – Willem van Toorn – Hans Tentije – Hester Knibbe – Robert Anker – Eva Gerlach – Huub Beurskens – Willem Jan Otten – Benno Barnard, dont certains traduits en collaboration avec Kiki Coumans, précédés du poème « Awater » de Martinus Nijhoff traduit par Paul Claes).

    PETER VERHELST, Des bestioles chaudes entre les cuisses, in 6/6 Six films d’Orsola Valenti réalisés d’après six soli de Cindy Van Acker, Coffret DVD, Genève, Cie Greffe, 2015.

    LUCEBERT, BERT SCHIERBEEK & SIMON VINKENOOG, « Poèmes », in EDY DE WILDE & ANDREA MÜLLER-SCHIRMER, Nono Reinhold. Grafiek. Gravures. Prints, Eindhoven, Lecturis & Peter Foolen Editions, 2013.

    POÈTES NÉERLANDAIS DE LA MODERNITÉ (1880-2010), anthologie sous la direction de Henri Deluy (poèmes de J.H. Leopold, Theo van Doesburg, G. Kouwenaar & Eva Gerlach – en collaboration avec Kiki Coumans –, J.J. Slauerhoff, H. Marsman, G. Achterberg, M. Nijhoff, Johan Andreas dèr Mouw, H.H. ter Balkt, Jaap Blonk, E. Jansma), Le Temps des Cerises, 2011.

    DIRK VAN BASTELAERE, Splash ! (anthologie), Les Petits Matins, 2011.

    LUCEBERT, ARMANDO, SIMON VINKENOOG, REMCO CAMPERT & BERT SCHIERBEEK, « Poèmes », in Pétra / Machu Picchu / Bolivie, coffret de trois livres de photographies de Nono Reinhold, Eindhoven, Peter Foolen Editions, 2010.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « 10 Poèmes », Printemps des Poètes de Namur, mars 2009, plaquette, Fonds Flamands des Lettres.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, Terre Mère et autres poèmes (plaquette), Berchem, Fonds Flamands des Lettres, 2005.

    LE CORTEGE FASTUEUX DE LA LANGUE. 18 poètes de Flandre occidentale (anthologie bilingue), Tielt, Lannoo, 2004 (poèmes de Gwy Mandelinck, Willy Spillebeen, Jan van der Hoeven & Guust Vermeille).

    ARJEN DUINKER, L’histoire d’une énumération (anthologie), Paris, Caractères, 2003.

    LITTERATURE EN FLANDRE 33 auteurs contemporains, Bordeaux, Le Castor Astral, 2003 (poèmes de Paul Bogaert, Dirk van Bastelaere & Peter Holvoet-Hanssen).

    LE VERRE EST UN LIQUIDE LENT 33 poètes néerlandais, Tours, Farrago, 2003 : poèmes de Jaap Blonk, Pieter Boskma, Arjen Duinker, Anna Enquist, Esther Jansma, Gerrit Kouwenaar, Marc Kregting & Erik Lindner.

    Po&sie, n° 103, mars 2003 (poèmes de Lucebert, Gerrit Kouwenaar, Arjen Duinker, Erik Lindner).

     

    POÉSIE

    Revues & autres

    ANNEMARIE ESTOR, « Échographie », 5 poèmes (à paraître).

    GERRY VAN DER LINDEN, « Choix de poèmes », Les Carnets d’Eucharis, mars 2016, p. 182-187.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Choix de poèmes », Les Carnets d’Eucharis, mars 2016, p. 173-181.

    TOM VAN DE VOORDE, « Poèmes », Deshima, n° 9, 2015, p. 265-275.

    FRANS BUDÉ, Chant de la Meuse, poème mis en musique par Jesse Passenier, Maastricht, Mater Mosa, mai 2015.

    PETER VERHELST, « 3 poèmes » (extraits du recueil de Wij totale clam)traduits dans le cadre de l’exposition « Echoes, Helmut Stallaerts meets the ING Collection », 19 mars - 14 juin 2015, ING Art Center, Bruxelles. 

    ROBERT ANKER, « Sept poèmes », Deshima, n° 8, 2014, p. 473-479 (en collaboration avec Kiki Coumans).

    PAUL CELAN, « Flocons noirs », in Benno Barnard, « Ode à personne », Pastoralia, octobre 2014, p. 244.

    PJEROO ROOBJEE, « Le jardin de l’amour », in Prose pour Rubens, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 10.

    ANNEMARIE ESTOR, « Les derniers mots de Bave-Molosse », in Prose pour Rubens, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 4-5.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Écoute, Cécile, les cerfs sortent du bois », in Prose pour Rubens, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 8.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Les porteurs », in poeti d’Europa, Istituto Italiano di Cultura de Paris, 2014, p. 11.

    GUILLAUME VAN DER GRAFT, « Parler à l’eau lente », mars 2014.

    TOM VAN DE VOORDE, « Trois poèmes : Demander à Shiva, Pendant ce temps dans la jungle, Le pique-nique des étrangers  » & « Un chercheur d’or m’explique », 2014.

    GUILLAUME VAN DER GRAFT, « 10 poèmes », Deshima, n° 7, 2013, p. 257-266 (en collaboration avec Fabrice Laforge).

    LUUK GRUWEZ, « La moustache de Flaubert », Deus ex machina, n° 142, 2013 (Le pot Belge), p. 7.

    F. STARIK, « N.N. » & « Dernier havre », Hoofddorp, Stichting Lira, 2013.

    JAN LAUWEREYNS, « Corroborazione », in Poésie pour Giorgio Morandi, Bruxelles, BOZAR, 2013, p. 7.

    MAUD VANHAUWAERT, « Cou », in Poésie pour Giorgio Morandi, Bruxelles, BOZAR, 2013, p. 10-11.

    GEERT BUELENS, « Massif (Temps de réaction) », in Guide du visiteur, exposition « Anish Kapoor – Large Mountain », 5 octobre 2013 – 5 janvier 2014, BOZAR, Bruxelles, 2013, p. 10.

    MARTIN REINTS, « Large Mountain », in Guide du visiteur, exposition « Anish Kapoor – Large Mountain », 5 octobre 2013 – 5 janvier 2014, BOZAR, Bruxelles, 2013, p. 14.

    ONNO KOSTERS, « Pesanteur et contrepoids » cytibooks, 2013 (en 2012, le poème « Alte Galerie, Schloss Eggenberg » a fait l’objet d’un poster accroché dans le métro bruxellois et exposé à la Gallerie Anspach). 

    GERRY VAN DER LINDEN, « Poèmes choisis », 2013.

    GERRIT KOUWENAAR, « Je n’ai jamais », janvier 2013 (traduit en collaboration avec traduction Lena Westerink, Yvonne Pétrequin, Ellen Le Lardic, Brigitte Zwerver-Berret & Vincent Folliet).

    J. SLAUERHOFF, « Compagnie de Mozambique » & « Vieux Coréen », Septentrion, 2012, n° 4, p. 22-26.

    ERIK LINDNER, « Charleroi » (10 poèmes), citybooks, 2012 (en 2014, le poème « Charleroi – VI » » a fait l’objet d’un poster accroché dans le métro bruxellois et exposé à la Gallerie Anspach). 

    HUUB BEURSKENS, « Le cabriolet », in Guide du visiteur, exposition « Contant Permeke », 11 octobre 2012 – 20 janvier 2013, BOZAR, Bruxelles, 2012, p. 6-8.

    H. H. TER BALKT, « La Belle au bois dormant », in Guide du visiteur, exposition « Contant Permeke », 11 octobre 2012 – 20 janvier 2013, BOZAR, Bruxelles, 2012, p. 15-16.

    ALFRED SCHAFFER, « À vue d’œil le jour s’est levé » & « À vue d’œil le jour tombe », in Guide du visiteur, exposition « Cy Twombly. Photographs 1951-2010 », 1er févier 2012 – 29 avril 2012, BOZAR, Bruxelles, 2012, p. 4-5.

    ROLAND JOORIS, « CY TWOMBLY : atelier », in Guide du visiteur, exposition « Cy Twombly. Photographs 1951-2010 », 1er févier 2012 – 29 avril 2012, BOZAR, Bruxelles, 2012, p. 15.

    BERNARD DEWULF, « Regarde », in Guide du visiteur, exposition « Cy Twombly. Photographs 1951-2010 », 1er févier 2012 – 29 avril 2012, BOZAR, Bruxelles, 2012, p. 17-18.

    ROZALIE HIRS, « Poèmes », Deshima, n° 6, 2012, p.363-372 (10 poèmes traduits par Kim Andringa en collaboration avec Daniel Cunin).

    VASALIS, « 10 poèmes », Deshima, n° 6, 2012, p. 373-382. 

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Sept poèmes », Deshima, n° 5, 2011, p. 319-327.

    HEDWIG SPELIERS, « Le nu provençal », mars 2011.

    JAAP ROBBEN, « Six poèmes », Deshima, n° 5, 2011, p. 329-334 (illustrations Benjamin Leroy).

    ASTRID LAMPE, « encore même endroit encore ma fourrure s’entrouvre », Peintures parlantes, Nocturne poétique autour de Cranach, 18 janvier 2011, BOZAR/deBuren.

    LUCIENNE STASSAERT, « En toutes mes fibres. Sur un autoportrait de Lucas Cranach », Peintures parlantes, Nocturne poétique autour de Cranach, 18 janvier 2011, BOZAR/deBuren.

    Stefan Hertmans, « Salomé tenant la tête de Jean-Baptiste, Cranach l’Ancien », Peintures parlantes, Nocturne poétique autour de Cranach, 18 janvier 2011, BOZAR/deBuren.

    HAN VAN DER VERGT, « Sur Le martyre de Sainte Catherine de Lucas Cranach », Peintures parlantes, Nocturne poétique autour de Cranach, 18 janvier 2011, BOZAR/deBuren.

    ANNA ENQUIST, « Jour d’hiver », août 2010.

    HANS ANDREUS, « Pour un jour de demain », août 2010.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Chant des Géants », texte d'une chanson interprétée par l’auteur, 2010.

    PAUL BOGAERT, « 7 poèmes (le Slalom soft) », Deshima, n° 4, 2010, p. 269-278.

    PAUL BOGAERT, « Piqûres », poème-vidéo, 2010.

    JAAP ROBBEN, « Comment nous sommes devenus voisins », Musée Valkhof, Nimègue, 2010 & « Toute l’eau vient-elle de nos chagrins ? », 2010.

    WILLY SPILLEBEEN, « La balançoire », février 2010.

    ERIK LINDNER, « L’auto-stoppeur et son accident (5 poèmes) », décembre 2009.

    RAMSEY NASR, « Je voudrais être deux citoyens », Passa Porta, 2009.

    GERRY VAN DER LINDEN, « Poèmes », Deshima, n° 3, 2009, p. 451-464.

    WILLEM JAN OTTEN, « BW-PLO », Deshima, n° 3, 2009, p. 450.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Quand Rimbaud tombe du ciel », juillet 2009.

    MARTINUS NIJHOFF, « Pierrot » & « Les soldats qui chantent », février 2009.

    MICHEL BARTOSIK, « 2 poèmes », février 2009.

    J. C. BLOEM, « Verlaine », février 2009.

    PAUL VAN OSTAIJEN, « Mélopée », février 2009.

    JAN ARENDS, « Je suis la soif », février 2009.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Cortège» et « Roza et la lune », in L'Europe en poésie de l’école au lycée, préface Xavier Darcos, CNDP, 2008.

    WILLIE SPILLEBEEN, « Poésie », in Luc Devoldere, Ces fleuves qui nous unissent. L’Escaut, la Meuse, l’Yser, la Lys, Ons Erfdeel, 2008.

    PETER HOLVOET-HANSSEN, « Poèmes », Action Poétique, n° 185, 2006.

    K. MICHEL, « Au-delà de Bredene », Septentrion, n° 1, 2005, réédité dans Un grand cru. 50 poèmes choisis par Jozef Deleu, Rekkem, Ons Erfdeel, 2015, p. 71.

    ALFRED SCHAFFER, « La description laisse encore beaucoup à désirer », Septentrion, n° 1, 2005, réédité dans Un grand cru. 50 poèmes choisis par Jozef Deleu, Rekkem, Ons Erfdeel, 2015, p. 83.

    ARJEN DUINKER, « Dix paires d’yeux pour Yang Lian », Neige d’août, n° 10, printemps 2004, p. 41-46.

    ARJEN DUINKER, « Six poèmes », Estuaire, n° 117, Outremont, Canada, février 2004.

    MENNO WIGMAN, « 4 poèmes », Septentrion, n° 3, 2004.

    HAGAR PEETERS, « Lettre », Septentrion, n° 3, 2004.

    MUSTAFA STITOU, « Anton », Septentrion, n° 3, 2004, réédité dans Un grand cru. 50 poèmes choisis par Jozef Deleu, Rekkem, Ons Erfdeel, 2015, p. 87.

    LEONARD NOLENS, « Je suis la lettre charnue », Septentrion, n° 1, 2004.

    MARTIN REINTS, « Retour au commencement », Septentrion, n° 1, 2004.

    ARJEN DUINKER, « Les désirs et les sens (poème à quatre voix) », Po&sie, n° 103, mars 2003, p. 28-35.

    ARJEN DUINKER, « Trois poèmes », Estuaire, n° 113, Outremont, Canada, février 2003, p. 33-36.

    LUCEBERT, « Le nom marqué » (cycle de poèmes), Po&sie, n° 103, mars 2003, p. 8-14.

    G. KOUWENAAR, « Regarde voir, ça a soufflé » (cycle de poèmes), Po&sie, n° 103, mars 2003, p. 15-20.

    ERIK LINDNER, « Deux séries » (10 poèmes), Po&sie, n° 103, mars 2003, p. 58-61.

    JAAP BLONK, « Week-end rando », Poem express, n° 50, Clermont l’Hérault, février 2003 (repris dans Action Poétique, n° 200, juin 2010).

    HESTER KNIBBE, « Retrouvailles », Septentrion, n° 3, 2003, réédité dans Un grand cru. 50 poèmes choisis par Jozef Deleu, Rekkem, Ons Erfdeel, 2015, p. 55.

    TED VAN LIESHOUT, « Comment ça s’appelle », poème diffusé sur carte postale, 2003.

    ANNA ENQUIST, « Poèmes sur l’enfance », lectures publiques, 2002 (non publiés).

    ARJEN DUINKER, « La signification de l’eau », Septentrion, n° 3, 2001.

    WILLEM VAN TOORN, « Hans Memling », Septentrion, n° 2, 1999.

    TOON TELLEGEN, « Dieu est apparu », Septentrion, n° 2, 1999.

    GWIJ MANDELINCK, « Le chevalet », Septentrion, n° 2, 1999.

    ESTHER JANSMA, « 5 poèmes », Noir sur Blanc, une anthologie de Henri Deluy, Fourbis, 1998, p. 265-268.

    ESTHER JANSMA, « 3 poèmes », Le Journal, Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne, n° 20, juin 1997.

    ROBERT ANKER, « 3 poèmes », Septentrion, n° 4, 1997, p. 26-33.

    HERMAN DE CONINCK, « Là-bas » & « Traces de doigts sur la vitre », Septentrion, n° 3, 1997, p. 9-11.

    JUDITH HERZBERG, « 3 poèmes », Septentrion, n° 3, 1997, p. 44-47.

    MARGREET SCHOUWENAAR, « Poèmes »,  Septentrion, n° 2, 1997.

    DIRK VAN BASTELAERE, « 3 poèmes », Septentrion, n° 1, 1996, p. 38-42.

     

    THÉÂTRE

     

    JEROEN BROUWERS, EMI (expérience de mort imminente), théâtre Walpurgis, 2011.

    CHARLEY TOOROP, Je n’ai qu’un seul seigneur et maître : mon travail - Charley Toorop dans ses lettres à Arthur Lehning, Monologue, lecture à l’Institut Néerlandais le 8 avril 2010 (non publié).

    STEFAN HERTMANS, Mind the Gap (1. Antigone), lecture au Festival d’Avignon 2005.

    WILLEM JAN OTTEN, Une neige (acte 3), non publié.

     

     

    ALBUMS ILLUSTRÉS

    (tous publiés aux éditions du Rouergue, Rodez)

     

    GEERT DE KOCKERE (texte) & KAATJE VERMEIRE (illustrations), La Grande dame et le petit garçon, 2010.

    BART MOEYAERT (texte) & KATRIEN MATTHYS (illustrations), Le Maître de tout, 2008.

    GEERT DE KOCKERE (texte) & ISABELLE VANDENABEELE (illustrations), Prélude à un amour brisé, 2008.

    PIETER VAN OUDHEUSEN (texte) & GOELE DEWANKEL (illustrations), La Fille sans cœur, 2007.

    EDWARD VAN DE VENDEL (texte) & ISABELLE VANDENABEELE (illustrations), Frisson de fille, 2007.

    GEERT DE KOCKERE (texte) & NOKE VAN DEN ELSACKER (illustrations), Waouw! Petit Navire !, 2007.

    PIETER VAN OUDHEUSEN (texte) & ISABELLE VANDENABEELE (illustrations), Mon ombre et moi, 2006.

    BART MOEYAERT (texte), WOLF ERLBRUCH (illustrations) & WIM HENDERICKX (musique), Olek a tué un ours (album jeunesse + CD), 2006.

    ED FRANCK (texte) & CARLL CNEUT (illustrations), On se reverra ?, 2005

    EDWARD VAN DE VENDEL (texte) & CARLL CNEUT (illustrations), Pagaille, 2005.

    EDWARD VAN DE VENDEL (texte) & ISABELLE VANDENABEELE (illustrations), Rouge Rouge Petit Chaperon rouge, 2003.

    BART MOEYAERT (texte) & WOLF ERLBRUCH (illustrations), Moi, Dieu et la Création, 2003.

    GEERT DE KOCKERE (texte) & SABIEN CLEMENT (illustrations), Amourons-nous, 2003.

     

     

    ARTS – HISTOIRE (LITTERAIRE) - SCIENCES HUMAINES

    livres - catalogues

     

    ED VAN DER ELSKSEN, Eye love you, Eindhoven/Amsterdam, Lecturis/Bas Lubberhuizen, 2016.

    TILL-HOLGER BORCHERT, Peinture flamande, Citadelles & Mazenod, 2014 (traduction des chapitres : Maître de Francfort, Joachim Patinir, Jan Gossart, Joos van Cleve, Pieter Brueghel l’Anclen, Pierre Paul Rubens, Antoine van Dyck, Jacob Jordaens, Jan Brueghel l’Ancien, Willem van Haecht).

    JAN DIBBETS, Domaine d’un rouge-gorge / Sculpture 1969, Brest, Zédélé, 2014.

    EDY DE WILDE & ANDREA MÜLLER-SCHIRMER, Nono Reinhold. Grafiek. Gravures. Prints, Eindhoven, Lecturis & Peter Foolen Editions, 2013.

    REM KOOLHAAS, MATHIEU LOMMEN & IRMA BOOM, Irma Boom – L’architecture du livre 2013-1986, Eindhoven, Lecturis, 2013.

    LUUK VAN MIDDELAAR, Le Passage vers l’Europe, Collection Bibliothèque des Sciences humaines, Gallimard, 2012 (en collaboration avec Olivier van Wersch-Cot).

    Hommage à l’art du dessin. Une sélection de dessins de la Collection Frits Lugt par Paul van der Eerden complétée d’un choix de dessins contemporains, exposition présentée à l’Institut Néerlandais, 12 mai - 4 juillet 2010, Paris-New York, Le Passage/Fondation Custodia, 2010 (textes de Marieke Wiegel, Mária van Berge-Gerbaud/Paul van der Eerden).

    TOINE HORVERS, Writing lecture, Paris, Christophe & Nathalie Daviet-Thery, 2010.

    EDY DE WILDE, CAREL BLOTKAMP, JEAN-CLARENCE LAMBERT, ANDREA MÜLLER-SCHIRMER, ELS BARENTS, HENDRIK DRIESSEN, JAN VAN ADRICHEM & HUIB SOWDEN, « Textes », in Pétra / Machu Picchu / Bolivie, coffret de trois livres de photographies de Nono Reinhold, Eindhoven, Peter Foolen Editions, 2010.

    MARJA BOSMA, Charley Toorop. Dessins. Lettres, catalogue de l’exposition présentée dans les salon de l’Hôtel Turgot, 18 février - 11 avril 2010, Fondation Custodia, 2010.

    Kiki Lamer – HEADS, Paris/Utrecht, Institut Néerlandais/Centraal Museum, 2010 (édition bilingue version anglaise Beth O’Brien/version française Daniel Cunin, textes de Rudi Fuchs, Marja Bosman & Marieke Wiegel/Jeanne Wikler).

    BART VERSCHAFFEL, Essais sur les genres en peinture : nature morte, portrait, paysage, Bruxelles, La Lettre volée, 2008.

    FRANK VANDE VEIRE, Prenez et mangez, ceci est votre corps, Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini, Bruxelles, La Lettre volée, 2008.

    AD PETERSEN, Sandberg, graphiste et directeur du Stedelijk Museum, Paris, Institut Néerlandais-Xavier Barral, 2007.

    LES MESSAGES DE LA DAME DE TOUS LES PEUPLES, Paris, Téqui, 2006 (en collaboration avec le père Jean-Bernard).

    LEO COPERS / GUY ROMBOUTS. Roskamstraat 13 (catalogue d’exposition), Bruges, Die Keure, 2004.

    BART VESCHAFFEL, à propos de Balthus. Le Roi des chats. Le regard sondeur, Gand, A&S/books, 2004.

    EMMANUEL WAEGEMANS, Histoire de la littérature russe, Toulouse, PUM, 2003.

    WILLEMIJN STOKVIS, CoBrA, Gallimard, 2001 (en collaboration).

    ANA TORFS, Du Mentir-Faux, Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 2000.

    HISTOIRE DE LA LITTERATURE NEERLAN- DAISE, (dir.) H. Stouten, J. Goodegebuure & F. van Oostrom, Paris, Fayard, 1999 (en collaboration).

    BART VERSCHAFEEL, Pygmalion ou rien. Œuvres photographiques de Jan Vercruysse, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1998.

    ISABELLA LANZ, Family Affairs, Amsterdam, Bevrijding, novembre 1998.

    Joos Verdegem (1897-1957). Een Vlaamse Parisien. Un Parisien flamand, Amsterdam, De Brakke Grond/Maison Descartes, 1997 (textes de Willem Elias, Katrine Noblesse & Cees Straus, traduction Philippe Noble & Daniel Cunin).

    PIET SWIMBERGHE & JAN VERLINDE, Vivre à Bruxelles, Lannoo, 1997.

    ERIK VAN DER SPEK, Une langue dans laquelle vivre. Portrait de la Nederlandse Taalunie, La Haye, NTU, 1996.

    HAROLD VAN DE PERRE, Van Eyck. L’Agneau mystique, Paris, Gallimard, 1996.

    ANDRÉE SCUFFLAIRE, JEAN DUGNOILLE & JOOST DE GEEST, Le Château de Belœil, Gand, Ludion, 1994.

    MUSEE ROYAL DE L’AFRIQUE CENTRALE TERVUREN, Thys van den Audenaerde (dir.), Gand, Ludion, 1994.

    LA SEDUCTION DES MASSES. Les années 30 en Belgique, Gand, CGER-Ludion, 1994 (en collaboration).

     

    ARTS – HISTOIRE LITTERAIRE - SCIENCES HUMAINES

    Articles

     

    FRANK REIJNDERS, « La texture de la pâte en close-up », in David Reed, PARIS, Galerie, Xippas (à paraître).

    JAN GERRIT VAN GELDER, « Symbolisme, réalisme et le Nouveau Mouvement au début du XXe siècle », Neil McWilliam, Constance Moréteau et Johanne Lamoureux (réd.), Histoires sociales de l’art. Une anthologie critique (vol. 1), Dijon/Paris, Les Presses du réel/INHA, 2016, p. 314-328.

    WILLEM BONGERS-DEK, « Avant-propos », in Mais sublime comme un canon, Guide du visiteur, Exposition « Facing the Future. Art in Europa. 1945-1968 », Bruxelles, BOZAR, 24 juin-25 septembre 2016, p. 1-2.

    LAURENS HAM, « Introduction », Poèmes de I.K. Bonset, plaquette publiée dans le cadre de l’exposition « Theo van Doesburg. Une nouvelle expression de la vie, de l’art et de la technologie. 26 février-29 mai 2016 », p. 1.

    BENNO BARNARD, « Communiqués de presse mythiques », liminaire à l’anthologie de WILLEM VAN TOORN, Une cage à la recherche d’un oiseau, Bruxelles, L’arbre de Diane, 2016 (coll° Soleil du Nord), p. 5-7.

    NIENKE BAKKER, « Maisons closes. Le bordel comme sujet moderne », in Splendeurs & misères. Images de la prostitution (1850-1910), catalogue de l’exposition 22 septembre 2015 - 20 janvier 2016, Paris, Flammarion/Musée d’Orsay, p. 118- 173.

    ROBERT LEMM, « Borges inquisiteur », Pastoralia, n° 8, 2015, p. 16-17.

    BENNO BARNARD, « Cher Cédric », in Cédric Gerbehaye, D’Entre eux, Marseille, Le Bec en l’air, 2015, p. 130-135.

    TOM VAN DE VOORDE, « Jean-Philippe Toussaint », in Les Belges. Une histoire de mode inattendue, Bruxelles, BOZAR, 2015, p. 3.

    JAN DE HEER, « Polychromie », in Le Corbusier - Mesures de l’homme, catalogue de l’exposition Paris, Centre Pompidou, 29 avril 2015 - 3 août 2015, p. 178-183.

    ELS MOORS, « Johann Sebastian Bach. Musique pour la gloire de Dieu et le délassement des âmes », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2015, p. 21-22.

    YVES PETRY, « Ludwig van Beethoven. Un homme tout de suite plus accompli », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2015, p. 23-24.

    WESSEL TE GUSSINKLO, « Anton Bruckner. Bruckner, le promeneur », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2015, p. 32-34.

    CHRISTOPHE VEKEMAN, « Sufjan Stevens. La douleur qui rend palpable Sufjan Stevens », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2015, p. 38-39.

    BENNO BARNARD, « Préface », dossier « Poètes des Pays-Bas », Inuits dans la jungle, n° 6, 2015, p. 3-6.

    ANNELIES VERBEKE, « Le sang », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 52-53.

    BENNO BARNARD, « Arthur, roi d'une île érotique (sur King Arthur de Purcell) », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 9-10.

    BART MOEYAERT, « Reine de la munificence (sur Cecilia Bartoli) », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 38-40.

    SASKIA DE COSTER, « Bonjour p'tit homme (sur la musique électronique) », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 13-14.

    MATTHIJS DE RIDDER, « Cher Roscoe Mitchell », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 18-19.

    PETER VERMEERSCH, « L’obscurité s’efface (sur la musique des Balkans », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 57-58.

    TOM VAN DE VOORDE, « Avant-propos » & « Notices », The Space Between the Notes, Bruxelles, BOZAR, 2014, p. 5.

    BENNO BARNARD, « Ode à Personne », Pastoralia, octobre 2014, p. 244-245. 

    X, « Voyage des les Pyrénées, II. À Orthez chez Francis Jammes. 1920 », Cahiers Francis Jammes, n° 2-3, 2014, p. 112-116.

    FRED LEEMAN, « Symbolisme et religion. Émile Bernard et le sens de l'art » & « Notices », in Émile Bernard 1868-1941, 16 septembre 2014 - 5 janvier 2015, Musées d’Orsay/Flammarion, 2014, pp. 10-21, 56-72, 80, 84-85, 90-98, 102, 106, 112, 124 et 194.

    SANDER PAARLBERG & HENK SLECHTE, « Introduction : Guillaume II, Roi des Arts », Une passion royale pour l'art. Guillaume II des Pays-Bas et Anna Pavlovna, Zwolle, WBOOKS, 2014, p. 15-29.

    ELLINOOR BERGVELT, « Les collections d’art et le musée du roi Guillaume II », Une passion royale pour l’art. Guillaume II des Pays-Bas et Anna Pavlovna, Zwolle, WBOOKS, 2014, p. 83-109.

    PAUL REM, « Meubles et objets décoratifs dans les palais de Guillaume II et d’Anna Pavlovna », Une passion royale pour l’art. Guillaume II des Pays-Bas et Anna Pavlovna, Zwolle, WBOOKS, 2014, p. 145-157.

    ANTON HERBERT, « Use Me » & « Genuine Conceptualism », expositions Herbert Foundation, 3 juillet - 8 novembre 2014, Gand.

    KOEN BRAMS, ULRIKE LINDMAYR & DIRK PÜLTAU, « La morte addosso. La production artistique (anonyme) d’Alessandro et de Schède (1966-1980) », exposition 3 mai 2014 – 29 juin 2014,  LLS 387 ruimte voor actuele kunst, Anvers.

    LUUK VAN MIDDELAAR, « Oui, l’Europe est politique », Le Monde, 23 mai 2014.

    ADRIENNE VAN VULPEN, « Tout voyage commence par un premier pas », Happinez,  n° 1, 2014, p. 8-13.

    DIRK MULDER, « Sur les pas du Bouddha », Happinez,  n° 1, 2014, p. 28-39.

    X, « Et si on éteignait », Happinez,  n° 1, 2014, p. 85-95.

    GEERTJE COUWENBERGH, « La magie de l’Esprit neuf », Happinez,  n° 1, 2014, p. 96-98.

    CHRISTINE PANNEBAKKER, « La fin, nouveau commencement », Happinez,  n° 1, 2014, p. 101.

    RINSKE HILLEN, « Albert Einstein, le curieux de Dieu », Happinez,  n° 1, 2014, p. 102-106.

    NIENKE BAKKER, «  Van Gogh l’épistolier » & « Neuf notices », in Van Gogh – Artaud. Le suicidé de la société, Paris, Musée d’Orsay / Skira, 2014, p. 46-61 et pp. 84, 92, 102, 144, 146, 150, 152, 158 et 170.

    NIENKE BAKKER, «  La violence tragique d’une tache noire », in Félix Vallotton. Le feu sous la glace, Paris, Musée d’Orsay, 2013, p. 142.

    JOOST VANDER AUWERA, « Jordaens, un artiste mal compris. État actuel de la recherche » et « Notice », in Alexis Merle du Bourg (dir.), Jordaans 1593-1678, Paris-Musées, 2013, p. 34-49 et  p. 104.

    DIRK VAN WEELDEN, « C’est fini, ça commence », Studio Paradiso. Max Natkiel, Voetnoot, 2013,  p. 599-603.

    TOM VAN DE VOORDE, « Postface » & « Les poètes », in Guide du visiteur, exposition « Anish Kapoor – Large Mountain », 5 octobre 2013 – 5 janvier 2014, BOZAR, Bruxelles, 2013, p. 18-19 et p. 20-22.

    SANDER PAARLBERG, « Les esquisses à l’huile d’Ary Scheffer », in Sophie Eloy (dir.), Esquisses peintes de l’Époque romantique. Delacroix, Cogniet, Scheffer…, Musée de la Vie romantique, 17 septembre 2013 – 2 févier 2014, Paris-Musées, 2013, p. 82 -89.

    ANSJE VAN BEUSEKOM & CAREL BLOTKAMP, « Piet Mondrian, Composition n° 5 avec plans de couleur 5, 1917 », in Angela Lampe (dir.) Vues d’en haut, Centre Pompidou-Metz, 2013, p. 116-119.

    TOM VAN DE VOORDE, « Postface » & « Les poètes », in Poésie pour Giorgio Morandi, Bruxelles, 2013, p. 15-16 et 17-19.

    GRAINDELAVOIX, « Muntagna nera »,Virgin Classics, 2012 (traduction du livret accompagnant le CD).

    PAUL ROTH, « Laissez-passer », in Charlotte Dumas, Companion. Polaroids 2002-2012, Filigranes Éditions / Institut néerlandais, 2012, p. 6-20.

    MARIEKE WIEGEL, « Postface » et « Notices », in Charlotte Dumas, Companion. Polaroids 2002-2012, Filigranes Éditions / Institut néerlandais, 2012, p. 106-110.

    JOHAN VANDENBROUCKE, « Le mémorial de papier de Jeroen Brouwers », Septentrion, 2012, n° 1, p. 9-13.

    STEFAN BRIJS, « Genèse du Faiseur d’anges », novembre 2011.

    CAREL BLOTKAMP, « Haut, bas, gauche, droite. Sur l’orientation des tableaux de Mondrian », Les Cahiers du Musée national d’art moderne, n° 114-115, hiver 2010/printemps 2011, p. 74-97.

    ERIK LINDNER, « Préface », in Poètes néerlandais de la modernité. Anthologie, Le Temps des Cerises, 2011.

    THEO VAN DOESBURG, « Esthétique-lumière et esthétique-temps (film) », De Stijl 1917-1931, Éditions du Centre Pompidou, 2010, p. 253-254.

    DE TERRE ET DE FEU, l’aventure de la céramique européenne, « 2 notices », catalogue d’exposition, Limoges, 2010.

    ROLAND JOORIS, « Solesmes » (sur Pierre Reverdy), Deshima, n° 4, 2010, p. 265-268.

    MARJA BOSMA, « Surtout, pas de principes ! », in Charley Toorop, Paris Musées, 2010, p. 12-77.

    CAREL BLOTKAMP, « Sous le Repas des Amis », in Charley Toorop, Paris Musées, 2010, p. 78- 89.

    WIM VAN SINDEREN, « Postface », in G.P. Fieret, Anvers/La Haye, Voetnoot/Fotomuseum Den Haag, 2010.

    RAYMOND J. BENDERS, « Solitude, ma mère» (essai sur W. F. Hermans), Deshima, n° 3, 2009, p. 465-477.

    GEERT MAK, « Le Mercator sapiens » (extrait), Passa Porta, 2009.

    Livret Bart Moeyaert, Éditions du Rouergue, octobre 2008.

    PAUL HUVENNE, « Cher Jan Fabre », in Jan Fabre au Louvre. L’ange de la métamorphose, Musée du Louvre/Gallimard, 2008, p. 15-19.

    HILDE HEYNEN, « L’inscription du genre dans l’architecture », Perspective, La revue de l’INHA, 2007, n° 4, p. 693-708.

    BART VERVAECK, « Respecter l’énigmatique : l’œuvre de Willem Jan Otten », Septentrion, n° 1, 2007, p. 25-29. 

    G.F.H. RAAT, « Telle une tumeur au cerveau : l’écriture romanesque de Willem Frederik Hermans », Septentrion, n° 1, 2006, p. 33-35.

    ROKUS HOFSTEDE, « Willem Frederik Hermans et la putain de Bruxelles », Septentrion, n° 1, 2006, p. 39-41.

    W. DE GRAAF, « La soirée dada de Haarlem (11 janvier 1923) » & L.J. JORDAAN, « Dada à Amsterdam », in Marc Dachy, archives dada, Paris, Hazan, 2005, p. 368-374 et p. 374-375.

    PIERRE VINKEN, « Paul-Louis Courier en Hollande », Cahiers Paul-Louis Courier, T. IV, n°1, mai 2005, p. 29-34.

    DIRK PÜLTAU, « Le chanteur aveugle et le compositeur absent. Musique et interdisciplinarité dans deux œuvres d’Ana Torfs », A Prior Magazine, n° 20, Bruxelles, 2004, p. 260-266.

    KOEN BRAMS, « À propos d’un extrait du “Journal” de Daniël Robberechts », Prior Magazine, n° 20, Bruxelles, 2004, p. 270-272.

    ARJEN DUINKER, « Oiseau, verbe, boue (sur Yang Lian) », Neige d’août, n° 10, printemps 2004, p. 48-50.

    MARLEEN RENSEN, « “Malraux ?… alors vous êtes Paul Nizan…” L’amitié entre André Malraux et Paul Nizan dans les années 30 », ADEN, n° 2, octobre 2003.

    ERIK LINDNER, « La poésie néerlandaise : si on regarde bien », Po&sie, n° 103, mars 2003, p.  5-7.

    RONALD BOS, « Gisela Dischner : à propos de sa liaison secrète avec Paul Celan », Fin, Paris, Pierre Brullé, janvier 2003, p. 49-61.

    CATHERINE ROBBERECHTS, « Ana Torfs – Elective Affinities / The Truth of Masks & Tables of Affinities (2000-2002) », in ForwArt, Bruxelles, BBL, 2002.

    CHRISTEL VESTERS, « Indivisuals », Acomplexnieuwspaper, Artimo, Amsterdam, 2002.

    HERWIG TODTS, « Ensor – Wouters et vice-versa. Des quiproquos autour du modernisme », in Rik Wouters. Des origines à l’œuvre, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 2002, p. 223-237.

    HANNA STOUTEN, « Les cercles littéraires aux Pays-Bas : un mythe ? », Études germaniques, avril-juin 2001, p. 219-230.

    HANNA STOUTEN, « Hella S. Haasse ou des constantes dans une variété de décors », Études Germaniques, janv-mars 1999, p. 15-22.

    BATTUS (= Hugo Brandt Corstius), « Amis accidentels », Formules, n°2, 1998 (dossier : Traduire la contrainte).

    ABRAM DE SWAAN, « Pour une sociologie de la société transnationale », Revue de synthèse, t. 119, n° 1 janv-mars 1998, p. 89-111 (en collaboration avec M. Engelberts).

    JOKE J. HERMSEN, « Renversements », Les Cahiers du Grif, numéro spécial Sarah Kofman, printemps 1997, p. 107-128.

    AD ZUIDERENT, « À la recherche du village dans la ville : le poète Robert Anker », Septentrion, n° 4, 1997, p. 22-25.

    HUGO BREMS, « Herman de Coninck : le réconfort d’une comparaison », Septentrion, n° 3, 1997, p. 3-8.

    PIERRE H. DUBOIS, « Judith Herzberg : un regard sur le réel », Septentrion, n° 3, 1997, p. 40-43.

    JEROEN VULLINGS, « Le roman-fleuve de J.J. Voskuil », Septentrion, n° 2, 1997, p. 77-79.

    DIRK DE GEEST, « Poésie de langue néerlandaise : le dernier cru »,  Septentrion, n° 2, 1997, p. 23-26.

    WIM DE POORTER, « Cinéma. Tout doit disparaître ! », Septentrion, n° 1, 1997, p. 70-71. 

    REINIER SALVERDA, « Stendhal et les Pays-Bas », Septentrion, n° 3, 1996, p. 72-74.

    HANS GROENEWEGEN, « K. Schippers, Prix P.C. Hooft 1996 », Septentrion, n° 3, 1996, p. 77-79.

    KEES MIDDELHOFF, « La Frise : une province néerlandaise qui n’a pas sa pareille », Septentrion, n° 2, 1996, p. 17-23.

    BERNARD DEWULF, « Éphémère et infinie vie du poème : la poésie de Dirk Van Bastelaere », Septentrion, n° 1, 1996, p. 35-37.

    MARK DELAERE, « Contrepoint et créativité : le langage musical de Rafaël D’Haene », Septentrion, n° 4, 1995, p. 59-63. 

    GERDIN LINTHORST, « Le Festival international du cinéma de Rotterdam 1995 ou la primauté donnée aux réalisateurs », Septentrion, n° 2, 1995, p. 69-72.

    LUC FRANÇOIS, « La Belgique française (1792-1815) », Septentrion, n° 2, 1995, p. 76-78.

    HANS VANACKER, « Dolf Verspoor (1917-1994) : la traduction conçue comme un art », Septentrion, n° 1, 1995, p. 77-78.

    JEF LAMBRECHT, « Henri Evenepoel où la carrière éphémère d'un peintre talentueux », Septentrion, n° 4, 1994, p. 62-64.

    ERIK BRACKE, « L’art d’Henri-Victor Wolvens », Septentrion, n° 3, 1994, p. 66-68.

    LAURAN TOORIANS, « La réhabilitation de Marie de Hongrie aux Pays-Bas », Septentrion, n° 1, 1994, p. 72-73.

    RUDI WESTER, « La littérature de voyage de langue néerlandaise : un genre florissant », Septentrion, n° 1, 1994, p. 11-16.

    ANNE-MARIE MUSSCHOOT, « Les cent ans de ‘’Van Nu en Straks’’ », Septentrion, 1993, n° 4, p. 78-79.

    HERWIG TODTS, « Cobra : de retour à Liège », Septentrion, n°3, 1993, p. 65-66.

    HENK TE VELDE, « Le libéralisme en France, aux Pays-Bas et en Europe », Septentrion, n°3, 1993, p. 73-74.

    ERIK SLAGTER, « Corneille par lui-même », Septentrion, n°2, 1993, p. 12-17.

    JULEKE VAN LINDERT, « Kees Timmer ou l’admiration pour les animaux », Septentrion, n°2, 1993, p. 65-66.

    JEROEN VULLINGS, « Harry Mulisch : beauté, grâce et talent », Septentrion, n°1, 1993, p. 80-82.

    HENK VAN GELDER, « Jan Gerhard Toonder (1914-1992) », Septentrion, n°4, 1992, p. 80-81.

    PAUL VAN AKEN, « Cees Nooteboom : Philippe et les autres », Septentrion, n°3, 1992, p. 75-76.

     

    BANDES DESSINEES

     

    Maarten Vande Wiele, ABBA cherche Frieda, Vraoum !, 2016.

    Mark Hendriks, Les Sentiers du Nirvana, Warum, 2016.

    Willy Linthout, Années de l’Éléphant, Presque Lune, 2015.

    Typex, Rembrandt, Casterman, 2015.

    Kamagurka & Herr Seele, Cowboy Henk. L’art actuel, Fremok, 2015.

    Simon Spruyt, Junker, Cambourakis, 2015.

    Barbara Stok, Vincent, Emmanuel Proust, 2015.

    NIX, Le Journal de Kinky & Cosy, Festival dAngoulême, VFL, 2015.

    Guido van Driel, Les visiteurs, L’agrume, 2014.

    Maarten Vande Wiele, Monsieur Bermutier, Casterman, 2014.

    Maarten Vande Wiele, I Fucking Love Paris, Casterman, 2014.

    Kamagurka & Herr Seele, Cowboy Henk. Histoire de la Belgique, Fremok, 2014 (prépublication des planches dans le quotidien belge Le Soir).

    Kamagurka & Herr Seele, Cowboy Henk, Fremok, 2013.

    Bangarang, magazine sur la BD flamande présenté à Angoulême, Fonds Flamand des Lettres, 2013.

    Joost Swarte, Total Swarte, Denoël Graphic, 2012, préface de Cris Ware, traduit par Lili Sztajn & Corinne Julve (anglais) & Daniel Cunin (néerlandais).

    Conz, Quelque part les Étoiles, Même Pas Mal, 2011.

    Ersel-Renot, Médée (I). La Toison d'or, Casterman, 2009.

    Ersel-Renot, Médée (II). L'Or de Byzance, Casterman, 2010.

    Ersel-Renot, Médée (III). L'Épée de Troie, Casterman, 2011.

    Ersel-Renot, Les Voiles (I). Orient, Casterman, 2011.

    Ersel-Renot, Les Voiles (II). Le labyrinthe, Casterman, 2013.

    Ferry-Jacques Martin, Bruges. Les Voyages de Jhen, Casterman, 2011 (texte de Marc Ryckaert).

    Steven Dupré, Midgard, I (L'Invasion / L'Évasion), Casterman, 2011 (en collaboration avec Marie-Fred Walravens).

    Randall.C, Les Somnambules, Casterman, 2009.

     

    SOUS-TITRAGE

    Épisodes 2, 6 et 8 de la série néerlandaise CapsClub (Le roi de pique), Innervision, Strasbourg, 2014.

     

    TRADUCTIONS NON PUBLIÉES

    ABDELKADER BENALI, « Proust et la jambe de mon frère ».

    J. BERNLEF, Éclipse (un extrait du roman).

    ANNA BLAMAN, « Mon propre moi ».

    F. BORDEWIJK, « Sur la tombe d’Aloysius Betrand » & « Éloge funèbre d'un vieux bon vivant, tenu par un de ses héritiers ».

    QUENTIN BUVELOT, « Une nouvelle aile pour le Mauritshuis ».

    C.C.S. CRONE, « Le trombone à coulisse ».

    ESTHER GERRITSEN, « Greenwich 1894 » & « Avant de me frapper ».

    STEFAN HERTMANS, « Vestiges sacrés ».

    GERARD REVE, « Vin ».

    DAVID SANDES, « Faim ».

    F. SPRINGER, « André Malraux au Bangladesh ».

    PIERRE VINKEN, « Les journaux d’Eillert Meeter (1818-1862) ». 

     

     

    CONTRIBUTIONS DU TRADUCTEUR

     

    « Panorama 1938. Un demi-siècle de littérature néerlandaise », avril 2016.

    « Le tour d’adresse de Philip Mechanicus », liminaire à PHILIP MECHANICUS, Cadavres en sursis. Journal du camp de Westerbork, Paris, Notes de Nuit, 2016, p. 7-14.

    « Femmes poètes. Une ‘’suave magicienne’’ amoureuse de la Holland », mars 2016.

    « Les Sept degrés de l’échelle d’amour spirituel, réédition d’une œuvre de Jean Ruysbroeck dans la traduction de Claude-Henri Rocquet », mars 2016.

    « Là où il y a du textile, il y a des fantômes », postface au recueil le Slalom soft de Paul Bogaert, Liège, Tétras Lyre, 2015.

    « Voix poétiques de Flandre. Présentation », Nunc, n° 36, juin 2015, p. 109-110.

    « Les peintres d’Eric Min. Un entretien avec le biographe de James Ensor et de Rik Wouters », novembre 2014.

    « Le livre bleu nuit », novembre 2014.

    « Le peintre Thomas Cool », novembre 2014.

    « Fac et spera. Achille Millien traducteur des poètes d’expression néerlandaise », novembre 2014.

    « Au sujet de Mischa. Compte rendu de l’ouvrage de Jan Willem Regenhardt : Mischa’s spel en de ondergang van de familie Hillesum (Le jeu de Mischa et la fin de la famille Hillesum, suivi d’une postface sur l’œuvre musical de Mischa Hillesum par Leo Samama), Amsterdam, Balans, 2012 », NUNC, n° 34, octobre 2014, p. 33-34 (dossier Etty Hillesum).

    « Un Hollandais chez Francis Jammes », Cahiers Francis Jammes, n° 2-3, octobre 2014, p. 105-111.

    « Forces occultes aux Indes néerlandaises. Un roman de Louis Couperus lu par Alexandre Cohen », août 2014. 

    « Ruysbroeck selon Claude-Henri Rocquet. À l’occasion de la réédition de Ruysbroeck l’admirable », août 2014.

    « Métiers Divins. Jean de Boschère salué par Camille Mauclair », août 2014.

    « ‘‘L’illusion merveilleuse de nos rêves…’’ Quelques lignes de Frederik van Eeden », juillet 2014.

    « Un maître inconnu : Guido Gezelle. Guido Gezelle par Camille Melloy », juillet 2014.

    « L’Art de Félix Timmermans. Félix Timmermans selon Camille Melloy », mai 2014.

    « Un traducteur naturiste et crématiste : Andries de Rosa et la France », mai 2014.

    « Bagarre en pantoufles. Un épisode de la vie d’Alexandre Cohen », avril 2014.

    « Louis Couperus à Carthage. Un dandy pugiliste », avril 2014.

    « Isräel Quérido poète et guide. Henri Barbusse, préfacier et thuriféraire », mars 2014. 

    « Entre Psaume et Lucifer. Emanuel Hiel (1834-1899) », novembre 2013.

    « L’autre Van Dongen : Jean van Dongen, sculpteur et céramiste », octobre 2013.

    « Le Poète est mort, vive le Poète ! Le ‘‘Louis de Bourbon’’ hollandais », février 2013.

    « Petite leçon de traduction. Les premiers pas du traducteur Marcel Schwob », février 2013.

    « Rimbaud à Java : les ‘‘aventures épastrouillantes’’ d’un déserteur. À propos des sources hollandaises du livre de Jamie James », décembre 2012.

    « Louis Couperus à Ostende. Entre massages suédois et furoncles », novembre 2012.

    « Le retour de J. Slauerhoff en France », Septentrion, 2012, n° 4, p. 15-18.

    « Vasalis. Les mots, ces individus qui mènent leur propre vie », février 2012.

    « La Vengeance de Baudelaire. Un entretien avec Bob Van Laerhoven », janvier 2012.

    « Kruimels op de plank », Filter, tijdschrift over vertalen,  déc. 2011, p. 23-24.

    « Chez Victor Hugo (samedi 25 août 1877). De La Haye à Paris, par Jan ten Brink », suivi de : Jan ten Brink, « À la table de Victor Hugo », traduction de Betrand Abraham, décembre 2011.

    « Het werk van Willem Frederik Hermans: een algemeen overzicht van de Franse vertalingen en de receptie van La Chambre noire de Damoclès (2006) en Ne plus jamais dormir (2009) », 2011 (Tekst van een lezing gehouden op zaterdag 17 september 2011 ter gelegenheid van het symposium ‘W.F. Hermans. Ik heb altijd gelijk. 1951-2011’ (Schunck*, Heerlen).

    « Van Duinkerken tot Vlieland, van Hadewijch tot Hafid. De Nederlandse literatuur: indrukken van een Franse lezer », De Revisor, Halfjaarboek voor nieuwe literatuur 2, Querido, 2011, p . 133-144 (trad. Jan Pieter van der Sterre). (version française)

    « Le Tant attendu. Abdelkader Benali, maïeuticien », décembre 2010.

    « Enfants de roi. Entretien avec Caspar Visser ’t Hooft », novembre 2010.

    « Épître à Storge. Quand La Revue de Hollande accueillait O.V. de Lubicz Milosz », novembre 2010.

    « Un Hollandais papa d’un petit gorille. Jan Maas, héros d’un roman français décadent », octobre 2010 (sur Hémo d’Émile Dodillon, 1886).

    « Artiste fin de siècle. Carel de Nerée (1880-1909) », octobre 2010 (sur Christophe Karel Henri de Nerée tot Babberich).

    « Antonin Artaud, première. Quand La Revue de Hollande accueillait Artaud », octobre 2010.

    « La fidélité, ça suffit ! Roman-feuilleton des poètes-traducteurs », octobre 2010 (sur la traduction du poème The Unseen de Sarah Teasdale).

    « Le Voyage de Hollande. Poèmes d’Aragon », octobre 2010.

    « Le dernier vers du dernier poème. À l’article de la Vie », octobre 2010 (à propos de l’auteur Jacques-André Saintonge).

    « Hommage à Verhaeren. Francis Vielé-Griffin sur ‘‘le Grand Flamand’’ », octobre 2010.

    « Septentrion, automne 2010. Littérature au menu » octobre 2010 (sur le numéro 3, 2010, de la revue Septentrion).

    « La pétulante Flamande. La maîtresse flamande de Frédéric Mistral », septembre 2010.

    « ‘’Ô Mère-Flandre !’’ Prosper Van Langendonck et les Lettres flamandes, par Pierre Broodcoorens », septembre 2010.

    « Une page de Jean Lorrain. Monsieur de Bougrelon à Amsterdam », septembre 2010.

    « José Rodrigues Dos Santos, Het zevende zegel », De leeswolf, septembre 2010, p. 425.

    « Xavier Marmier et la Hollande (1). Sur les traces d’un grand voyageur », septembre 2010.

    « Une nouvelle de Cyriel Buysse. Le fils de bonne famille et les petites gens », septembre 2010.

    « Marées & Gens de Flandre : Maurice Gauchez, les pêcheurs d’Ostende & Maurits Sabbe », septembre 2010.

    « Un romancier populaire du XIXe siècle : Jacobus Jan Cremer (1827-1880) », août 2010. 

    « La Nation Hollandaise (1812). Coup d’œil sur un poème épique de l’époque napoléonienne », août 2010 (sur une œuvre poétique de Jan Frederik Helmers [1767-1813]). 

    « L’Énéide revisitée. Un chef-d’œuvre des lettres flamandes », août 2010 (sur Aeneas of de levensreis van sen man, un roman de Willy Spillebeen).

    « Contes de filles en fleurs. Un recueil de contes de Marita de Sterck », août 2010.

    « Auguste Clavareau (1787-1864), traducteur. Portrait de l’un des principaux traducteurs de littérature néerlandaise au XIXe siècle », août 2010.

    « Op zijn Frans », entretien avec Joost Glerum sur W.F. Hermans, Hermans-magazine, n° 75, juin 2010.

    « Le Seigneur de Peuplingues. Un roman psychologique à la Simenon », juin 2010 (sur le roman De Seigneur van Peuplingues de Willy Spillebeen).

    « Action Poétique & la poésie néerlandaise – premier inventaire », Action Poétique, n° 200, juin 2010. (version revue et augmentée)

    « L’enfer à la maison. Le premier roman de David de Poel », juin 2010 (sur le roman De buitenstaander).

    « Un Raspoutine flamand. Quand des hommes se réincarnent en marionnettes », juin 2010 (sur le roman Raspoetine de Guy Didelez).

    « Maurice de Guérin. La biographie du bicentenaire », juin 2010 (à, propos de Dichter naast God. Biographie van de romanticus Maurice de Guérin (1810-1839), de Hedwig Speliers).

    « Louis Couperus au musée Calvet : ‘‘C’est incroyable, c’est incroyable !’’ Un romancier hollandais au Musée Calvet en 1909 », juin 2010.

    « De leemte waarin God past », entretien avec Willem Jan Otten, De leeswolf, mai 2010, p. 246-247.

    « “De voortstromende openbaring.” Willem Jan Otten - Onze Lieve Vrouwe van de schemering : essays over poëzie, film en geloof », De leeswolf, mai 2010, p. 244-245.

    « Dame Voltaire à Anvers. Les polars de Hubert van Lier », mai 2010.

    « Avant-propos. Louis Couperus et la France », Deshima, n° 4, 2010, p. 5-8.

    « Henri Conscience, conteur des Flandres. L’auteur du Lion de Flandre vu par son traducteur », mars 2010.

    « La Chine de l’Europe. Un Immortel à propos des lettres hollandaises », mars 2010 (Edmond Jaloux sur la littérature des Pays-Bas).

    « En Hollande, d’André Germain. Un écrivain français rend visite à ses confrères hollandais », mars 2010.

    « Une histoire de la littérature flamande (1923) », mars 2010 (sur : André de RIDDER, La Littérature flamande contemporaine).

    « Fantômes en Flandre. Le triomphe de la mort ou la firme littéraire Teirlinck-Stijns », février 2010. 

    « L’Indonésie d’Augusta de Wit », février 2010. 

    « L’œuvre de Willy Spillebeen », février 2010 (avec un entretien vidéo avec l’auteur).

    « Barbe à papa. Le montreur de monstres », janvier 2010 (sur le roman Suikerspin d’Erik Vlaminck).

    « La vraie vie est absente. Sur Conversation avec Rembrandt de François Debluë », décembre 2009.

    « Traduire W.F. Hermans. Interview de Daniel Cunin par Anna van de Weygaert (2007) », décembre 2009.

    « Une grande figure du XIXe siècle hollandais : Joseph Albert Alberdingk Thijm (1820-1889) », décembre 2009.

    « Ne plus jamais dormir : un roman culte aux Pays-Bas », décembre 2009.

    « Stiletto Libretto : Pègre & Belles Lettres », décembre 2009 (sur un polar de Bavo Dhooge).

    « Nous n’irons plus au bois (1). Hélène Swarth (1859-1941) et la critique française », décembre 2009.

    « Pierre Michon selon Rokus Hofstede », novembre 2009 (entretien vidéo avec le traducteur néerlandais de Pierre Michon).

    « De Descartes à Marie NDiaye : entretien (vidéo) en français avec la traductrice néerlandaise Jeanne Holierhoek », novembre 2009.

    « Coq ou aigle ? Satire de la France et du peuple hollandais : Pieter van Woensel (1747-1808) », octobre 2009.

    « Le peintre Anton Mauve, par Ph. Zilcken », octobre 2009.

    « Un romancier français chez Louis Couperus : la préface de Maurice Spronck au roman Majesté », octobre 2009.

    « Le Cheval ailé. Quelques regards sur Psyché de Louis Couperus », octobre 2009.

    « Morceaux choisis - Édouard Rod. Quelques pages traduites de Hooft, Vondel & Cats », octobre 2009.

    « Aperçu des lettres hollandaises (1879). La littérature hollandaise, appendice de la littérature allemande », octobre 2009.

    « Louis Couperus par Renée d’Ulmès. Une visite chez Louis Couperus », octobre 2009.

    « Le Polar en Flandre (1). Les débuts : fin XIXe siècle - fin années 1970 », septembre 2009.

    « Le polar en Flandre (2). Le sursaut : années 1980-1995 », septembre 2009.

    « Le Royaume interdit. Macao, Camoes & la Chine », septembre 2009 (sur le roman de J. Slauerhoff).

    « Le matériau, c’est moi. Entretien avec la romancière Vonne van der Meer », septembre 2009.

    « Instantanés d’Australie », septembre 2009 (sur le roman Regarder le soleil d’Anne Provoost).

    « Petit portrait de Philippe Zilcken », septembre 2009.

    « Jozef Israëls, par Ph. Zilcken (1) », », septembre 2009.

    « Pitbull. Décharges d’adrénaline à Malines », septembre 2009 (sur un thriller de Deflo).

    « Mutilez-moi », septembre 2009 (sur le thriller Mutilations Patrick De Bruyn).

    « Alexandre Cohen : grandes lignes de la vie d’un autodidacte », septembre 2009.

    « Alexandre Cohen : les années anarchistes (1), (2), (3), (4), (5), (6) & (7) », septembre 2009.

    « L’enfant qui vous fait naître », juillet 2009 (sur L’Enfant ombre, de P.F. Thomése).

    « Dimitri Verhulst, Problemski Hotel », juillet 2009.

    « Jour de paie : le premier thriller d’Elvin Post », juillet 2009.

    « Une gloire de la Flandre. Le traducteur Charles Grolleau à propos de Guido Gezelle », juillet 2009.

    « Le Chapeau chinois : contes merveilleux pour mélomanes », juillet 2009 (sur un recueil de nouvelles de Theun de Vries).

    « Aux royaumes de Slauerhoff », postface à J. Slauerhoff, Le Royaume interdit, Belval, Circé, 2009, p. 177-185.

    « Rêverie dans Amsterdam. La carte postale de Francis Carco », mai 2009.

    « Un traducteur de Louis Couperus. Paul Eyquem, traducteur de néerlandais », mai 2009.

    « Instantanés aux Pays-Bas (1906). Le voyage d’Alphonse de Châteaubriant (1877-1951) dans la langue néerlandaise », mai 2009.

    « L’écriture romanesque comme un feu de tourbe : un entretien avec le romancier Tomas Lieske », mars 2009.

    « La Hollande amie. Estime et propagande : les relations franco-hollandaises durant la guerre 1914-1918 à travers quelques témoignages », mars 2009.

    « La grande inondation de février 1953 : un témoignage français », Deshima, n° 2, 2008, p. 55-60.

    « “La Hollande est un navire perforé” : Jean de La Varende et la nation tant chérie », Deshima, n° 2, 2008, p. 267-278.

    « Antwoord aan Joost Glerum », Hermans-magazine, n°64, sept. 2007.

    « Quand Hadewijch chante », Queeste 14, n°1, 2007, p. 89-94.

    « Hadewijch a-t-elle jamais été traduite », Queeste 11, n° 2, 2004, p. 216-220.

    « Les Pays-Bas durant la Deuxième Guerre mondiale et la persécution des juifs : un aperçu historique », texte paru en annexe in Marga Minco, T’as une sacrée chance, toi, nouvelles traduites du néerlandais par D. Cunin, postface de Dorian Cumps, Paris, Caractères, 2003, p. 97-116.

    « Hadewijch », article du Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, 2002, p. 652.

    « De mond van Hadewijch », Gierick & Nieuw Vlaams Tijdschrift, n° 71, été 2001, p. 32-35 (vert. Jan Pieter van der Sterre).

    « De Songeson au Pain de terre », in Cahier Luc Dietrich, (dir.) Frédéric Richaud, Le Temps qu’il fait, 1998, p. 131-133.

    « De wonden van André de Richaud », postface à De wonde, traduction néerlandaise de La Douleur d’André de Richaud, De Bezige Bij, 1995, p. 163-168.

    « Entre pandemonium et pain de terre. Luc Dietrich au Pays des villes », Le Brouhaha, 1995.

    « Lettre amstellodamoise », Le Journal d’Ω III, n°0, 1993.

      

    COLLABORATION (à un titre ou un autre) AUX PUBLICATIONS SUIVANTES

     

    Du Mont-de-Piété au Crédit Municipal. Avignon 1610-2010. Quatre cents ans d’une histoire exceptionnelle, textes de Sylvestre Clap & Delphine Brihat, Archives de la ville d’Avignon, 2010.

    Magazine Speakers Academy, n° 1, 2010.

    Evelien Chayes, L’Éloquence des pierres précieuses. De Marbode de Rennes à Alard d'Amsterdam et Remy Belleau. Sur quelques lapidaires du XVIe siècle, Paris, Champion, 2010.

    Philippe Chiron, Treize à l’aise. Rugby à XIII : 26 ans d’anecdotes désopilantes et d’expressions populaires jubilatoires (ou petit manuel de grammaire et de philologie), Éditions du Colombier, 2008.

    Salim Jay, Dictionnaire des écrivains marocains, Paris Méditerranée-EDDIF, 2005.

    Dominique Caubet, Shouf shouf Hollanda ! Des artistes maroco-hollandais sur la scène culturelle néerlandaise, Tarik éditions, 2005.

    Een man van zaken, NLPVF, 2001 (recueil de 23 traductions d’un passage du roman Kaas de Willem Elsschot).

    Ted van Lieshout, Frère, trad. Véronique Roelandt, La Joie de Lire, 2001.

    Alexander Cohen, Brieven 1888-1961, bezorgd door Ronald Spoor, Prometheus, 1997.

     

    Daniel Cunin a enseigné le néerlandais et a été chargé de cours de traduction littéraire à la Sorbonne-Paris IV, Département de néerlandais. A dirigé plusieurs séminaires de traduction littéraire (Amsterdam, Anvers, Gand, Paris, La Haye, Utrecht, Arles…) A interviewé lors de manifestations littéraires plusieurs romanciers néerlandais (Hella S. Haasse, Kader Abdolah, Abdelkader Benali, Adriaan van Dis, Willem Jan Otten….). Collabore aux revues Septentrion et Deshima dont il a coordonné le numéro 4 (dossier : Louis Couperus et la France), été 2010. Anime le blogue http://flandres-hollande.hautetfort.com/.

    Prix des Lecteurs 2010 de Cognac et Prix littéraire des Lycéens de L’Euregio 2011 pour le roman Le Faiseur d’anges de Stefan Brijs.

    Membre de la Maatschappij der Nederlandse Letterkunde et de la rédaction de la revue Septentrion.